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Mais que font les trotskystes ?

lundi 4 février 2008, par Courant Alternatif

Depuis l’été dernier, les deux grosses organisations trotskystes que sont la Ligue Communiste Révolutionnaire et Lutte Ouvrière semblent effectuer un revirement stratégique. D’un côté, L.O. envisage de se présenter sur des listes communes avec le PS, en vue des Municipales de Mars prochain. De l’autre, Besancenot, le leader de la L.C.R. lance un « appel pour constituer un nouveau parti », qui s’appuierait sur des « discutions locales dans les lycées, les facs, les quartiers », dans le but de fédérer ceux et celles qui luttent pour constituer une dynamique anticapitaliste.

La L.C.R. est connue pour ses manoeuvres politiciennes et son électoralisme, mais elle semble mettre de côté les Municipales et se concentrer sur les luttes. Inversement, L.O. qui est connue pour son implantation dans les entreprises, et son dogmatisme « révolutionnaire », veut des conseillers municipaux coûte que coûte. Ces nouvelles stratégies de la part de « l’extrême gauche » s’appuient sur des changements d’appréciation de la situation politique actuelle. Nous pensons qu’il est important d’analyser les évolutions du paysage « contestataire » français, d’autant plus que ne nous avons nous aussi des questions à nous poser, tant au niveau de la stratégie révolutionnaire globale que dans nos modes d’interventions au quotidien.

Le Nouveau Parti Anti Capitaliste : sur quelles bases ?

Bien que les dirigeants de la Ligue aient certainement des idées très précises sur ce qu’ils veulent, il est aujourd’hui très difficile de savoir comment peut se structurer le nouveau parti. Les militants répondent quasi systématiquement que le N.P.A.C. sera ce que les gens en ferons. « Tous ceux qui veulent en être pourront contrôler démocratiquement, de A à Z, la construction du nouveau parti anticapitaliste que nous voulons créer » affirmait Besancenot lors de l’ouverture du congrès de la L.C.R. (24 janvier 08). L’idée fondamentale de ce nouveau parti est de fédérer les militants et militantes anticapitalistes et révolutionnaires. Le parti s’affirme comme étant dans la continuité du Mouvement ouvrier. Dans les textes du congrès, il est dit que la LCR est favorable à ce que le N.P.A.C. s’affirme dans une nouvelle Internationale « anticapitaliste, révolutionnaire, démocratique, capable de formuler une politique pour la classe ouvrière pleinement indépendante ». Lors d’une réunion parisienne, fin 2007, le « facteur » nous avait le coup du retour aux sources, en affirmant que les divergences qui avaient traversé le mouvement socialiste depuis la Première Internationale devaient être dépassées aujourd’hui. Il s’est même payé le luxe de citer « Louise Michel, l’anarchiste »... Il semble que le Nouveau parti ai des visées hégémonique sur le mouvement social. Aussi, on a parfois l’impression qu’ils veulent prendre la place du P.C.F. d’autres fois celle laissée vacante par le P.S., ou sinon devenir LA force issue du « Non de gauche à la constitution européenne ». En fait, ils jonglent habilement entre un réformisme anti-libéral et des positions vaguement Marxistes. Le N.P.A.C. vise « les secteurs de la jeunesse et du monde du travail les plus avancés dans le combat anticapitaliste ». Leur éventail de personnes à convaincre est large : depuis les militants actifs du milieux étudiant, aux militants des S.U.D. ou de la F.S.U. et certains syndicats C.G.T. Puis ils s’adressent aux « courants issus de la crise du P.S. et du P.C.F., les Collectifs anti-libéraux, les équipes du Mouvement social et du Mouvement syndical, les révolutionnaires dont Lutte Ouvrière » et ce, surtout localement. Les « libertaires » sont aussi taquiné et notamment Alternative Libertaire qui frétille tel un goujon depuis qu’elle a droit a une tribune sur le site internet de la grande sœur trotskyste. Le NPAC entend mettre la question sociale au « centre » de son programme. Cela concerne la « défense générale des intérêts et revendications des travailleurs, le féminisme, l’écologie, les droits de la jeunesse, ceux des populations immigrées et de tous les secteurs discriminés – et la question démocratique (défense de tous les droits démocratiques, rupture avec la Véme République, élection d’une Assemblée constituante, contrôle des travailleurs et de la population, pouvoir à des assemblées élues dans les communes et les entreprises…). »
On ne peut que constater que la LCR n’entend pas renier ses fondamentaux communistes. Pour autant, ils s’inscrivent plus dans la continuité de la gauche parlementaire française que dans la lignée des grosses organisations révolutionnaires. « Un tel parti à une influence de masse, s’adresse à tous ceux et celles qui veulent construire ou reconstruire une nouvelle force politique vraiment à gauche, dans le camp des travailleurs. »
Aussi, Besancenot met souvent en avant la nécessité (pour les travailleurs) de voir appliquer rapidement son « programme d’urgence ». Cela consiste en quelques mesures « clef en main » telle que les 32h., l’interdiction des licenciements collectifs, la défense des services publics,...

Aussi, le nouveau parti entend se faire sa place en se distinguant totalement du P.S. « social liberal »,... et en pratiquant à outrance un anti-sarkozysme primaire.

Après avoir « Osé Bové », Olivier veut « Niquer José » ?

Que se soit par les différentes initiatives auxquelles a participé la L.C.R. récemment, ou par les problématiques abordées dans sa propagande « grand public », on se rend compte que le rayonnement culturel de la Ligue se fait plutôt chez les alter mondialistes et les anti-libéraux. Le parti se veut avoir comme perspectives le changement de société. Pourtant, les stratégies annoncées n’apparaissent pas ou très peu comme révolutionnaires. En apparence la LCR semble moderniser la question sociale, en adaptant son discours à la « conscience des masses » (sous prétexte que les masses ne seraient pas capable de comprendre ce qu’est la plus value ou les Soviets). En réalité, ils nous refont toujours et encore le coup du réalisme politique, en se contentant de défendre le compromis capital-travail issus des 30 glorieuses, sans autres perspectives concrètes que « d’être le porte parole des luttes pendants les élections ».
Par exemple, lors d’un comité local sur une fac, les J.C.R. (organisation « de jeunesse » liée à la L.C.R.) mettait en avant la défense inconditionnelle du service publique, présenté comme un « début de socialisme »…
Bien sûr il ne faut pas oublier ce qui s’est passé durant la campagne électorale. L’appel de Besancenot est dans la continuité des Comités du non à la constitution dont la L.C.R. s’est fait largement l’écho (et s’était largement satisfaite de leur existence). À l’époque, l’accord s’était fait sur des perspectives aussi creuses que le « non antilibéral à la constitution de Chirac » et, dans les faits, n’avait pas été moteur de quelque dynamique sociale que ce soit. Pendant la lutte contre le C.P.E., chaque chapelle (Attac, P.C.F,. les Alternatifs, etc.) était retournée à ses stratégies propres, de peur de louper quelque chose et, bien sûr, pour tirer la couverture à soi. Tout ce petit monde s’était ensuite re-re-trouvé pour préparer les élections présidentielles. Mais là, les enjeux de pouvoir sont ressortis comme jamais. Tout le monde voulait être « unitaire » mais chacun cherchant à faire passer ses idées (et son ou sa porte parole) avant les autres, la L.C.R. la première. Tout cela a donné ce que l’on sait. Étant donné que Besancenot est celui qui s’en est le mieux sorti (près de 5%), sa formation remet aujourd’hui sur le tapis la dynamique unitaire dont tout le monde rêve. Mais cette fois, la ligue met clairement SES conceptions et SON porte parole comme préalable à l’unité.

Pourquoi LO ne les rejoint pas ?

Lutte Ouvrière est une organisation vieillissante. Ses dirigeants commencent à se rendre compte que leur rigidité dogmatique fait peur à tout le monde. Ils se préparent actuellement à remplacer la vieille Arlette et commencent à aborder des sujets un peu plus larges que les seules combats ouvriers. Par exemple, ils publiaient en septembre dernier un article intéressant sur l’écologie dans leur journal théorique. Lors de leur congrès de décembre 2007, ils ont questionné leur « rayonnement politique ». C’est bien connu, tous les étés, L.O. traverse le pays avec ses « caravanes », à la rencontre du prolétariat. Et bien maintenant, ils tenteront de le faire tous les deux mois quand c’est possible. Un des fers de lance de leur implantation locale est d’avoir des conseillers municipaux. Pour arriver à leurs fins ils sont prêts à des listes commune avec le PS et le PC comme à Ivry sur seine (94), et ce « dès le premier tour ». Ils comptent se présenter dans plus de de 128 communes. Comme l’évoquent les militants de leur Fraction, les candidatures de LO risquent de ne servir que de faire valoir d’extrême gauche, dans les mairies P.C.F. pour pouvoir résister au PS. Inversement, si le PS accepte l’extrême gauche sur certaines listes, ce n’est que pour affaiblir son rival communiste. C’est bien dommage pour des trotskystes que de faire le jeu à la fois des staliniens et des sociaux-démocrates !
La L.C.R., pour sa part, se dit prête à se présenter dans 180 villes, sur des listes indépendantes, qui peuvent éventuellement fusionner au second tour. Elle compte sur les militants pour recruter des gens à mettre sur les listes (par exemple les copain-copines des militants dans certains quartiers !). Ces listes ne semblent pas relever d’enjeux fondamentaux pour la Ligue, mais semble n’être qu’un outil de plus pour lancer et populariser le nouveau parti. Au contraire, LO mise beaucoup sur ces élections. D’après eux, les conseillers municipaux ont un rôle important et permettent par exemple de faciliter le soutien aux grèves locales, comme en obligeant une mairie de gauche à soutenir financièrement des grévistes, ce qu’ils auraient déjà permis… Sur le terrain, le discours est tout autre. Une candidate L.O. sur une liste commune en banlieue parisienne explique sa candidature ainsi : « face à la droite, même si la ville ne peut pas tout pallier, nous voulons contribuer à améliorer la vie des gens »... avec le P.C.F., le P.S. et les subventions de l’Etat...
Il est intéressant de voir que L.O. ne suit pas la dynamique lancée par la L.C.R., en argumentant que ce n’est pas le Parti dont ils rêvent, qu’ils ne parlent pas explicitement de révolution communiste. Bien qu’ils souhaitent au Nouveau parti de réussir, on sent un léger mépris paternaliste : « Certains s’engagent dans des O.N.G. pour intervenir dans des pays sous développés, d’autres le font plus près de chez eux pour aider les Sans papiers ou les Sans logis, d’autres, simplement outrés par les mesures du gouvernement souhaitent s’y opposer selon leurs moyens. Et ce serait une bonne chose qu’à défaut d’être révolutionnaire, ils puissent trouver une organisation importante, vaste, susceptible d’agir et qui corresponde à leurs idées » (texte du congrès). De fait Lutte Ouvrière préfère se replier sur ses acquis : l’implantation dans les entreprises et une formations rigoureuse (et dogmatique) de militants recrutés à la sortie des grandes écoles.
Au niveau de ses axes politiques, L.O. semble rejeter l’anti-sarkozysme et préfère se concentrer sur une analyse de l’hégémonie politique de la droite. L’organisation d’Arlette semble comprendre qu’il y a un enjeu à défendre sans concession un programme de lutte de classe, plutôt que de se placer sur le terrain de la gauche de la gauche. Ils font le choix de développer leurs acquis, jouant sur le fait que la radicalisation de la droite attirera le prolétariat vers « son vrai parti »... La Ligue elle, on l’a vue, fait le choix du « pragmatisme » de gauche.

Vers une stratégie révolutionnaire unitaire ?

La question que l’on pourrait ainsi se poser est : doit on se méfier du Nouveau parti et continuer nos affaires dans notre coin ou bien tout plaquer et rejoindre les camarades dans un grand élan de spontanéité « unitaire »... ? Bien évidemment l’un ou l’autre de ces choix serait trop simple. Nous avons déjà évoqué à plusieurs reprises que l’unité, même seulement chez les libertaires a valeur de mythe. Il ne serait pas sensé de croire que tout les militantEs « anticapitalistes » peuvent lutter dans la même organisation. Pour répondre à Besancenot, les divisions qui traversent le Mouvement ouvrier depuis la Première internationale relève d’enjeux fondamentaux. Il ne peut, par exemple, y avoir de conciliation entre ceux qui sont prêts à défendre l’Etat par anti-libéralisme et ceux qui veulent en finir le plus vite possible avec lui. À ce sujet la question de la défense du service public est fondamentale... Pour nous, des militants révolutionnaires conséquents ne peuvent pas faire l’impasse sur l’analyse du service public comme étant une nécessité du capitalisme, plus ou moins forte suivant les époques. Les classes populaires on évidemment tout à craindre d’une défaillance de celui-ci, mais, un discours révolutionnaire se doit, au moins, de proposer de dépasser la gestion étatique des besoins de la société plutôt que de défendre un statu quo avec la bourgeoisie. Si un jour une situation révolutionnaire se présente, on peut se permettre de douter qu’un Parti qui risque de faire plus de 10% aux élections, d’avoir des députés, voire des mairies, nous suive et plaque tout ce qu’il a réussi à construire au sein des institutions... Pourtant, les communistes savent que seuls les conseils révolutionnaires (d’entreprise, de quartier) peuvent être l’avenir des exploités.
Pour autant, plutôt que de railler de la proposition de la L.C.R. nous nous devons de suivre cela de près car il se peut que le N.P.A.C. devienne un espace important de la recomposition du mouvement social. Nous n’avons pas à en avoir peur puisque, à priori, cette organisation véhiculera tout de même des perspectives de rupture, et surtout la nécessité de lutter. Ils contribueront certainement à renforcer la visibilité politique des « anticapitalistes » dans la société, ce qui serait un point d’appui pour l’émergence d’un mouvement social révolutionnaire. Au moins, la Ligue pose concrètement les questions de l’organisation, et de l’émergence d’un discours politique conséquent pour les luttes, questions qui sont fondamentales.
Quant à LO, il y a de forte raison que l’on se retrouve (comme souvent) à leur côté pour développer des positions de classe dans des luttes. De plus, même au sein d’un Nouveau parti, il y a de fortes chances que les militants de la Ligue gardent leur stratégie d’opposition syndicale avide de prise de pouvoir au seins des directions (notamment dans l’Union Solidaires., ou il devrait rapidement y avoir un certains nombres d’enjeux). Alors, nous ne pourrons que nous satisfaire si les militants de LO prônent comme nous, une autre approche de la lutte dans le monde du travail. D’autant plus que si le N.P.A.C. veut regrouper large, cela comprendra tout un tas de carriéristes et d’apprentis bureaucrates qui n’ont que faire de l’évolution du rapport de force entre les classes, et préfèreront développer leur propre organisation pour elle-même et leurs ambitions, plutôt que des perspectives communistes et révolutionnaires.

Séba,
OCL-banlieue rouge (pâle),
24 janvier 2008

Sources :
Lutte de classe, spécial 37e congrès, décembre 2007 (Bimensuel théorique de LO)
Convergence révolutionnaire, No 55, janvier 2008 ( Bimensuel théorique de la fraction de LO)
Textes des plateformes aux congrès de la L.C.R. (dispo sur leur site) Différent textes, tracts, interview, meeting et discussions...

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5 Messages de forum

  • Mais que font les trotskystes ?

    16 février 2008 16:24

    cet article suscite tout un tas de réactions, mais en dehors du site de l’OCL... vous en trouverez quelques extrait sur http://cccforum.ouvaton.org/viewtopic.php?t=2154

    après pourquoi causer là-bas d’un truc qui est écrit ici ? That is the question...

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    • Mais que font les trotskystes ? 17 février 2008 11:28, par Yves Coleman

      Il me semble dommage que cet article ne tienne pas compte du dernier numéro de Critique communiste (mais peut-être est-il paru après ?) où des conseillers municipaux de la LCR parlent de leur expérience municipale. En les lisant on ne voit pas en quoi leur participation au sein des conseils municipaux a vraiment aidé la population à gagner quelques conquêtes (de la non-construction d’un incinérateur dans une ville à la construction d’une crèche dans l’autre). Les conseillers municipaux de la LCR qui font le bilan de leur action dans Critique communiste montrent eux-mêmes que tout dépend de la mobilisation en dehors des conseils municipaux. De plus il y a une certaine hypocrisie à dire "Nous on ne vote pas le budget municipal", puis à le voter par tranches (à 80 % selon ces conseilleurs municipaux de la LCR).

      LO a une approche encore plus cynique puisqu’elle a apparemment (selon le PS, car pas moyen de savoir quel était le contenu exact du deal LO-PS dans la presse de LO) accepté de voter les budgets présentés par le PS dans les villes où elle fait liste commune.

      Sur le fond, je crois, la question est simple. La LCR ne le dit pas mais LO le dit très explicitement dans ses articles. Il s’agit pour ses organisations de se renforcer ; non seulement de recruter des militants (mais là les progrès sont infinitésimaux en 40 ans) mais surtout de conquérir progressivement l’appareil d’Etat (ce qu’ils appellent dans leur jargon "construire un rapport de forces" !).

      Il ne s’agit pas de "faire de la propagande pour les idées révolutionnaires", ça c’était bon pour les années 70. Aujourd’hui il s’agit de conquérir progressivement l’appareil d’Etat. C’est pour cela que l’on a retrouvé un ministre trotskyste de la réforme agraire au Brésil, qu’il y a là-bas des maires trotskystes dans de grandes villes. C’est pour cela que le gouvernement Prodi était soutenu par le PRC (Rifondazione comunista) qui lui-même compte dans ses rangs les amis de la LCR. Ces derniers ont beau faire du boucan à l’intérieur du PRC et même au Parlement, de fait ils cautionnaient par leur présence au sein du PRC la politique du gouvernement Prodi. Certes il est fort probable qu’ils se feront jeter du PRC italien comme ils se sont fait jeter du PT brésilien ou qu’ils se feront jeter de Die Linke en Allemagne. Certes, ils ont des intentions officiellement louables.

      Mais sur le fond ils font un constat d’impuissance, sans le dire tout en le disant : puisqu’on ne peut plus croire à la prise du Palais d’Hiver (à une insurrection armée type Octobre 1917 dirigée par un Parti trotskyste) alors on va faire des expériences. Se noyer dans (PT, PRC, Die Linke) ou créer de toutes pièces (cf. la LCR maintenant) un parti aux frontières floues ; puis conquérir peu à peu l’appareil d’Etat par en bas (d’où l’idéalisation du pouvoir communal), puis on verra bien ce qui se passe.... En attendant nos élus se feront connaître et reconnaître, nous apprendrons bien des choses sur le fonctionnement de l’administration, de l’Etat, des entreprises, et si cela pète un jour nous mettrons notre savoir et notre expérience au profit du mouvement social, voire de la Révolution (mais la Révolution ils n’en parlent plus même dans les meetings de la LCR : allez soyons généreux 90 secondes dans une intervention de 60 minutes de Besancenot, au cours du dernier meeting auquel j’ai assisté, le rester n’étant qu’une collection de bons mots contre la droite et de piques gentillettes contre le PS).

      Le hic, avec ce raisonnement, c’est que c’est déjà celui qu’avaient les guesdistes en France au XIXe siècle et celui qu’ont eu tous les sociaux démocrates, puis les partis staliniens. Ne vous inquiétez pas, nous ne perdons pas de vue le but final (le socialisme), mais en attendant nous serons plus efficaces pour imposer des réformes en étant à l’intérieur de l’Etat qu’en étant à l’extérieur.

      C’est ainsi que le PCF sur Paris explique que ses 2 grandes victoires sur Paris en participant à la majorité municipale de Delanoe : ont été 1) le test colorectal gratuit (test qui n’a qu’une valeur indicative pour le cancer et nécessite toute une batterie d’examens complémentaires) et 2) le doublement du nombre de logements sociaux (de 3000 à 6000) - quand on sait combien de gens attendent des logements sociaux à Paris....

      Je crains que la LCR ne nous présente ce genre de "bilan positif" bidon dans 5 ans. Car c’est inévitable : on ne peut se présenter régulièrement aux élections sans donner aux électeurs des raisons concrètes et précises de voter pour vous.

      En ce qui concerne LO, comme ils ne font aucun bilan public de leur action municipale (du moins à ma connaissance dans leur revue), je crains que cela ne soit guère différent.

      Sur le fond, le problème est que la LCR et LO critiquent certes vertement le PS au premier tour mais ils vont faire voter pour lui au second tour. Ils agissent en tant qu’aiguillon critique, pas en tant qu’opposition ayant un autre programme (il suffit de lire leurs programmes électoraux cela ressemble au programme commun de la gauche d’il y a 30 ans en un peu plus radical).

      Il est certes positif de s’interroger sur ce "font les trotskystes" malheureusement ils font grosso modo toujours la même chose : chercher des recettes pour se trouver de l’oxygène politique, construire leurs petits appareils avec des méthodes plus (LCR) ou moins (LO, PT) démocratiques, récolter de l’argent de l’Etat (n’oublions pas que les voix récoltées aux élections permettent de payer le matériel de propagande de ces organisations, et on parle là de centaines de milliers d’euros chaque année) et surtout, lors des élections, ramener les sympathisants qui sont écoeurés de la gauche vers le PCF et le PS pour "faire barrage à la droite"... tous ensemble dans les urnes.

      Ils sont dans une impasse qu’ils ont délibérément choisie. On peut regarder leurs efforts avec sympathie mais on doit garder à l’esprit le cadre intellectuel, "programmatique" comme ils disent, dont ils sont prisonniers. Et dans ce cadre il n’y a pas de place pour une opposition frontale à l’Etat, aux bureaucraties des syndicats et des partis. Il y a seulement de la place pour des critiques limitées, des compromis permanents, justifiés avec un langage de moins en moins radical. La LCR n’arrête pas de dire qu’elle veut construire un parti anticapitaliste. Or le capitalisme repose sur d’autres piliers que l’entreprise. Il repose sur

      • l’Etat que les trotskystes veulent cogérer avec la gauche, de façon critique et en partant des muncipalités
      • les médias, où Laguiller et Besancenot se débrouillent pour ne jamais attaquer le fonctionnement des médias, jamais exposer leur programme socialiste ou communiste, cautionner par leur présence des émotions people lamentables,
      • et les syndicats où ils cherchent à grimper dans l’appareil (LCR) ou à faire fonctionner les sections syndicales de base (LO) en refusant de réfléchir et d’agir pour dépasser ces structures d’intégration, même s’il est évident que cela ne se fera pas d’un coup de baguette magique. Tant que les trotskystes n’avanceront pas sur ces questions élémentaires (et sur bien d’autres d’ailleurs) on ne voit pas bien en quoi leurs péripéties organisationnelles ouvriront de nouvelles perspectives. Ni patrie ni frontières

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  • Mais que font les trotskystes ?

    20 mars 2008 18:25, par croc’

    en réponse à la création de ce nouveau parti, ne serait-il pas temps de participer, en tant que libertaire, à la création d’un mouvement libertaire de taille ... evidemment, en s’associant, pour l’occasion, avec d’autres orgas anarchistes !?

    pourquoi, en tant que libertaire, faudrait-il, plutôt, choisir de construire un mouvement libertaire large, et qui aurait de la gueule, plutôt, que de participer à la création de ce nouveau parti, qui se pensera anti-capitaliste, mais jusqu’ au nombre de combien de pansements !? voilà pourquoi, parce qu’

    "être anarchiste, c’est être amoureux de la liberté et de l’égalité ; c’est être émancipé(e) de toute tutelle sociale, économique, politique et culturelle ! c’est vivre ! vivre sa vie pour ne pas la perdre à la gagner ! c’est proclamer la fin du rêgne des saigneurs qui nous bouffent menus,menus,l’abolition de l’état, du patronat, du salariat, des frontières, des clergés et autres conneries du genre que l’on se traîne depuis des millénaires ! l’anarchisme, c’est l’amour libre, la lutte contre le fascisme, contre le capitalisme, le patriarcat, et contre l’endoctrinement et le conditionnement ! être anarchiste et repenser sa vie, repenser son environnement, la pédagogie, la science, devenir ce que l’on est en réalité, à la fois créateur et créature, l’unique et sa propriété ! l’anarchiste, c’est toi, c’est moi, quand on se sera débarrassé de tout ce qui nous enchaîne au monde dépassé des maîtres et de leurs exécutants ! qu’avons-nous donc à se donner, à part l’envie de se réveiller, unis et libres enfin ! qu’avons-nous donc à espérer, à part l’envie de se prendre en main, de s’organiser sans chef, ni pouvoir autre que le nôtre ! soyons fous, soyons folles, fous et folles ! soyons libres ! nous ne sommes rien, soyons tout ! prolétaires et hédonistes de tous les pays, abolissons les frontières, et unissons-nous ! rejoignez-vous ! rejoignons-nous ! et rions un bon coup ! "

    salutations libertaires, et que vive la revoluçion !

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    • Mais que font les trotskystes ? 31 mars 2008 19:24, par roland
      pour info concernant la LCR de Laval en Mayenne , aux dernieres elections municipales , des menbres locaux de la LCR ont fait liste commune avec LE MIQPI/ Mouvement independant des quartiers populaires issus de l’immigration . MIQPI est une création locale , ca n’existe qu’ici , au pays du pére UBU . Le miqpi est une branche du mouvement immigration banlieue. DS leur programme commun MIQPI , LCR on retrouve en partie le programme national de la LCR , remunicipalisé si je puis dire , mais aussi des paragraphes , demandant l’abrogation de la loi de 2004 , interdisant le port du voile ds les ecoles laiques et un financement municipale desz construction de mosquée . décidément La LCR mange à tous les rateliers . BON ils ont fait 1,25 , ce qui représente environ 300 electeurs sur 11000 . Concernant le darfour il y a un bouquin de TITIANE D’HYAYE écrivain sénégalais qui vient de paraitre , je me souviens plus du titre mais on le trouve à edition continent noir . Titiane retrace la période esclavage arabo musulman qui a duré 13 siécle pour se terminer , enfin officiellement aux 20eme siecle . le conflit du darfour prendrait ses racines ds le racisme arabo musulman a l’egard des populations noires du darfour , esclaves jusque ds les années 90 / 1990 . les populations du darfour noires islamisées et christianisées pour certains . l’évangilasition etant post islamisation .le génocide perpetré par 13 sieclesd d’esclavage arabo musulman dépasse largement en horreur et fascisme l’esclavage occidental , ce qui n’enléve rien à son fascisme.en fait TITIane déclare que l’esclavage est universel de toutes les époques et de toutes les communantés , C’est Rassurant non . libertairement a vs Roland

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