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[Grèce] Informations glanées ici ou là

lundi 24 octobre 2011, par OCLibertaire

Pendant que le petit monde de la « gouvernance » européenne et le FMI s’agite pour trouver une « solution définitive » aux aspects budgétaires de la crise financière, au « cas grec » en particulier et à celui des banques de la zone euro, la vie suit son cours en Grèce, avec ses convulsions, dans tous les domaines et avec toutes les formes de lutte les plus diverses… avec parfois de vraies confrontations comme le révèle l’attitude du PC grec (KKE) (l’un des derniers partis staliniens de quelque importance en Europe, avec le PC portugais), lors de la dernière grève générale : l’ultime rempart et roue de secours répressive du système de la domination “démocratique parlementaire” et capitaliste.

Mais ce n’est pas la première fois et un document proposé et adopté par une « Assemblée populaire » de la place Syntagma d’Athènes, tient utilement à le rappeler.


Incendie des services fiscaux à Exarchia

Samedi vers 23 heures. Apparemment, les incendiaires sont montés à l’étage, ont brisé les vitres et mis le feu aux bureaux

http://athens.indymedia.org/front.p...

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Représailles contre les stals

Voir ici

http://fr.contrainfo.espiv.net/2011...

et aussi :

A l’Université de Sciences économiques d’Athènes, les anarchistes/anti-autoritaires ont distribué un texte intitulé dénonçant la répression des manifestants et l’aide apportée par le service de sécurité du KKE. Ils se sont affrontés aux Jeunesses Communistes. Le titre du texte : « L’Etat tue, le Parti le défend »

A Thessalonique, trois attaques incendiaires ont visées des bureaux de ce parti, dans les quartiers de Triandria, Toumpa et Charilaou

Dans la ville de Komotiní, en Thrace, dans le nord-est de la Grèce, des anarchistes et autres ont entourés et fait face à des membres du Parti “Communiste” qui distribuaient des tract du Comité Central de leur parti accusant les « anarcho-fascistes » d’être responsables de la mort du manifestant.

En Crète, même scène dans une ville avec semble-t-il quelques coups échangés.

Dans la nuit de vendredi 21 octobre, un groupe de personnes a attaqué le siège du parti politique stalinien KKE, dans la ville de Larisa (la Grèce centrale).

L’action directe a été effectuée pendant qu’avait lieu à l’intérieur une réunion des staliniens. Les baies vitrées du siège ont été éclatées et les “attaquants” ont lancé quelques pétards à l’intérieur des locaux. Comme ils expliquent dans leur communiqué cette attaque est une réponse aux membres de KNE (les jeunesses du KKE) qui ont décidé de remplacer la police, lors de la seconde journée de la grève générale.

Samedi 22 dans la nuit, à Petralona, dans le sud d’Athènes, un local du KKE a été incendié.

Félicitations aux staliniens

Un quotidien de droite “Avriani” titre : « Si la police est incapable… que les citoyens ou le KKE s’occupent de la défense de la défense de l’ordre public et de la démocratie’

Le parti d’extrême droite LAOS, complimente le KKE

Dans le JT de la chaîne Aller, Adonis Georgiadis, membre du LAOS, a déclare : « Félicitation au KKE parce qu’il a eu aujourd’hui un comportement légitime et de soutien au régime et aussi parce qu’il a réussi à protéger le parlement et les hommes politiques des encapuchonnés » Intervient ensuite un membre du PAME (le front syndical du KKE) qui dit que ce qu’il vient d’entendre est une provocation. Apparemment, ils ont vraiment l’air de croire à ce qu’ils disent…

Les directions des confédérations GSEE et ADEDY (pourtant social-traîtres selon les stals) ont aussi félicité le KKE

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La rébellion s’étend aux stades

Des banderoles ont été déployées et des slogans criés à l’occasion de multiples rencontre sportives à l’initiative de supporters ou de simples spectateurs.

Rencontre Panathinaikos (Athènes) contre Ergotelis (Crète)

Grande banderole déployée disant : « Politiciens voleurs, Parlement des riches, vous serez noyés pas la colère des insurgés ! » Slogans qui a été scandé pendant tout le match. L’arbitre a arrêté la partie pendant 7 minutes et a exigé que la banderole soit enlevée. Les supporters du Panathinaikos n’ont pas tenu compte de cette demande et ont continué à crier des slogans.

A la fin de la partie, la police a lancé un véritable une chasse contre les supporter du Panathinaikos en dehors du Stade Olympique d’Athènes, avec des barrages et des fouilles des véhicules et des personnes, pour arrêter les porteurs de la banderole. Hors du stade, les supporters ont répondu aux policiers avec des pierres et des boîtes de fumée, en gardant la banderole pour le match. Le Régime de la Démocratie ne consent pas de telles réactions contre elle. Ce qui est de l’expression libre est un attrape-nigaud, dans lequel il ne croit déjà personne dans ce pays.

Samedi 22 octobre, à Athènes, dans le match de football entre l’équipement du quartier ouest d’Athènes Peristeri, Atrómitos et l’équipement de la ville d’Ioannina, Pas, les supporters des deux équipes ont crié plusieurs fois ensemble les slogans « Premier ministre, Fils de pute » et le classique « Flics-Porcs-Assassins ».

Dimanche 23 octobre, à Thessalonique, lors d’un match de volley-ball entre les équipes de la ville Hercule et Apollon, une banderole à été accroché disant : « A bas la Junte [Dictature] ». A la sortie des “gardiens de sécurité” et des policiers ont frappé des spectateurs mais n’ont pas réussi à les attraper

Jeudi 19 octobre, à Thessalonique, sur le terrain de football de l’équipe local Paok, des slogans contre le premier ministre et le gouvernement ont été criés. Une banderole contre la répression de la police a aussi été accrochée. Plusieurs jours avant, dans le même stade, les supporters de la même équipe avaient accroché une autre banderole contre le premier ministre. L’Association des supporters du Paok avait publié un communiqué contre la politique du gouvernement. Alors, les policiers en civil du régime ont contrôlé et fouillé les personnes connues pour être des supporters afin de trouver qui avait rédigé le texte.

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“Je ne paie pas” les transports publics

Devant la vague de non paiement des transports publics, les autorités veulent mettre des systèmes de barrière et de tourniquets. Un article de Ekathimerini (quotidien avec une édition anglaise)

Le ministère réfléchit à des barrières dans les transports

Un projet d’installer des barrières dans le système de transports publics à Athènes est peu susceptible d’être finalisé avant l’année prochaine, a révélé jeudi le ministère des Transports. Le gouvernement a déclaré que six entreprises privées ont fait des propositions pour le contrat d’installation de machines dans le métro et les gares de chemin de fer, aux arrêts des tramways et éventuellement dans les autobus et les trolleybus.

Le ministère espère choisir un soumissionnaire d’ici à la fin de cette année, afin que les barrières puissent être installées en 2012.

Les responsables des transports d’Athènes estiment qu’il manque environ 50 millions d’euros de recettes sur les taris à cause des resquillages. Environ 850 millions de trajets par an sont effectués dans le système des transports publics. Parmi ceux-ci, il est estimé que 120 millions sont réalisés par des resquilleurs ou des passagers munis des faux tickets.

Source : http://www.ekathimerini.com/4dcgi/_...

Environ 15% de “Je ne paie pas” ? Et en moyenne, 41 centimes d’euro le trajet non payé ?

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En attendant, on ne paie vraiment pas !

Nul doute sommes nous dans une période marquée par l’attaque la plus barbare et la plus brutale de la domination, au moins depuis le metapolitefsi (la transition “démocratique”) jusqu’à aujourd’hui. L’objectif de cette attaque est l’instauration de la peur dans les rangs des opprimés et la diffusion sans précédent d’un renoncement à la lutte sociale et de classe dans un climat de super domination de l’appareil répressif qui s’abat sur la métropole.

Sans vouloir parler beaucoup, c’est maintenant qu’il faut passer des paroles aux actes. Ainsi, dans les premières heures du mardi 18 octobre 18, nous avons choisi de contribuer modestement, en détruisant les machines de vente et de validation de tickets dans quatre saisons du tramway, par une action coordonnée.

Avec notre action, nous voulons rappeler que la libre circulation des personnes est un bien social élémentaire et par conséquent ne peut être placé sous les spéculations du moindre entrepreneur. Quant aux contrôleurs-gardiens, qui s’opposent aux opprimés de ce monde en infligeant des amendes, en attaquant les gens et en les livrant à la police, ils doivent savoir que nous les affronterons par tous moyens et à tout moment.

Enfin, nous voulons souligner que contre les nouvelles mesures d »austérité, les diverses taxes et l’attaque généralisée de l’État et du Capital contre la société, le refus total des paiements est une question de dignité essentielle, de conscience et de résistance, et une contribution minimale à l’accélération de la « faillite » de ce monde misérable.

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Les « Je ne paie pas » mes impôts : 70% !

Avant l’instauration de la nouvelle taxe immobilière qui vient d’être imposée, avec recouvrement par la facture d’électricité, une première taxe dite de « solidarité », avait été instaurée, sur les revenus à des taux de 1 à 5%, après abaissement de l’imposition de 12000 à 8000 euros de revenus annuels (elle a de nouveau été abaissée depuis, car les salaires baissent !).

Eh bien, le taux de recouvrement a péniblement atteint 30% des foyers fiscaux. On ne sait pas le montant que cela représente, mais on sait au moins un chose : 70% des contribuables n’ont pas cru nécessaire de payer ces hausses d’impôts.

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Mamy rebelle !

http://www.youtube.com/watch?v=7OvM...

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Document

Résolution de l’Assemblée Populaire de la Place de Syntagma (21/10/2011)

Après Varkiza [1], après l’Université Polytechnique [2], après l’École de Chimie (1979) [3], et après décembre 2008 [4] et une longue série d’autres événements, la réalité est venu une fois de plus révéler le rôle du Parti qui trahit systématiquement les luttes populaires. Si jusqu’à ce moment, il a étranglé, avec ses fonctions politiques toute grève généralisée et déterminée pendant toutes ces années, s’il traite toutes les révoltes de « provocation », l’histoire commence à montrer que tout cela n’était pas des « simples erreurs politiques », mais une position coordonnée et consciente défendant la dictature parlementaire et les rapports sociaux et économiques qu’impose le capitalisme financier. C’est ce qu’ils ont fait hier (20/10), tandis qu’ils faisaient mine d’appeler les gens à manifester pour renverser le gouvernement. Ils ont protégé le bon fonctionnement du Parlement et les lieux qui l’entourent et ils ont agi de manière encore plus barbare que la police : en provocant des blessures avec crânes ouverts et en « donnant » des manifestants aux forces de répression. Le pire de tout ce qu’ils ont pu faire, c’est qu’ils ont légitimé l’État, qui a assassiné un de leurs camarades en accusant du meurtre une certaine violence paragouvernementale.

Depuis hier, définitivement et de manière irréversible, ce qui s’appelle « Parti Communiste » n’est plus qu’une barrière contre les tentatives d’enterrer le cadavre du parlementarisme. Tout être humain libre qui combat par sa dignité dans ces jours cruciaux doit considérer ceci politiquement. Cette proposition ne doit pas être interprétée comme une division à l’intérieur du mouvement. Il se peut que nous ayons des problèmes et des objectifs communs avec les simples électeurs du « Parti Communiste », mais la politique et la pratique de la direction à laquelle ils adhèrent s’identifie aux vues du gouvernement, des envoyés du FMI, de l’UE et de la BCE. Nous n’avons jamais été coude à coude avec eux, ils ne seront jamais avec nous. Tous, nous devons prendre en compte que le « Parti Communiste » agira comme une cinquième colonne du régime dictatorial, en espérant une nouvelle fois récupérer quelques miettes de la table parlementaire, exactement comme il l’a fait en 1990 [5].

La position de tous les groupes politiques, qu’ils soient parlementaires ou non, qui ont soutenu l’attitude du « Parti Communiste », indirectement avec leur silence, ou directement avec leurs déclarations, sont également condamnables. Tant que ces partis continuent de faire partie d’un Parlement au service de la Troïka et continuent de recevoir leurs gros salaires, ils sont totalement co-responsables de ce qui a arrivé jusqu’à présent et de ce qui va suivre. Leurs votes contre ces mémorandums et des paquets de lois attachés révèlent avec précision leur rôle dans la dictature : ils fournissent un alibi de pluralité et de démocratie, présent dans ce Parlement entièrement constitué de représentants, afin que les gens clochardisés continuent à compter les votes bloqués et prédéterminés de chacune des lois qui suppriment leur futur – et, en même temps ils les nourrissent avec l’illusion que quelqu’un parle en leur nom et intérêt. Ainsi, ils laissent l’opposition aux professionnels de la politique, et ne sentent pas la nécessité de réagir immédiatement et en personne. Chaque vote, même pour les partis extra parlementaires de l’« extrême gauche », dans les élections nationales et locales, n’est rien de plus que de l’huile mise dans les rouages [de la machine] et une légitimation du « politiquement correct » de l’actuelle dictature parlementaire.

À partir du 25 mai, quand pour la première fois, nous nous sommes réunis dans la place, nous avons révélé la démocratie directe comme capacité pour chacun de nous de prendre part, de délibérer, de co-former des idées ensemble de manière autonome, loin des étiquettes idéologiques ou parlementaires. Nous allons rester ici, contre leur parlementarisme en faillite et leur bureaucratie.

Nous sommes en train de prendre nos vies en mains

DÉMOCRATIE DIRECTE MAINTENANT

Assemblée Populaire de la place Syntagma, 21/10/2011

Notes :

[1]. Référence au Traité de 1945 de Varkiza, où le Parti Communiste a trahi la lutte armée et des milliers de combattants de la Guerre Civile en échange de sa légalisation dans le nouveau régime

[2]. Référence à la position originale du Parti Communiste contre le soulèvement de l’Ecole Polytechnique de 1973, accusant les participants de « provocateurs de la police »

[3]. Référence aux incidents de 1979 dans l’École de Chimie d’Athènes, où les membres du Parti Communiste ont brisé l’occupation de l’école, en coopérant directement avec la police.

[4]. Une référence, évidemment, à la condamnation plus récente de la révolte de décembre 2008

[5]. Référence à la participation du Parti Communiste au pouvoir avec les deux principaux partis parlementaires, ND et le PASOK, durant l’année 1990

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Les occupations continuent et se diversifient

Depuis hier, ce sont les bureaux de la direction de l’hôpital Rethymnon d’Athènes qui sont occupés par les médecins et le personnel.

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Fuite des capitaux

D’après le quotidien allemand Bild Zeitung, plus de 200 milliards d’euros ont quitté les banques de dépôts grecques depuis le début de la crise. Au cours des derniers mois, 10 milliards ont été transférés à l’étranger, a déclaré Markus Kroll, de la société financière allemande Roland Berger. Selon ce quotidien, cette fuite de capitaux se ferait surtout à travers de simples transferts d’argent depuis des comptes domiciliés à Chypre vers la Suisse ainsi qu’à travers les comptes des filiales étrangères des entreprises industrielles grecques.

Fraude fiscale : 37 milliards officiellement reconnus

Le gouvernement grec a récemment signalé que 15 000 personnes physiques et juridiques étaient responsables de l’évasion fiscale pour un total de 37 milliards d’euros, soit environ 10% de la dette du pays. « De ces 37 milliards, 32 milliards correspondent à des entreprises et 5 milliards à des particuliers » a déclaré le ministre de l’Economie lors d’une intervention au parlement. On entend souvent dire : “les” Grecs ne paient pas d’impôts et c’est ça la cause de la crise. En fait, ce sont surtout les entreprises qui fraudent, mais ça, on ne l’entend jamais dans les médias et cette « fuite » d’un ministre n’a pas été reprise. .

Le 24 octobre

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