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Courant alternatif octobre 2012 est sorti

sommaire et édito

vendredi 5 octobre 2012, par Courant Alternatif


sommaire

Edito page 3

résistances et luttes sociales

page 4 PSA-Rennes : La voiture qui recrachait une feuille Suite à la manifestation du 15 septembre pour la défense des emplois à PSA Rennes, voici quelques lignes autour de la question « défense des salaires et uti- lité sociale ? ». Ce texte, basé sur un travail de citations, est aussi un recueil d’autres réflexions sur le sujet.

page 6 Italie : Cancer ou chômage ; Une lutte dans les Pouilles.

Le 26 juillet dernier, la juge Patricia Todisco char- gée des enquêtes préliminaires pour le tribunal de Tarente mettait sous séquestre six installa- tions « à chaud » (hauts-fourneaux, cockerie...) de l’aciérie Ilva, du groupe Riva, et décidait que la production devait être arrêtée pendant la phase d’assainissement d’une structure jugée comme un « désastre environnemental ». Huit dirigeants de l’entreprise étaient même assignés à résidence.

page 9 Caen : le CHU en danger.

Le 11 septembre 2012, le directeur du CHU de Caen exposait aux or- ganisations syndicales la situation financière du CHU et les mesures qu’il devra prendre pour répondre à cette situation d’urgence.

page 10 Toulouse : CREA, une expulsion, une occupation

Depuis mars 2011, un bâtiment appartenant au ministère de la cohésion sociale et de la solidarité est occupé par une quarantaine de personnes. Le 28 aût la police est intervenue

résistances au nucléaire

page 11 Depuis Le Chefresne, nouvelles de la lutte anti THT

Dans le dernier Courant Alternatif (été 2012), un bref résumé du camp anti-THT du Chefresne des 22-24 juin 2012 était fait. Nous allons essayer ici de détailler brièvement les évènements autour de la lutte anti-THT, pendant l’été et durant le mois de septembre, qui ont suivi le camp, et qui vont suivre.

page 16 Changeons d’air, sortons du capitalisme

résistances aux grands travaux inutiles

page 12 Aéroport nantais : Du plomb dans l’aile ?

En plein ralentissement économique et raréfaction des financements publics, il est difficile de diagnostiquer l’avenir de ce projet officiellement toujours nécessaire, mais dont la rationalité est toujours plus écornée, face à une opposition qui pré- pare la riposte.

page 14 Europe : No Tav, la lutte continue en Italie

page 18 Encore un nouveau traité : les dirigeants toujours droits dans leurs bottes

Ce mois-ci, les députés vont voter la ratification d’un «  nouveau  » traité européen, ixième version du traité de Maastricht. Evidemment, aucun gouvernement ne se proposerait à risquer à nouveau un référendum. Ce petit jeu des traités qui se suivent et se ressemblent est un peu lassant, et il devient de plus en plus difficile de s’y retrouver entre gesticulations sur l’«  urgence  » (urgence à ce que rien ne change ?), vantardises sur des concessions obtenues (lesquelles ?) et contre-vérités assénées comme des évidences. Big Brother page 20-21

familiy life

page 22 Rencontres anarchistes de St-Imier :

Des enjeux qui posent question sans vraiment surprendre

Disons-le d’entrée, les rassemblements anarchistes n’ont en général aucune signification par rapport à la situation politique du moment – on n’y revendique rien dans le présent, sinon une histoire passée et fondatrice. On ne vise même pas à y défendre une orientation, une démarche politique plus ou moins alternative à celles des partis, syndicats et autres « oppositions internes » au système.

page 26 Qui sommes-nous ?

international

page 27 Libye : Une révolution achevée

page 30 Egypte : Un an et demi après la chure de Moubarak, où en est-on ?

Véritable révolution sociale ou simple changement de personnel politique ? Un camarade nous livre le point de vue d’une association égyptienne née il y a quinze ans pour défendre des paysans alors expulsés de leur terre, et avec laquelle il vient de passer trois mois.

A lire page 32

Edito

Une structuration des luttes pour un élargissement indispensable

La classe ouvrière traditionnelle sur tous les continents lutte aujourd’hui contre les conditions insupportables qui lui sont imposées, ou même la liquidation pure et simple. Mineurs de fond sud-africains, boliviens ou asturiens, ouvriers chinois de Foxconn (Apple), metallos de Lorraine, des Pouilles (voir article p.6) ou du Pyrée, marins bretons ou boulonnais, dans l’automobile parisienne ou l’agro-alimentaire morbihanais, il est impossible de dénombrer cette flambée de résistances ! La crise du crédit, initiée en 2007 par l’immobilier US via les banques occidentales, s’élargit aujourd’hui à toutes les activités économiques. Même les Etats avec une croissance confortable à deux chiffres subissent un ralentissement, qui s’avère redoutable à négocier.

Les conséquences politiques les plus spectaculaires sont connues, avec des résultats parfois sinistres : renversement de régimes dictatoriaux (Tunisie, Lybie, Egypte) avec des ondes de choc (Syrie, Mali), remontée d’un nationalisme belliqueux (Japon, Chine , Corée) et accélération de préparatifs guerriers ( Israël, Iran). À une échelle moindre, les populations les plus fragilisées subissent les contrecoups : immigrés poignardés et pourchassés dans les rues d’Athènes ou Thessalonique par les néonazis d’Aube Dorée et leurs députés ( !), campements de Roms brûlés par les habitants d’un quartier nord de Marseille ou en Bulgarie par la décision d’un maire... L’étrange étranger, ou simplement le voisin différent, redevient le bouc émissaire  : le « racisme anti blanc » de Coppé répond à la garde à vue de 16 heures instaurée par Valls pour les sans-papiers.

Si les réacs de tout poil relèvent la tête, les populations cherchent une riposte. La Grèce a connu le 26 septembre, sa troisième grève générale de l’année contre de nouvelles coupes budgétaires ; en Espagne, les Indignés ont tenté, sous les coups policiers, d’encercler le Parlement pour y tenir une Assemblée Constituante toujours dans une démarche très citoyenniste, face à un pouvoir sous la pression des revendications catalanes et des banquiers mondiaux. La même semaine, une mobilisation similaire secouait le Portugal. Les grandes centrales syndicales de ces pays gèrent pour le moment la situation, canalisant la colère dans des journées symboliques, comme ce que nous avons connu lors du mouvement des retraites en 2009.

L’Etat français s’apprête lui-aussi à couper les budgets sociaux et intensifier les impôts pour une bonne partie de la population. Mais les socialistes sont assez adroits dans leur communication et chaque déclaration gouvernementale mérite d’y regarder à deux fois. Pour le nucléaire, Hollande promet l’arrêt de la centrale de Fessenheim en 2016 (d’ici là, le prix de l’électricité flambera et fournira un bon motif de prolongation...). Autre déclaration fumeuse, le ministre de l’Economie affirme que seuls les 10 % les plus riches de la population verront une augmentation de leurs impôts en 2013, sans signaler qu’une mesure prise par Fillon en 2011 gèle les seuils d’imposition, faisant basculer de très nombreux contribuables dans la tranche d’imposition supérieure (1 à 10 % d’augmentation) par simple ajustement des salaires sur l’inflation... Toutes ces feintes n’empêchent pas une dégringolade accélérée de la côte de Hollande-Ayrault dans les sondages. Et pour cause ! Le gouvernement est incapable de stopper les fermetures d’entreprise et l’augmentation du chômage.

Les réactions syndicales ne sont guère à la hauteur de la situation. A l’occasion, nous aurons droit à une journée nationale d’action pour la défense des travailleurs. Déjà très modérées face à un gouvernement de gauche, les centrales sont bien incapables de saisir l’occasion de cette crise économique et la mesure de l’impasse du productivisme pour proposer un autre type de production, intégrant une critique du soi-disant travail rentable – financièrement – et introduisant les notions d’utilité sociale et de choix de la production.

Dans les pays européens les plus touchés par la crise, cette remise en cause de l’économisme se développe lentement et diffuse, faute de solutions crédibles à moyen terme. Même si le discours citoyen et lénifiant tente d’intégrer ces analyses, leur charge subversive est bien réelle. Certain-e-s, pour échapper à un présent sans aucune perspective, se lancent dans des expérimentations concrètes de vie collective (comme en Grèce, en Espagne ou en France...), mais cela reste plutôt sur une base d’affinité et en dehors des centres urbains ; quand l’expérience se veut ouvertement politique, comme une critique en acte des conditions de vie actuelles et un exemple d’auto-organisation à suivre (le CREA à Toulouse peut être considéré ainsi), même si l’initiative s’avère rentable pour les finances publiques, le coût politique est insupportable pour l’Etat et son administration, qui ne peut accepter l’ autonomie d’une partie même infime de la population. Seul un mouvement assez massif semble capable de se maintenir et imposer sa problématique. La question de la structuration des luttes pour un élargissement indispensable se repose donc à brève échéance, pour qu’une critique du productivisme et une élaboration pratique aient quelques chances de fleurir.

Nantes le 29/09/12.


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