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[Pays basque / Anticapitalisme]

Appel à la mobilisation sociale pour la paralysie des grands chantiers d’infrastructures en Guipuzcoa

mardi 17 janvier 2012, par OCLibertaire

Confluence et globalisation des luttes contre tous les mégas projets d’infrastructures et contre le modèle productiviste.

Différents collectifs et mouvements appellent à une manifestation à Donostia (Saint Sébastien) le 4 février 2012 pour réclamer la paralysie des grands chantiers d’infrastructures en Guipuzcoa, comme le TGV, le port extérieur de Pasaia (Pasajes), l’incinérateur, la nouvelle prison et la plate-forme logistique de Gaintxurizketa, entre autres.


Voir en ligne : AHT Gelditu ! Elkarlana - Coordinadora contra el Tren de Alta Velocidad (TGV)

La manifestation, qui se déroulera le 4 février, servira de point d’orgue à une série d’activités qui auront lieu à partir d’aujourd’hui, 13 janvier, dans différentes localités du territoire et qui incluront des tables rondes, des débats, des rassemblements, des projections de films et des conférences, entre autres initiatives.
C’est ce qu’ont annoncé aujourd’hui Amagoia Escudero et Kepa Olaiz, qui ont tenu une conférence de presse à Donostia en tant que porte-parole des plates-formes qui ont organisé conjointement ces actions : AHT Gelditu ! Elkarlana, la Coordination des Plates-formes contre l’Incinération, le Groupe Contre le Superport de Pasaia et le syndicat paysan EHNE. Parmi ceux qui appellent à la manifestation, il y a également l’Assemblée contre le TGV, le Groupe Mutriku Nature, la plate-forme Guipuzcoa Zéro Déchet, et le Groupe d’Oiartzun contre le PTP (Plan territorial partiel). Cette manifestation a reçu de plus l’adhésion de différentes organisations et partis politiques comme la gauche abertzale, Aralar, Alternatiba et IU, dont plusieurs représentants ont assisté à la conférence de presse.

Communiqué (traduit en français)

Appel à la mobilisation sociale pour la paralysie des grands chantiers d’infrastructures en Guipuzcoa

Des mouvements et des collectifs en lutte contre différentes infrastructures impulsent une dynamique conjointe qui culminera avec une manifestation le 4 février à Saint Sébastien

Les mouvements sociaux et collectifs qui travaillent depuis des années contre différents projets et plans agressifs d’infrastructures et en faveur d’un modèle de développement qui respecte la nature et les conditions de vie de la population se sont unis pour impulser une dynamique de mobilisation qui culminera avec une manifestation commune le 4 février à Donostia (Saint Sébastien) pour que soient paralysés les grands travaux d’infrastructures en Gipuzkoa.
Cette initiative des mouvements sociaux est née avec l’objectif d’impulser la pression et la mobilisation populaires pour obtenir la paralysation des grands chantiers d’infrastructures et pour réclamer un changement de modèle nécessaire face à la féroce campagne de pressions politiques et médiatiques en faveur de toutes sortes d’infrastructures à impacts écologique, économique, social élevés (TGV, incinérateur, superport de Jaizkibel, plate-forme logistique de Oiartzun-Lezo-Gaintxurizketa, Metro de Donosti, agrandissement de l’aéroport de Hondarribia (Fontarrabie), macro prison de Zubieta, etc..) lancées ces derniers mois en Guipuzcoa.
Aussi lançons-nous un appel à la mobilisation sociale en soulignant l’importance d’exercer en ce moment la pression populaire indispensable pour paralyser les macro- projets qui affectent et pénalisent notre territoire et pour ouvrir une période de réflexion en faveur d’un changement du modèle de développement, dans la mesure où nous sommes conscients que ces infrastructures contestées non seulement nous affectent chacun isolément mais encore que, dans leur globalité, elles confortent un modèle de développement qui doit être remis en cause.
En tout cas, dans les circonstances actuelles où, à cause de la crise économique aussi, s’est rouvert le débat sur le futur des infrastructures, il apparaît clairement urgent de réactiver la mobilisation populaire, en réunissant dans cette initiative, qui se mènera sur le thème et la revendication communs “Pour un changement du modèle social pour une Guipuzcoa différente : paralysation des grandes infrastructures !”, tous les groupes locaux, les gens touchés, les habitants, les mouvements et organisations sociales, écologistes, syndicales, politiques et les municipalités qui désirent manifester leur appui.

On sait que le territoire de Guipuzcoa, de dimension réduite et au degré élevé de développement industriel, a subi, parallèlement à la dernière étape de croissance et de globalisation économique, une énorme expansion des infrastructures. Ceci a entraîné de graves agressions contre le milieu naturel pour un petit territoire qui souffre déjà d’une forte détérioration environnementale, provoquée à la fois par les tendances à l’urbanisation à outrance et la métropolisation du territoire, la dégradation des zones rurales et la perte de terres agraires ; une artificialisation toujours plus grande de l’environnement ; une pollution atmosphérique et acoustique ; une contribution importante au changement climatique et de nombreux impacts négatifs à l’encontre des habitants, que ne réussissent pas à occulter ni les campagnes publicitaires ni les enjolivements factices.
En même temps, il faut souligner que ces projets ont suscité, au cours des dernières années, une forte contestation sociale, renforcée par l’absence de transparence et d’un débat social participatif, puisqu’ils ont été imposés de façon autoritaire et sans la moindre participation de la population et des municipalités qui considèrent qu’elles sont affectées négativement par les décisions prises.

Enfin, il est important de mettre en évidence l’immense dépense économique qu’ont suscitée les infrastructures ces dernières années, se révélant maintenant aboutir à un gaspillage de ressources, ainsi que les "jongleries" qui ont été faites avec l’exécution de travaux publics particulièrement non rentables et dont la justification officielle s’est construite en recourant systématiquement à la rhétorique de l’ "intérêt général" et aux fausses hypothèses de rentabilité socio-économique et de création d’emplois. A ce sujet, ces emplois ont consisté en des contrats hors conventions collectives d’Euskal Herria (Pays Basque), avec des journées de travail de 12 heures et des conditions de travail dangereuses qui se sont soldées par la mort de nombreux travailleurs.

Cela veut dire que la priorité accordée aux dépenses publiques dans les infrastructures s’est faite, avec un coût colossal, aux dépens de l’énorme endettement public provoqué par ces politiques dépensières, hypothéquant le milieu ambiant et, économiquement, les biens communs, ceci au bénéfice d’intérêts entrepreneuriaux très concrets, absorbant de plus en plus les ressources qu’exigent impérativement d’autres secteurs de l’activité économique, sociale ou culturelle et la couverture des besoins sociaux. Ces processus ont déjà eu des conséquences sociales très graves qui, si nous ne changeons pas de cap, le seront plus encore dans le contexte de la profonde crise économique dans laquelle nous sommes entrés.

Dans ce contexte, s’est rouvert le débat sur les infrastructures, rendu nécessaire par une politique des infrastructures remise en cause socialement et par la pénurie de ressources pour faire face à une infinité de demandes sociales. Nous nous trouvons donc devant l’ouverture d’une faille dans le consensus institutionnel jusqu’à maintenant fermement établi à propos des grandes infrastructures et devant la possibilité d’engager le débat social, qui n’a jamais eu lieu, afin d’entreprendre un changement profond du modèle de développement.

Cependant, la réaction de la classe politique qui s’est accommodée pendant des années de la course folle aux infrastructures et aux politiques développementistes traditionnelles, ne s’est pas fait attendre. A ce sujet, nous dénonçons que des politiciens prétendent neutraliser et bloquer les revendications populaires dans les institutions afin d’empêcher des politiques de changement et de continuer à maintenir la pression destructrice sur le territoire, recourant, en tant que fermes soutiens des intérêts économiques et privés créés autour du fabuleux marché des infrastructures, à la politique du fait accompli pour essayer de faire passer leurs méga-projets.

Face à cette situation, la responsabilité qui nous incombe en tant qu’organismes populaires est d’agir avec indépendance et détermination pour paralyser ces projets, en impulsant la mobilisation et la contestation populaires. En tout cas, ce serait une erreur de croire que les réponses sont toutes dans les institutions, alors que les succès, si finalement ils se concrétisent, seront, selon nous, fondamentalement le fruit de la prise de conscience et de la combativité de la population. Aussi devons-nous persister dans la lutte pour la paralysation des grandes infrastructures et des projets destructeurs, en nous impliquant dans la nécessaire transformation du modèle de développement et dans la défense essentielle de la terre pour aboutir à un véritable changement social.

Conflits socio-environnementaux qui ont une incidence sur notre territoire

Dans ce sens, nous devons attirer l’attention sur les multiples conflits socio-environnementaux qui ont de l’incidence sur notre territoire :

  • S’il existe un projet qui, au cours de ces dernières années, a suscité un débat considérable au sein de la population, c’est celui du TGV. C’est la plus grande et la plus onéreuse infrastructure jamais réalisée dans ce pays. Des milliers de personnes se sont positionnées clairement contre ce projet, en argumentant quant à son inadaptation à l’orographie, son impact écologique, son inadéquation aux besoins en transport, ses coûts élevés et les impacts environnementaux de son tracé. Par ailleurs, si cela a bien été le pari principal du Gouvernement Basque en matière d’infrastructures, le coût réalisé jusqu’à maintenant dans l’exécution des travaux tourne autour des 15-20% du total de l’ouvrage. L’existence d’une ample contestation sociale, les incertitudes et l’absence de débat social qui a caractérisé le déroulement du projet sont des raisons suffisantes pour paralyser les travaux et donner la parole à la population. Au lieu de continuer les travaux de l’Y basque, c’est le bon moment pour les paralyser. Le Gouvernement basque, en revanche, malgré la grave situation de crise économique que nous affrontons, prévoit de consacrer, pour 2012, environ 380 millions aux travaux des lignes du TGV en Guipuzcoa, en même temps qu’il annonce des coupes drastiques dans les dépenses sociales pour l’année prochaine. Ceci est incompréhensible et inacceptable.
  • L’incinération de déchets est hautement polluante, onéreuse et un gaspillage de ressources. Elle ne réduit pas la production de déchets, mais au contraire suppose de continuer à épuiser la terre pour fabriquer de nouveaux produits à utiliser et à jeter. Le moratoire exigé par le pacte d’Usurbil et par les mouvements sociaux contre l’incinérateur de Zubieta doit conduire à la paralysation définitive du chanter. Il apparaît incontournable d’étendre à tout Guipuzcoa le ramassage sélectif des déchets par le système du porte à porte dans toujours plus de municipalités et de développer le modèle Zéro déchets qui permet de fermer les décharges polluantes actuelles ; en pariant sur la prévention, le recyclage réel et une gestion des déchets urbains plus rationnelle.
  • Le superport de Jaizkibel est le plus grand attentat écologique qui menace la côte de Gipuzkoa. Ses promoteurs continuent à s’obstiner dans ce projet qui ne bénéficierait qu’aux entreprises du bâtiment et du secteur énergétique. Outre qu’il provoque la destruction d’un environnement incomparable pour sa très grande valeur naturelle, il entraîne un énorme coût économique et suppose la conversion d’une des zones les plus peuplées de Gipuzkoa en un trou noir, la privatisation des biens, des sols et des ressources publiques et la socialisation des coûts (écologiques-économiques-sociaux). De son côté, la plate-forme logistique de Oiartzun-Lezo-Gaintxurizketa liée au superport détruira une surface de 180 ha de terres agricoles de grande valeur, sapant, sous l’emprise mortifère du béton, l’indispensable activité agricole locale et la souveraineté alimentaire.
  • Il ne faut pas non plus oublier l’horrible plan d’infrastructures promu par le PTP (Plan territorial partiel) autour de Donostia, qui a déclenché à son encontre d’innombrables arguments s’opposant à la proposition de prolonger la Seconde Ceinture de l’Autoroute A-8 par la vallée de Oiartzun jusqu’à Iparralde (Pays Basque nord) ainsi qu’à la construction d’une énorme plate-forme logistique assortie d’une centrale thermique à Olaberria (Irun).
  • La macro-prison et le polygone logistique et industriel d’énorme envergure actuellement en construction en lien avec l’emplacement prévu pour l’incinérateur de Zubieta.
  • Pour finir, nous joignons nos voix à celles qui donnent l’alerte face aux nouveaux conflits socio-environnementaux qui s’annoncent, comme c’est le cas pour les lignes à haute tension prévues de Navarre et de Bizkaia jusqu’à Ezkio-Itsaso, le projet d’extraction de gaz de schiste selon la méthode de la fragmentation en Alaba, la réactivation des directives de l’Aménagement du Territoire DOT-Euskal Hiria qui procèdent d’un modèle développementiste et néo-libéral écologiquement insoutenable et socialement contesté.

    En conséquence, nous pouvons dire qu’aussi bien pour ce qui est des impacts particuliers de quelques projets concrets que pour le modèle qu’ils représentent dans leur ensemble, nous tous et toutes sommes touché-es d’une manière ou d’une autre.

Initiatives et activités prévues lors de la manifestation :
C’est pour toutes ces raisons qu’aujourd’hui nous lançons un appel à toute la société afin qu’elle appuie cette initiative pour la paralysation des grands chantiers d’infrastructures et pour un changement de modèle, en impulsant une dynamique de mobilisation au cours de laquelle, en janvier, nous avons prévu de présenter des motions dans de nombreuses mairies de Guipuzcoa, de réaliser des marches sur les zones affectées et d’organiser des tables rondes et des activités de débat.
Aujourd’hui, nous appelons à faire connaître cette revendication sur les lieux de travail, d’étude et dans la rue.
Comme point d’orgue, le samedi 4 février, nous réaliserons une manifestation centrale à 17h 30, qui partira du Boulevard de Donostia, où il s’agira de réunir la participation populaire la plus grande parce que c’est, avec le travail constant des différents collectifs, l’unique façon de pouvoir atteindre notre objectif.

Le 13 janvier

Programme des Activités organisées du 13 janvier au 4 février :

Activités organisées dans les régions d’Oarsoa, de Donosti, de Tolosa y Deba dans le cadre de l’initiative.

13 janvier : au Gaztetxe Kortxoenea de Donosti :
“LA DEFAILLANCE DE LA SOCIETE”, entretien avec l’écrivain Pablo Sastre. 19h

14 janvier : Dans les villages et les quartiers “TGV=4.790 euro par personne ”. Journée d’estampillage de billets

15 janvier : Marche contre les projets destructeurs

17 janvier : A Lezo :
A propos de la paysannerie, projection d’un documentaire et entretien avec Josu Gil, membre du syndicat paysan EHNE “Txoriak egozenian” 19h30.

18 janvier : Maison de la Culture de Tolosa :
“GIPUZKOA ZERO DECHET”. conférence à 19h.

18 janvier : Maison de la Culture Okendo de Donosti :
“GAZ FRACKING”. Débat informatif animé par Gorka Menendez et l’ Assemblée contra la Fracture Hydraulique de Cantabrie. 19’00h.

19 janvier : Maison de la Culture de Tolosa :
“AUTOROUTE ELECTRIQUE SOURCE DE PROBLEMES ”. Emission en vidéo. 19h

21janvier : A Tolosa, MANIFESTATION BRUYANTE CONTRE LE TGV à 12h30.

25 janvier : A Orereta : “LA TERRE, SI C’ETAIT LE SOL”, présentation du livre et entretien avec le journaliste Iñaki Petxarroman. 19h’30.

26 janvier : RASSEMBLEMENT, l’après-midi, devant la Mairie de Donosti.

27 janvier : au Gaztetxe Kortxoena de Donosti :
“LUTTES SOCIALES ET INSTITUTIONS”. Conférence et débat animés par Iñaki Urrestarazu et Ekai Txapartegi. 19h.

29janvier : Marche, JAIZKIBEL ETA GAINTXURIZKETA VIVANTS ! :
Contre la plateforme logistique Oiartzun-Lezo-Gaintxurizketa et le Superport. Départ à 10h de la place de Lezo.

29 janvier : MARCHE au dessus de Deba, vers le terrain touché par le LGV. Table ronde à Arrasate sur les dégâts provoqués par le chantier TGV.

2 février : Maison de la Culture Okendo de Donosti :
“ LA MACRO-PRISON DE ZUBIETA”. Table ronde avec Cesar Manzanos, un représentant municipal de Donosti et Jose Maria Larrañaga (de l’asociation “Arrats” (= Crépuscule) d’appui aux prisonnier-es). 19h00.

3 février : Au Bar Rekalde de Donosti :
THEATRE, “Au point d’ébullition”, d’Iñaki Cendrero. 19h30.

Participants à l’initiative :
AHT Gelditu ! Elkarlana : ahtgelditu@ahtgelditu.org
Coordinadora de Plataformas contra la Incineración : lasarteoriabizirik@yahoo.es
Jaizkibelgo Superportuaren aurkako taldea : Itaka-23@hotmail.com
EHNE : eneritz.ehne@gmail.com
Asamblea Contra el TAV : ahtezhernani@gmail.com
PTPren aurkako Oiartzungo taldea : kepaola@telefonica.net
Mutriku Natur Taldea : Txanbolin@gmail.com
Gipuzkoa Zero Zabor : gipuzkoazz@gmail.com


Soutiens :
L’appel est ouvert à l’adhésion de tous les mouvements et organisations qui désirent manifester leur soutien. Voici les appuis que nous avons reçus pour le moment :
15-M - Ekologistak Martxan - Eguzki - ESK - LAB - CNT - CGT-LKN - Alternatiba - Ezker Abertzalea - Antikapitalistak - Gorripidea - Ezker Anitzak-IU - EPK-PCE - Aralar - Lizargorri Taldea

Autre liens

Asamblea contra el TAV
Mugitu AHT gelditzeko

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