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Reims : Procès de camarades

dimanche 7 novembre 2010

« AUJOURD’HUI DANS LA RUE... CE SOIR EN GARDE A VUE ? »

Il n’est pas besoin de multiplier les exemples pour prendre la mesure du climat sécuritaire qui règne actuellement dans cette société, une certaine critique de gauche y voit un opportunisme électoraliste ou la démonstration du caractère autoritaire de certaines personnalités du gouvernement (Sarkozy, Hortefeux, Besson). C’est là faire preuve d’ignorance ou de malhonnêteté, c’est en tout cas commettre une erreur fondamentale d’analyse.

Déjà par nature tout Etat est autoritaire, vu que la source de sa légitimité se trouve dans l’exercice même de son autorité. Mais selon les moments cette autorité ne prend pas les mêmes formes. Or dans le contexte de crise actuelle, la mise en place d’un ordre qui alimente sa politique sur la réaffirmation continuelle de son pouvoir, en mettant en scène des peurs, en les manipulant dans un sens voulu, en fabricant des boucs émissaires, en construisant des consensus contre des menaces imaginaires et des minorités déclarées nuisibles et sans cesse réinventées (asociaux violents, anarcho-autonomes, sans-papiers, jeunes des cités, Roms, “gens du voyage”, élèves turbulents et leurs familles, mendiants, pauvres…) est bien la preuve d’une stratégie politique et donc sociale globale. Les raisons de la modification de la nature du pouvoir sont multiples. Mais de toute évidence, il y a un lien entre la fin de l’Etat-providence et les contres réformes libérales dont celle des retraites, contre laquelle nous manifestons aujourd’hui, en est le parfait exemple. C’est donc bien à un Etat policier et punitif auquel nous avons affaire, qui sans cesse remet en scène l’action policière du maintien de l’ordre, de la sanction, de la coercition et de la menace afin d’obtenir une nouvelle forme, sinon d’adhésion, du moins de loyauté : l’obéissance par la peur dans un moment où il peut craindre aussi des rébellions sociales multiples. Dans cette affaire tout ceux qui sortiront des sentiers battus de la contestation raisonnable se verront voués aux gémonies de la répression.
Ces considérations peuvent apparaître bien théoriques et abstraites mais elles trouvent pourtant leurs applications concrètes dans notre chère petite ville et dans le mouvement d’opposition à la contre-réforme des retraites qui s’y déroule.

Ainsi, le 8 novembre aura lieu un procès dont les résultats dépassent largement le seul cas individuel. C’est un camarade de l’Egrégore, qui sera jugé pour de soi disant outrages commis à l’encontre de policiers lors de manifestations publiques. Les modes d’interpellation ne laissent que peu de doute quant à la nature de l’attaque, autant pour répondre à la B.A.C en signifiant que leurs méthodes de mafieux ne nous impressionnent pas, mais aussi pour répondre à l’enjeu du contrôle de l’espace public L’enjeu est ici double : développer une solidarité réelle et concrète pour remporter une victoire certes locale mais significative contre ce système et refuser la stratégie de la peur en signifiant que la tactique policière du harcèlement n’a pas de prise sur nous : la rue nous appartient ici, maintenant et pour toujours.
Car pour faire reculer l’offensive de l’Etat et de ses chiens de garde et inverser le rapport de force, nous avons besoin de luttes qui ouvrent des brèches, modifient les conditions du possible et permettent à nos refus de s’exprimer selon les termes que nous auront nous même définis

A inscrire aussi dans les tablettes le procès le 17 novembre d’un étudiant interpellé lors des manifs lycéennes et qui subit depuis lors un contrôle judiciaire sévère : il doit pointer 3 fois par semaine au commissariat et il est interdit de manifestations jusqu’à son procès. Son tort : avoir eu dans son sac un lance-pierre, une bouteille de pétrole (et non de l’essence), des bouts de chiffon et un briquet. Quoi de plus normal pour quelqu’un qui pratique les arts de la jongle… Il a refusé la comparution immédiate...

Face à l’Etat policier notre arme c’est la solidarité.


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