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1 an de printemps arabe,

Le témoignage d’un camarade actuellement en voyage en Tunisie.

mardi 28 février 2012, par OCLibertaire


Les détails d’une première journée à Tunis. Un récit plus complet sera fait ultérieurement.

Je suis bien arrivé a Tunis. C´était assez drôle car le bureau Veritas est venu visiter le bateau avant le départ de Marseille et a décidé que ce voyage serait son dernier... On est donc parti 5h plus tard et arrivé avec 8h de retard. Et tout le monde priait de peur que le bateau coule !

J´ai retrouvé mes potes et j’ai rencontrés leurs colocataires italiennes et leurs amis militants politiques tunisiens. Tout le monde m’a super bien accueilli !

Hier soir, un de leurs potes nous a proposé de de venir participer a une manif anti-gouvernementale et anti-salafiste organisée par l’UGTT, le principal syndicat de Tunisie, qui était le seul autorisé avant la chute de Ben Ali. Cette manif a été faite dans une ambiance particulière car des militants du parti Ennahda ont déversé une quantité énorme de déchets devant les locaux de l’UGTT et sur la tombe d’un ancien syndicaliste très apprécié ici.

Il y avait énormément de monde (peut être 3 000 personnes au début puis au moins 10 000 quelques heures plus tard) et la manif s’est déplacée avenue Bourghiba où tout le monde s’est arrêté devant le ministère de l’intérieur (complètement barricadé par des barbelés, flics et militaires).
On a rencontré plein de monde dont entre autre un jeune d’Amnesty Tunis qui était en France il y a quelques semaines pour témoigner de ce qui se passe en Tunisie auprès de la section française d’Amnesty. Après quelque heures, les flics ont eu l’ordre de virer les manifestants et les lacrymos ont commencé à pleuvoir et les flics à courir partout. On a suivi le mouvement, des gens se sont fait matraquer devant moi et je ne comprends pas comment j’ai eu la chance d’éviter ça !

Avec mon pote on a continué a tourner dans les rues pour comprendre et voir ce qu’il se passait. Les flics ont encerclé le quartier et une vieille dame nous a conseillé de ne pas courir si on voulait pas se faire matraquer ! C’est vraiment dingue comme les gens ne sont pas stressés face au flics et comme la vie continue normalement alors que dans la rue les flics tabassent !
Tout s’est calmé après 1h durant laquelle les flics courraient partout et où les salafistes essayaient de faire leur propagande dans la rue avec le soutien des flics.

Voilà en gros ma première journée en Tunisie. Tout le monde ici espère que le mouvement va re-grossir comme l’année dernière. Ici on appelle pas les événements de l’année dernière “révolution” mais “révolte” car ils considèrent que la révolution ne fait que commencer. Ils veulent vraiment se débarrasser de ce nouveau gouvernement. Il y a vraiment toutes les classes d’âge dans la rue.
“Bienvenue en Tunisie” m’a dit un des tunisiens avec qui je parlais dans la rue. En effet, c’est rudement chouette comme début !

Ce soir je vais voir une pièce de théâtre en arabe on verra si je pige quelque chose. Ensuite je vais essayer de m’organiser une séjour de 2-3 jour au camp de réfugiés de Choucha a la frontière libyenne. Je ne sais pas si la télé française va parler de ces manifs, mais dans tout les cas ne vous inquiétez pas, je ne prends absolument aucun risques (...).

Tunis.
le 27/02/2012.

P.-S.

CONTRE LES ATTAQUES DE LA CENTRALE SYNDICALE L’UNION GÉNÉRALE TUNISIENNE DU TRAVAIL

à PARIS : MEETING DE SOUTIEN A l’U.G.T.T.
Jeudi 1er mars 2012 à 18h
À la bourse de travail de Paris 3,
rue Château d’eau salle Jean Jaurès
métro République
En présence d’un dirigeant de l’U.G.T.T.

L’Union générale tunisienne du travail (UGTT) subit depuis quelques jours des attaques des milices intégristes et des salafistes ayant eu pour cibles les locaux de la centrale syndicale à travers le pays dont le siège national à Tunis.

L’UGTT considère que l’objectif poursuivi par ces « agressions orchestrées et systématisées contre l’intégrité de la plus ancienne des organisations de la société civile tunisienne » est de nuire à la centrale syndicale, de ternir son image aux yeux de l’opinion publique de jeter le discrédit en l’accusant de bloquer l’économie du pays par son soutien aux mouvements sociaux.

Les attaques contre la centrale syndicale ont commencé à la suite de la grève générale des agents municipaux, par des dépôts d’immondices devant les locaux syndicaux puis par des tentatives d’incendie, de mise à sac et de dégradations des sièges des ses sections locales et régionale de Fériana, Le Kef, Kairouan, Monastir et Menzel Bouzelfa. L’UGTT est pleinement dans son rôle, celui de défendre les droits des travailleurs et travailleuses tunisien(ne)s dans leur lutte pour l’amélioration de leurs conditions de vie. Le lui reprocher relève d’une volonté d’étouffer l’action syndicale dont elle est le garant.

L’U.G.T.T. a dénoncé ces dérives et a « averti contre les dangers de monter l’opinion publique contre l’U.G.T.T. par certaines parties au pouvoir qui visent à instaurer une nouvelle dictature dans le pays et à tous les niveaux ». Ces attaques constituent une mise en cause du droit de grève, droit constitutionnel, et de la lutte des travailleur(se)s pour l’amélioration de leur condition et en vue de la satisfaction de leurs revendications légitimes.

Ces attaques contre l’UGTT font partie d’un processus et ont été précédées par des campagnes médiatiques de déstabilisation subies par la centrale syndicale depuis le 14/01/2011 et des agressions répétées des journalistes, des médias, d’universitaires, des intellectuels, des organisations démocratiques et de mise en cause du droit de manifestation. Cela montre la volonté délibérée des forces de la contre révolution de saboter le processus démocratique issue de la Révolution tunisienne et de mettre en cause les acquis du peuple tunisien.

Il n’y a plus de doute, ces agressions systématiques des forces du progrès et de la démocratie ont pour seul objectif la mise au pas du peuple tunisien et de la société civile démocratique et en particulier l’UGTT,.

Nous, signataires : • Dénonçons le silence assourdissant du gouvernement et certains de ses composantes qui se rendent complices et comptables de la dégradation du climat social et politique dans le pays.
• Exigeons l’arrêt des agressions contre l’UGTT et demandons le respect de toutes les formes d’expression démocratique en Tunisie.
• Nous exigeons aussi le respect des libertés fondamentales et particulièrement la liberté syndicale dont le droit de grève fait partie intégrante et la liberté d’expression.
• Demandons aux pouvoirs publics d’assumer leurs responsabilités et de protéger les syndicalistes de l’UGTT des attaques de ces milices aux ordres de la contre révolution qui veut la saborder.

Premiers signataires : ADTB/Belgique – ADTF – Association culturelle tunisienne à Stockholm – Association Suédo-tunisienne de Stockholm – Association JISR – ATF – Collectif des femmes tunisiennes – Collectif Tunisie 80 – Comitato Immigrati Tunisini in Italia – CRLDHT – Dynamique Citoyenne des Tunisiens à L’Etranger (DCTE) – Ettajdid/France – Ettajdid/IdF – Ettakatol/France – FTCR – MCTF – MOPAD/France – PCOT/France – PDP/France – PTT/France – Réseau Euro-Maghrébin Citoyenneté et Culture (REMCC) – Uni(e)-vers-elles – Union des Tunisiens de l’Est – UTIT-IdF – WD 15 –

Avec le soutien de : ACORT – AIDDA – Les Alternatifs – AMF – ASDHOM – ATMF – CEDETIM/IPAM – Collectif 3C – EELV – FASE – Le Manifeste des Libertés – Mouvement marocain du 20 février/Paris-IDF – NPA – PADS/Maroc – PCF – PCOF – PG – PSU/Maroc – Rouge Vif – Sortir du Colonialisme – UMT/Maroc – Union Syndical Solidaires – La Voix Démocratique/Europe –

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