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Sur la situation en grèce

La réalité a déjà dépassé les prévisions et les projets des organisations

traduit de l’espagnol.

mardi 16 décembre 2008, par OCL St Nazaire

La rébellion a été allumée partout en Grèce. Même dans les petites villes ... Toute personne qui affirme que quiconque "dirige" ce mouvement est un menteur.

1. Est-ce que des manifestations de protestation ont eu lieu en dehors d’Athènes, ?

Les émeutes ont éclaté partout en Grèce. Même dans les petites villes, dans tous les départements du pays, il ya eu des manifestations, mais il suffit de voir les émeutes contre la police. Je cite Thessalonique, les 3 grandes villes de Crète (Héraklion, La Canée, Rézymno), Yannena, Agrinio, Patras et de Komotini (deux villes où ont eu lieu des opérations conjointes entre la police et les groupes néo-nazis), Larissa (où un garçon de 14 ans fut inculpé en vertu de la loi antiterroriste), Trikala, Kerkyra, Lesbos, et ainsi de suite.

2. Où eurent lieu les plus grandes mobilisations ?

À Athènes, il y eu de nombreuses "Manis" appelées tous les jours par divers groupes, ou même par Internet ou par SMS. Les élèves du secondaire se rassemblent tous les jours dans toute la ville autour des postes de police. Au coeur de la ville trois universités (Ecole Polytechnique École d’économie et de l’École de droit)sont occupés par des militants et on peut dire que ces trois lieux forment la réelle coordination du mouvement à laquelle se réfèrent les adultes. En ce qui concerne les étudiants en milieu scolaire, on constate des formes inédites d’organisation, horizontales et de grande ampleur. Actuellement, il ya environ 800 instituts occupées en Grèce.

3. Peut-on parler de soulèvement populaire ou est-ce exagéré ?

Non seulement on peut parler d’un soulèvement populaire, mais il s’agit de la plus grande rébellion en Grèce depuis au moins fin 1965, probablement l’une des plus grandes révoltes dans le monde occidental depuis Mai 68 à Paris. Il convient de noter que ce n’est pas une rébellion de « militants », bien que le mouvement de la gauche, extrême gauche et en particulier les anarchistes sont très forts dans le pays. Ce n’est même pas un mouvement de marginalisés (comme à Los Angeles en 1992 et Paris en 2005), ni une révolte de la "jeunesse". Des Personnes de tous âges et de différentes couches sociales sont sortis dans la rue, face à la police. Au point que le "black bloc" (très fort en Grèce), semble être une force modérée dans la rue. Il s’agit de la colère sociale accumulée depuis de nombreuses années, malgré 34 ans de République en Grèce, qui s’est exprimée dans la rue.

4. Quel est le rôle joué par les étudiants à l’origine de la protestation ?

Il est difficile de distinguer les différents groupes sociaux. Les lycéens de 14-16 ans sont peut-être les plus visibles. Ils sont chaque jour sur la rue, font 2 ou 3 manifestations et attaquent tous les jours plusieurs postes de police. Parfois, nous allons les accompagner par peur de laisser des enfants en face d’hommes armés. C’est une nouvelle politisation qui parfois ne partage pas les mêmes craintes que nous au sujet de la violence populaire. Ce que nous appelons en Grèce "l’ignorance du danger." Les étudiants, quant à eux, entendent rejoindre cette rebellion avec leurs spécificités et seront peut être le prochain « phares » du mouvement.

5. - Les jeunes sont au cœur de la contestation ? Quel est le poids des diverses composantes de la lutte -------(anarchistes, communistes, etc) ?

Toute personne qui affirme que ce mouvement est "dirigé" est un menteur. Même si elle a été allumée par des anarchistes à Athènes, cette rébellion a été suivie spontanément par toutes les identités politiques. Les idées et les collectifs anticapitalistes ont été renforcés ces jours-ci. Nous pourrions distinguer les trois universités occupées d’Athènes, en disant que la Polytechnique est dans les mains des anarchistes "puristes" (ce qui ne signifie plus grand chose maintenant), l’École d’économie est un lieu où l’anarchisme-lutte des classes est très présent (les comités de travailleurs y ont été très présents pour aller dans les lieux de travail et discuter avec les travailleurs) et la Faculté de droit réunit la plus grande partie de l’extrême gauche. Reste à ajouter que pour ce qui est de la gauche parlementaire, le Parti communiste (stalinien toujours) dénonce la rebellion des « provocateurs », tandis que la partie "Synaspismos" (Gauche européenne), participe à la manifestation, sans être partie prenante d’aucune structure dans le mouvement.

6 - Comment tu évalue la suite de la récente grève générale ?

La seule centrale du pays, la GSEE*, est historiquement coupable pour son absence dans ce mouvement. Cette absence de la plus grande rébellion de ces 50 dernières années indique la débâcle et l’échec du syndicalisme et de l’État bureaucratique. La grève du 10 Décembre a été proclamé avant l’assassinat du camarade Alexandros, pour réclamer des mesures contre la crise. Ensuite, la GSEE a dû décider (après une demande du Premier ministre) d’annuler la manifestation et de ne pas participer au meeting ! Ce comportement va à l’encontre des intérêts populaires et ouvriers, c’est un pas en avant sur la voie de la collaboration de classe, contre la lutte des classes. Nous dénonçons cette politique de trahison de la GSEE et réitéront le besoin urgent d’une nouvelle confédération syndicale en Grèce. Je voudrais ajouter que, malgré la GSEE, des dizaines de milliers de personnes ont marché à Athènes et ailleurs, grâce aux liens entre collectifs ouvriers, entre syndicats de certaines professions. La participation à la grève a également été très grande, étant donné qu’une grande partie du processus de production avait déjà été réduite dans le pays.

7 - Quel est le rôle joué par les médias grecs ? Au niveau international, les médias parlent de « hooliganisme »

Les médias ont une fonction de "voile noir". De nombreuses publications ont mentis sur le "vandalisme" qui n’a jamais existé (bibliothèque nationale "brûlée" académie détruite, pourquoi pas demain la "démolition" du Parthénon) ou la propagation "des rumeurs qu’il y ait un passager tué par une pierre ». Le lendemain, ils disent "Hum, oui, ce n’est jamais arrivé ... Il arrive que… vous voyez… dans le désarroi de la nuit dernière… nous avons eu de telles informations." La réalité est (personnellement je peux vous assurer étant journaliste professionnel), que ces "informations" viennent de la police tous les jours sans que les medias se livrent à la moindre vérification.. D’autres fois, les médias parlent d’une « arrivée secrete d’anarchiste de France, d’Espagne et d’Italie déjà en route pour aider les anarchistes grec (sic) ». Mais qu’attendre d’autre de médias officiels dont les propriétaires sont les tenants de cette politique économique capitaliste qui a motivé cette rébellion ? Ajouter que les attaques de la police au cours de ces journées (tir en l’air, la torture, etc.)ne sont pas évoquées

8 Est-ce un comportement habituel de la police grecque ? (Il est dit en Espagne qu’elle est très permissive)

Permissives ? Le commissaire du Conseil de l’Europe T. Hamarberg (je suppose que ce n’est pas un anarchiste ...) a dénoncé la violence excessive et permanente de la police grecque, dans la mesure où elle jouit de l’impunité devant les tribunaux. Enfin, il a été proposé le désarmement de la police grecque pour des raisons de sécurité. Depuis l’assassinat du camarade Alexandros (Dec. 6 au soir), il y a eu 400 tirs "en aveugle" qui ont fait chaque jour des dizaines de manifestants blessés par la police. Je ne peux pas imaginer ce qu’ils auraient fait si elle n’était pas "permissive" ...

9 -Que peut-on penser de l’assassinat de ce jeune homme de 15 ans ? Est-ce le début d’une augmentation de la répression ?

Le compagnon Alexandros n’est pas la première victime de violence policière en Grèce. Depuis la transition politique (1974), nous avons environ 100 tués par la police. Des militants, des immigrants, des Tziganes, des jeunes, des handicapés, y compris un enfant ! Il y a trois ans, la police a pris d’assaut le quartier Exarheia qui a une longue histoire militante. Mais nous ne devons pas oublier que la répression étatique est de plus en plus liée à répression économique, à la pauvreté, aux licenciements. Dans une Europe qui exige 70 heures de travail par semaine pour les travailleurs, la répression est le seul "argument" des employeurs et des états. Par conséquent, nous sommes dans une période de grande répression dans le monde entier.

10 - Le syndicat que tu représente demande la démission du gouvernement grec ?

Tout d’abord, il faut dire que le syndicat SEA Athènes ne dispose pas de structures d’initiatives en dehors de ce qui se passe sur le terrain. Nous avons suspendu toute la « vie organique » de l’organisation. Nous ne sommes pas un parti qui va s’organiser séparément de la révolte. Nous sommes un morceau de la révolte, notre vie est l’activisme dans les professions et les colelctifs. Nos revendications sont celles des assemblées. Quant à votre question, ESE ne croit pas en général qu’un changement de gouvernement peut changer notre vie. Nous avons besoin d’un changement de système économique. L’assemblée de l’école économique occupée a demandé le désarmement de la police et la suppression des forces spéciales. Après tout, si le gouvernement tombe, ce sera parce que la révolte aura montrer que les gens ont la possibilité de pouvoir gagner.

11-Comment le mouvement anarchiste agis-t-il dans les divers lieux et dans les luttes et les protestations ?

Les anarchistes étaient les premiers qui ont déclenché la révolte, la nuit du meurtre d’Alexandre. Ils ont participé à toutes les actions dans la rue et appuyés la colère et la violence des gens envers les banques, les multinationales et de la police et non pas contre de petits magasins ou des voitures. Nous ne devons pas oublier que la police secrète a fait des efforts pour transformer les troubles en une "violence aveugle". Mais ils n’ont pas été couronnés de succès.

D’autre part, il y a des anarchistes actifs dans toutes les professions. Personnellement, je fais partie d’un noyau qui pousse les travailleurs à s’engager ouvertement dans les occupations comme c’est le cas, visible, dans l’occupation de la Escuelade Economics.

12 - Comment la Grèce est-elle affectée par la crise économique ?

Avant même la crise, la situation en Grèce a été très difficile même si, à partir de 1996, les politiciens parlaient de "puissance Grèque", se référant au centre des affaires dans les Balkans, aux Jeux Olympiques. Le salaire minimum ne dépasse pas 650 euros, alors qu’il y a une grande insécurité, en particulier parmi les jeunes. La plupart des gens et les familles ont des dettes importantes en raison de l’effondrement des banques dans l’économie grecque. Après le Crack, les patrons ont commencé "à réduire les coûts", ce qui a accru l’incertitude, mais aussi la colère de la population.

13 - Pensez-vous que ces faits sont aussi liés à la crise capitaliste ?

Comme je l’ai dit, oui. La crise a accru l’angoisse et la colère de la population. Elle renforce également le sentiment que nous ne pouvons pas compter sur les maîtres de ce monde et que notre émancipation doit venir de nous-mêmes.

14 - Qu’est-ce que vous attendez de ces manifestations ?

Les mobilisations donnent toujours des résultats inattendus. La réalité a déjà dépassé les prévisions et les projets des organisations et de militants. Mais d’autre part, le mouvement ne parvient pas, à ce jour, à des revendications spécifiques. Personnellement, ce que j’espère c’est qu’il sortira de cela un nouveau mouvement avec des structures de travailleurs, syndicales, sociales et populaires plus organisées et plus axées sur la lutte. Mais, compte tenu de ce qui se passe en Grèce, j’espère aussi que la réalité continuera à dépasser nos attentes. Nous avons vécu ici et nous pouvons le faire de nouveau. Ne pas oublier qu’il y a une intelligence qui est au-delà de l’intelligence de tous les génies. C’est l’intelligence collective du monde, c’est l’intelligence des personnes qui sortent dans la rue pour restaurer la vie.

* confédération générale des travailleurs de Grèce

7 Messages de forum

  • Des nouvelles des amis grecs.

    16 décembre 2008 22:21

    Aujourd’hui mardi, des lycéens ont envahi la télé nationale grecque et sont passés à la télé avec une banderole "Arrêtez de regarder la télé - Tout le monde dans les rues !", ceci en plein discours en direct du groc porc de premier ministre : http://www.youtube.com/watch?v=xeWK...

    Hier lundi, les émeutiers ont raffiné leurs techniques d’attaque : http://www.youtube.com/watch?v=oZgT...

    Chronologie du soutien mondial : http://www.non-fides.fr/spip.php?ar...

    Pour savoir DE L’INTERIEUR ce qu’il se passe en Grèce : =>http://emeutes.wordpress.com/

    => A DUPLIQUER SUR VOS SITES ET A FAIRE TOURNER !!! :

    Alignés au mur, fils de pute ! Nous sommes arrivés pour prendre ce qui nous appartient…

    En ces jours de rage, le spectacle comme une relation de puissance, une relation qui imprime son souvenir sur les objets et les corps, est confronté à un diffus contre-pouvoir qui déterritorialise le vécu, lui permettant de s’éloigner de la tyrannie de l’image pour s’aventurer dans le domaine des sens. Les sens ont toujours été perçus comme antagonistes (ils réagissent toujours contre quelque chose), mais dans les conditions actuelles, ils se dirigent vers une polarisation de plus en plus aiguë et radicale.

    Des caricatures soi-disant pacifiques des médias bourgeois ( “la violence est toujours inacceptable, partout dans le monde”), nous ne pouvons que nous gausser : leur loi, leur loi d’esprit obéissant et consentant, de dialogue et d’harmonie ne sont rien d’autre qu’un bestial plaisir bien calculé : un carnage garanti. Le régime démocratique sous son verni pacifique ne tue pas un Alex chaque jour, précisément parce qu’il tue des milliers de Ahmets, Fatimas, JorJes, Jin Tiaos et Benajirs : parce qu’il assassine systématiquement, structurellement et sans remords l’ensemble du tiers monde, qui est le prolétariat mondial. C’est de cette façon, à cause de ce quotidien massacre à froid, qu’est née l’idée de liberté : la liberté non pas comme un prétendu bienfait humain, ni comme un droit naturel pour tous, mais comme le cri de guerre des damnés, comme le principe de la guerre.

    La classe bourgeoise et son histoire officielle nous lavent le cerveau avec la légende d’un progrès graduel et stable de l’humanité au sein duquel la violence n’est qu’une désolante exception découlant d’un sous-développement économique, culturel et émotionnel. Pourtant, nous tous qui avons été écrasés entre les pupitres d’école, derrière les bureaux, les usines, ne savons que trop bien que l’histoire n’est rien d’autre qu’une succession d’actes bestiaux reposant sur un système de règles mortifères. Les gardiens de la normalité déplorent que la loi ait été violée par la balle du revolver de Korkoneas le Porc (le flic tueur). Mais qui ne sait pas que la vigueur de la loi est simplement la force de la puissance ? Que c’est la loi elle-même qui permet le recours à la violence contre la violence ? La loi est vide de bout en bout, elle n’a aucun sens, ni aucun autre but que celui de déguiser la force du pouvoir.

    Dans le même temps, la dialectique de la gauche tente de codifier le conflit, la bataille et la guerre, avec la logique de la synthèse des contraires. De cette manière, il construit un ordre, un état pacifié au sein duquel tout a sa propre petite place. Pourtant, le destin du conflit n’est pas la synthèse - comme le destin de la guerre n’est pas la paix. L’insurrection sociale contient la condensation et l’explosion de milliers de négations, pourtant elle ne contient en aucune de ses sous-parties, ni en aucun de ses moments, sa propre négation, sa propre fin. C’est toujours avec une certitude lourde et sombre qu’arrivent les institutions de médiation et de normalisation, de la gauche promettant le droit de vote dès 16 ans, le désarmement mais le maintien des porcs, l’État-providence, etc. En d’autres termes, en voilà qui souhaitent tirer un gain politique de nos blessures. La douceur de leur compromis suinte le sang.

    Ceux qui sont contre la violence sociale ne peuvent pas être tenus pour responsables de ce qu’ils n’assument pas : ils sont destructeurs de bout en bout. Si les luttes contemporaines ont quelque chose à nous apprendre, ce n’est pas leur triste consensus sur un objet (la classe, le parti, le groupe), mais leur processus systématiquement anti-dialectique : pour eux, l’acte de destruction ne contient pas nécessairement une partie créative. En d’autres termes, la destruction de l’ancien monde et la création d’un nouveau monde sont pour eux deux processus discrets mais continus. Pour nous, la question est plutôt quelles méthodes de destruction de l’existant peuvent être développées en différents lieux et moments de l’insurrection ?

    Quelles méthodes peuvent non seulement maintenir le niveau et l’ampleur de l’insurrection, mais contribuer à son amélioration qualitative ? Les attaques de commissariats, les affrontements et les barrages routiers, les barricades et les batailles de rue, sont maintenant un phénomène social quotidien dans les villes et au-delà. Et ils ont contribué à une déréglementation partielle du cycle de production et de consommation. Et pourtant, ils ne sont qu’une attaque partielle de l’ennemi ; il est évident que nous restons piégés dans une seule et unique dimension de l’attaque contre les relations sociales dominantes. Car le processus de production et de circulation des marchandises en lui-même, autrement dit le capital comme relation, n’est qu’indirectement touché par les mobilisations. Un spectre plane sur la ville embrasée : celui de la grève générale sauvage à durée indéterminée.

    La crise capitaliste mondiale a ôté aux patrons leur réponse la plus énergique et la plus mensongère à l’insurrection : « Nous vous offrons tout et pour toujours, alors que tout ce qu’eux peuvent vous offrir n’est qu’un présent incertain”. Avec ses entreprises qui s’effondrent les unes après les autres, le capitalisme et son Etat ne sont plus en mesure d’offrir quoi que ce soit d’autre qu’un lendemain pire de jour en jour, une situation financière asphyxiante, des licenciements, la suspension des pensions de retraite, des coupes dans les budgets sociaux, la fin de la gratuité de l’enseignement. Au contraire, en seulement sept jours, les insurgés ont prouvé par la pratique ce qu’ils peuvent faire : transformer la ville en un champ de bataille, créer des enclaves de communes dans l’ensemble du tissu urbain, abandonner l’individualité et sa sécurité pathétique, rechercher la formation de leur force collective et la destruction totale de ce système meurtrier.

    À ce moment historique de la crise, moment de rage et de rejet des institutions auquel nous sommes finalement parvenus, la seule chose qui peut transformer le système de déréglementation en une révolution sociale est le rejet total du travail. Quand les combats se dérouleront dans des rues assombries par la grève de la compagnie d’électricité, lorsque les affrontements auront lieu au milieu de tonnes de déchets non collectés, lorsque les tramways seront abandonnés au milieu des rues, bloquant les flics, lorsque l’enseignant en grève allumera le cocktail molotov de son élève révolté, nous serons enfin en mesure de dire : Camarade, “les jours de cette société sont comptés ; ses raisons et ses mérites ont été pesés, et trouvés légers”. Aujourd’hui, cela n’est plus un simple fantasme, mais une possibilité réelle dans la main de chacun : la possibilité d’agir concrètement sur le concret. La possibilité d’apercevoir les cieux.

    Si tout cela, à savoir l’extension du conflit dans la sphère de la production-distribution, avec ses sabotages et ses grèves sauvages, semble prématuré, ce ne serait que parce que nous n’avons pas réalisé à quelle vitesse le pouvoir se décompose, à quelle vitesse les méthodes de confrontation et les formes de contre-povoir se diffusent socialement : des lycéens qui caillassent les commissariats aux employés municipaux et aux voisins qui occupent les mairies. La révolution ne se fait pas par la croyance et la foi en des conditions historiques à venir. Elle se fait en saisissant n’importe quelle occasion d’insurrection dans chaque aspect de la vie sociale, en transformant notre animosité envers les flics en une grève définitive aux pieds de ce système.

    Dehors les porcs ! 14 décembre 2008 - Initiative du Comité d’Occupation de l’Ecole Athénienne d’Economie et d’Affaires

    http://emeutes.wordpress.com/

    Voir en ligne : Des nouvelles des amis grecs.

  • ACTIONS DE SOLIDARITE EN FRANCE

    22 décembre 2008 16:12
    ACTIONS DE SOLIDARITE EN FRANCE Dès aujourd’hui, distribuons des tracts (par exemple des textes issus de http://emeutes.wordpress.com/) et collons des affiches. Dès aujourd’hui, taggons PARTOUT : “SOUTIEN AUX EMEUTIERS GRECS”. Montrons que NOUS, nous n’oublions pas nos frères grecs.
  • Comme c’est bizarre ! Il y a le même texte sur le site de la CNT, mais pas complet. Tout ce qui pourrait gêner ne s’y trouve plus, en particulier le fait que l’ESE a suspendu ses activités pour se fondre dans le mouvement. Camille

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