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[Prisons] Revendications, pétitions… quand les taulards commencent à l’ouvrir

vendredi 4 mai 2012, par ocl2446


Lettre de revendications des prisonniers du Centre de Détention de Roanne

Nous reproduisons ci-dessous une lettre de revendications que nous avons reçue, écrite par des prisonniers, qui souhaitent qu’elle circule largement. Ce mercredi 25 avril, à l’occasion de la cérémonie de remise des diplômes au centre de détention de Roanne (42), ils devraient l’avoir remise aux autorités judiciaires et pénitentiaires. Nous ferons circuler des informations plus précises dès que possible sur les circonstances et les suites de cette lettre. Il est important que ces paroles et revendications de prisonniers eux-mêmes circulent, c’est si rare ! Alors faites tourner, et si vous le pouvez, faites entendre ces paroles dans d’autres prisons ! Les détenus qui ouvrent leur gueule et se bougent ont souvent de grandes difficultés à le faire et prennent beaucoup de risques. Ils ont besoin de notre soutien, par diverses formes que nous pouvons imaginer et qui sont en notre pouvoir…

Le collectif Papillon (émission de radio anti-carcérale de Saint-Etienne)

Lettre de revendications des prisonniers du Centre de Détention de Roanne

Le 25 avril 2012,

À la Direction et à la Juge d’Application des Peines,

En cette date, nous, détenus du centre de détention de Roanne, entrons en lutte afin d’exiger que nos droits soient respectés et entendus. Vous nous obligez à rester en cellule ou dans les coursives le plus longtemps possible, là où il n’y a aucune activité pour passer le temps. Vous nous escroquez avec les cantines et les frais de télé de plus de 8 euros, par le biais de la société Eurest. Vous ne respectez pas nos droits en matière de permissions et de réductions de peine. Dans l’immédiat, nous vous informons de nos revendications.

Sport
Nous exigeons l’accès libre au gymnase et aux salles de sport. C’est l’activité la plus demandée par les détenus.

Activités
Dans chaque aile, nous avons à disposition une salle d’activités, constituée de quelques tables, chaises, aucune activité proposée ! Nous exigeons des jeux de société, échecs, dames, etc.
Nous exigeons aussi qu’il y ait plus d’activités culturelles et sportives : tournois de foot, basket, volley, pêche, etc.
Nous exigeons une réunion socio-culturelle par mois avec des détenu(e)s et des intervenants, afin d’élaborer des activités qui ne nous soient pas imposées par l’administration pénitentiaire (A.P.) ou le service socio-culturel.

Parloirs
Nous exigeons, comme le prévoit la loi européenne, que la mise à nu des détenu(e)s lors des fouilles des parloirs soit retirée. Le système de contrôle à l’entrée des parloirs est largement suffisant pour garantir votre sécurité. Par conséquent, cette fouille ne sert qu’à nous humilier et maintenir une pression psychologique et physique sur nous ! Les rondes au parloir sont aussi vécues comme une humiliation par nos familles et nous réclamons l’arrêt des rondes. En cas de problème, nous avons un interphone. Ce moyen de contrôle est abusif et conduit à une humiliation de plus !
Nous exigeons enfin les accès libres au parloir pour nos familles sans demande de permis de visite, et qu’en cas de retard, des familles qui ont souvent fait des centaines de kilomètres soient acceptées à l’entrée des parloirs et que la durée ne soit pas réduite.

Bâtiment
Nous exigeons que cesse immédiatement les mesures de quartier semi-ouvert et fermé. Tous les étages doivent être ouverts, matin et après-midi. Que l’on puisse circuler d’étage en étage, et de bâtiment en bâtiment en journée, pendant les temps d’ouverture des cellules. Les sèche-linge et machines à laver ne doivent pas être enlevés plus d’une semaine en cas de problème. Nous vous rappelons que tous n’ont pas la possibilité de sortir leur linge : pas de famille, pas de parloir, pas d’argent, etc.
Nous exigeons la fermeture immédiate des quartiers d’isolement et disciplinaire, et autres mesures spéciales, la fermeture du prétoire [Sorte de tribunal (expéditif) interne à la prison, mobilisé en cas d’incident, qui condamne les détenus à des sanctions disciplinaires, comme le placement au quartier disciplinaire (« mitard »)], qui crée plus de conflits qu’il n’en règle.

Cantines
[Cantine = système par lequel les prisonnier-e-s achètent des produits (nourriture, produits d’hygiène, de loisirs…) Ils n’ont pas le choix et doivent acheter (« cantiner ») auprès de sociétés dont les prix sont exorbitants.]
Nous exigeons que la société Eurest soit remplacée par une société qui proposerait des tarifs plus bas et pas deux à trois fois le prix extérieur. Qu’il ne nous soit pas imposé un surplus de 30% sur les cantines exceptionnelles, que nous ayions les prix extérieurs. Et que les télévisions ne dépassent pas le prix de 8 euros. Nous exigeons aussi des frigos plus grands ou que le prix soit vu à la baisse.

Vie en détention
Abolition des travaux dégradants, des métiers non qualifiants et disparus à l’extérieur, ainsi que des rémunérations assimilées aux travaux forcés, droit aux arrêts maladie et droit aux congés payés, droit de grève, droit à la retraite dans les mêmes conditions qu’à l’extérieur, obligation pour l’A.P. d’assurer lors d’un transfert un emploi équivalent dans les mêmes conditions, dédommagement par l’État (frais d’hébergement ainsi que des journées non-travaillées) pour les familles qui se rendent au parloir à plus de 100 km de leur domicile, plus de formations qualifiantes, téléphone gratuit pour les indigents, l’appel aux employeurs et autres services administratifs.

Remises de peine
Nous exigeons que tous les détenu(e)s n’ayant aucun rapport et remplissant les conditions de suivi socio-judiciaire bénéficient de la totalité de leurs remises de peine et remises de peine supplémentaire, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui.

Nous exigeons que les expertises psychiatriques soient abolies.

Nous, détenus de Roanne, exigeons d’être entendus et que nos droits soient respectés et ce dès aujourd’hui.

Lettre collective écrite et signée par tous les détenus en accord avec les revendications

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Pétition des prisonniers de Ducos (Martinique)

(Le Journal du Pays basque - 04/05/2012)

Les détenus du centre pénitentiaire de Ducos (136 signatures) / Transmis par l’OIP

Nous nous adressons à vous afin que vous puissiez savoir ce qui se passe à la prison de Ducos depuis trop longtemps, aujourd’hui la colère des détenus est à son sommet, et en voici les raisons.

Surpopulation carcérale ! En effet, je vous rappelle que nous sommes environ 1 014 détenus dans un établissement prévu pour 574 détenus. Cela entraîne des conditions de vie déplorables, plus qu’insupportables. En témoignent les nombreuses bagarres et agressions, aussi bien côté détenus que surveillants.

Nombreux sont les détenus à dormir au sol faute de place. Une pression invivable pour des détenus enfermés 22 heures sur 24. Une fausse ouverture d’une heure durant laquelle une quarantaine de détenus doivent jouer des coudes dans une cour ne comptant que quatre douches.

Un cadre de vie indigne dans le pays des droits de l’homme, où les détenus couchant au sol côtoient les cafards et les souris plus qu’envahissants.

Un manque de suivi médical compétent dû à un effectif plus que minimum. Les détenus sont souvent guéris avant même d’avoir pu être consultés. Et pour les quelques élus ayant pu être auscultés, toujours le même médicament prescrit, quels que soient leurs maux. Vertu magique ou réellement guérissante ? Question pertinente…

Des repas très peu variés au goût plus que douteux qui, souvent, sont causes de rébellion. Date de péremption dépassée, colique après digestion, éruption cutanée due à l’alimentation.

Cantines alimentaires trop chères et nous citerons pour cela une boîte de cassoulet (420 g) à 4,73 euros, une boîte de thon (160 g) à 1,65 euro, et j’en passe… Des prix ayant pour conséquence quelques détenus sans solution devant leur faim. Des familles impuissantes devant leur impossibilité à subvenir aux besoins de leurs enfants incarcérés.

Des sanctions injustifiées ! Et nous entendons par cela, les confinements en courette à la suite d’un bonnet oublié, ou d’un retard sous les douches, sans présentation au prétoire, sans moyen de protestation ou de défense. Les confinements, en général sans motif avancé, décisions plus d’abusives à répétition.

Une équipe socio-éducative dépourvue de moyens et dépassée par le nombre de demandes d’inscriptions aux stages de formation ou aux demandes de scolarité.

Les rares activités proposées sont très vite saturées. Nous ne vous apprendrons rien en vous disant l’effet néfaste du manque d’activité sur tout individu enfermé 24 heures sur 24.

Nul ici ne peut contenir son calme devant cette situation qui ne fait que s’aggraver. Malgré nos appels de détresse, les autorités restent sans réponse. Pour preuve, des jugements qui cautionnent que des détenus condamnés à moins de six mois soient placés en détention, alors qu’il existe de nombreux aménagements de peine alternatifs à l’incarcération. A croire que nul à l’extérieur n’est conscient des risques à venir.

Pour toutes ces raisons, nous demandons que soient prises les décisions nécessaires afin que tout cela change dès aujourd’hui.

  • Que les nouvelles décisions prises soient notifiées et rendues aux détenus afin qu’ils puissent en prendre connaissance.
  • Que nous soyons détenus dans des conditions dignes. Que soit mandaté qui de droit afin de constater nos dires et nous représenter.
  • Que tout harcèlement physique et moral cité précédemment cesse dès aujourd’hui.
  • Qu’il soit trouvé une solution pour tous les détenus couchant au sol sans plus attendre.
  • Que notre alimentation soit revue et plus variée.
  • Que les cantines alimentaires soient plus accessibles au niveau des prix.
  • Que les formations et autres disciplines socio-éducatives soient plus nombreuses et plus accessibles.

Nos droits ont suffisamment été bafoués, notre patience et notre compréhension assez éprouvées.

Nous souhaitons donc que cette pétition fasse office de plainte contre l’administration pénitentiaire. Nous sommes déterminés à faire valoir nos droits.

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1 Message

  • Le 10 mai 2012

    communiqué

    Visite aux prisonnier-e-s de Roanne

    Dimanche dernier nous étions une trentaine à nous rassembler aux abords du centre de rétention de Roanne. Le dimanche est un jour de parloir. C’est depuis l’extérieur de la prison, de l’autre côté de la cour et des grillages, que nous avons improvisé un parloir avec quelques-uns de l’intérieur, avec banderole et mégaphone.

    Fin avril, de cette prison est sortie une lettre de revendications et nous voulions faire savoir que nous avions eu cette lettre et que nous nous faisons relais pour la diffuser, à l’extérieur et dans d’autres prisons. On entend souvent parler des grèves des maton-ne-s mais trop peu de ceux et celles qui sont là pour être maté-e, qui ne se laissent pas faire, et encore moins de leurs résistances ou de contre quoi ils et elles résistent. Criés dans le mégaphone, nous avons fait résonner les mots de cette lettre dans ce coin de la prison. Nous sommes ensuite reparti-e-s bruyamment mais tranquillement. Ce n’est que plus loin que nous avons croisé une bagnole de la bac. Raté.

    Aidons les prisonnier-e-s à se faire entendre, c’est un premier moyen de soutenir leurs revendications.

    http://lenumerozero.lautre.net/article2410.html

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