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La commission Journal de Février 2011 à Reims

mercredi 19 janvier 2011, par Administrateur OCL Web


Un week-end par mois, une Commission-Journal (CJ), est organisée dans une ville différente, pour préparer le numéro suivant de Courant alternatif. Peuvent y participer des sympathisant-e-s intéressé-e-s au même titre que les militant-e-s OCL de la ville en question et que des représentant-e-s des autres groupes de l’OCL. Chaque CJ a pour tâche de critiquer le numéro précédent de Courant alternatif, de discuter les articles proposés par des gens présents ou non ; d’en susciter d’autres en fonction des événements et des souhaits émis par les groupes ou des individu-e-s. Le collectif organisateur immédiatement après la CJ, rédige un compte rendu politique et technique le plus précis possible, puis, pendant les deux semaines à venir, assure le suivi de ce qui a été décidé pour le journal (liaisons, contacts, etc.) ; et c’est lui qui écrit l’édito en fonction de la discussion dans la CJ ou d’événements qui se produisent après.


L’ordre du jour :

Samedi 19
A partir de 16h : Débat
19h/19h30 : Apéro et bouffe
21 h : Critique du n° 207 de février.
Fin de la soirée : Début de la préparation du n° 209 d’avril

Dimanche 20
A partir de 9h : Fin de la préparation du numéro d’avril
12h : Apéro et bouffe

Débat du samedi après-midi
Totalitarism demacratica est...
Aujourd’hui il n’est pas besoin de multiplier les exemples pour voir combien l’étau répressif se resserre un peu plus sur nos existences publiques comme privées. De la présence systématique des forces de l’ordre dans les cortèges de nos manifestations à la tentative d’interdiction d’une conférence sur la Palestine, de la multiplication des procès contre de jeunes militants au flicage de l’espace public par la vidéo surveillance, notre ville n’échappe pas a un phénomène qui se développe partout ailleurs. La répression aux multiples facettes qui s’exerce aujourd’hui dans l’Hexagone ne doit pas être analysée comme une « dérive » par rapport à une situation antérieure « normale ». Cela fait plus de 30 ans que, de loi d’exception en loi d’exception, d’extension en extension de la législation répressive, les gouvernements qui se sont succédés ont accompagné, chacun à leurs manières, les offensives patronales pour « restructurer l’économie » (c’est-à-dire baisser le prix de la main-d’oeuvre) et empêcher le peuple d’y répondre par la révolte. De même, l’action policière actuelle est à dénoncer non comme une « dérive » ponctuelle, mais comme s’inscrivant dans une logique coercitive d’envergure. Il n’y a qu’à constater le quotidien de ceux qui vivent dans les quartiers, ceux dont la couleur de peau est différente de la norme ou ceux qui n’ont pas le luxe de posséder ce torche-cul qu’est la carte d’identité.

Il faut vraiment être le dernier des syndicalistes pour ne pas savoir que la police est une bande d’hommes armés au service des possédants et ce quelles que soient leurs orientations politiques.

Même si aujourd’hui la colère monte, toutes les luttes sociales se heurtent à une fin de non-recevoir brutale de la part de la classe dominante ; les conflits durs mais isolés se multiplient pourtant aucune victoire majeure ne se dessine, et nos maigres acquis se réduisent comme peaux de chagrin. Les expériences de ces derniers mois, ont montré que des mouvements sociaux pouvaient être puissants, mais ne pas parvenir pour autant à s’unifier en dépassant l’inertie des séries de journées d’action sans perspective.

Or dans le contexte de crise actuelle, la mise en place d’un ordre qui alimente sa politique sur la réaffirmation continuelle de son pouvoir, en mettant en scène des peurs, en les manipulant dans un sens voulu, en fabricant des boucs émissaires, en construisant des consensus contre des menaces imaginaires et des minorités déclarées nuisibles et sans cesse réinventées (asociaux violents, anarcho-autonomes, sans-papiers, jeunes des cités, Roms, “gens du voyage”, élèves turbulents et leurs familles, mendiants, pauvres…) est bien la preuve d’une stratégie politique et donc sociale, globale. L’objectif ? Toujours le même diviser, catégoriser et empêcher ainsi toute possibilité d’union des opprimés entre eux. Les raisons de la modification de la nature du pouvoir sont multiples. Mais de toute évidence, il y a un lien entre la fin de l’Etat-providence et les contre-réformes libérales. Son remplaçant, c’est l’Etat policier et punitif qui joue et rejoue le grand spectacle sécuritaire du maintien de l’ordre, de la sanction, de la coercition et de la menace afin d’obtenir une nouvelle forme, sinon d’adhésion, du moins de loyauté : l’obéissance par la peur dans un moment où il peut craindre aussi des rébellions sociales multiples. Dans cette affaire tout ceux qui sortiront des sentiers battus de la contestation raisonnable se verront voués aux gémonies de la répression.

Cette analyse nous la réalisons à partir de ce que nous sommes, des militants anarchistes révolutionnaires, la répression nous la connaissons depuis plus de 30 ans de participations aux luttes de nos régions. Il ne s’agit pas pour nous de passer pour des victimes innocentes mais de faire de cette répression, un moment de confrontation, un point de rencontre, bref une arme retournée contre celui qui l’emploie.

Aujourd’hui l’un de nos camarades de l’Egrégore, militant révolutionnaire et membre actif du comité de soutien aux inculpés de la manifestation anti-Fillon du 19 novembre 2009 va être jugé pour de soi disant outrages commis à l’encontre de policiers lors de manifestations publiques. L’enjeu, pour nous, est ici double : développer une solidarité concrète pour remporter une victoire certes locale mais significative contre la logique répressive et refuser la stratégie de la peur en signifiant que la tactique policière du harcèlement n’a pas de prise sur nous : la rue nous appartient ici, maintenant et pour toujours.

Car même armés de leurs matraques et de leurs flashballs les séides de l’Etat ne nous impressionnent pas, nous savons bien qu’il suffirait de peu de choses pour que la peur change de camp, les peuples du Maghreb aujourd’hui en luttes ne le démontrent que trop bien.

Car pour faire reculer l’offensive de l’Etat et inverser les rapports de force, nous avons besoin de luttes qui ouvrent des brèches, modifient les conditions du possible et permettent à nos refus de s’exprimer.

Face à l’Etat policier notre arme c’est la solidarité

Renseignements et informations : lechatnoir[at]club-internet[.]fr


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