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BIG BROTHER 158

avril 2006

lundi 10 avril 2006, par OCLibertaire

délation - Base élève - flics référents dans les collèges - travailleurs sociaux contre le contrôle social

« La guerre c’est la paix, la liberté c’est l’esclavage, l’ignorance c’est la force » « 1984 » G. Orwell

L’appel à la délation à tous les étages de l’Etat

Sarkozy a promis dans une circulaire de ne pas reconduire à la frontière les familles sans autorisation de séjour en France dont les enfants seraient scolarisés afin que ceux-ci puissent finir leur année scolaire. Disons-le tout de suite, le pouvoir n’en a rien à foutre de la scolarité de ces enfants. En effet cette circulaire a été faite pour essayer d’endiguer les mobilisations locales qui avaient et ont encore tendance à se développer sous l’égide, bien souvent, du Réseau Education Sans Frontière. Cela n’a pas empêché l’Etat français d’expulser un certain nombre de familles isolées, de familles ayant des enfants « seulement » en maternelle …. Sarkozy et ses préfectures ne s’en cachent pas : Les familles ayant pu bénéficier de cette « tolérance » seront reconduites à la frontière cet été. Pour des raisons d’efficacité, les services de l’Etat se livrent à un recensement et à une localisation de ces « cas » en espérant utiliser la délation de certains chefs d’établissements scolaires, de maires de communes rurales… C’est ainsi que le chef de la division de la scolarité de l’Inspection Académique de l’Oise (60) à écrit à mesdames et messieurs les proviseurs de lycées et lycées professionnels de ce département : « Lors du prochain comité d’administration régionale sera abordée la question des élèves de nationalité étrangère sous menace de reconduite à la frontière. Un bilan doit être transmis à cette fin à Madame le Recteur pour le vendredi 20 janvier. A la demande de Monsieur l’inspecteur d’Académie, il serait souhaitable de disposer d’un bilan départemental sur la question. Vous serait-il possible de m’indiquer (par courrier électronique) : 1/ Le nombre d’élèves mineurs susceptibles, de part la situation de la famille, de faire l’objet d’une telle mesure et scolarisés dans votre établissement (et dont vous auriez connaissance bien entendu). 2/ Pour les élèves majeurs sous la menace d’une reconduite à la frontière, leurs noms, nationalités et résultats scolaires » . Des associations dont « Solidarité Migrants de l’Oise » ont popularisé cette prose. Les réactions se sont multipliées et le syndicat majoritaire des chefs d’établissement (le SNPDEN) a appelé à ne communiquer aucune information. Pris la main dans le sac, Mme la Rectrice a déclaré avoir, elle aussi, des motivations humanitaires… Ce qui est naturellement archi-faux étant donné que le « comité d’administration régionale » dont il est question dans cette lettre n’est autre qu’une instance territoriale qui réunit, sous la présidence du Préfet, les différents services de l’Etat dont l’Education Nationale. Cette liste est donc bien destinée au Préfet. Dans le même registre, sur papier à entête du Ministère de la défense, un gendarme, officier de police judiciaire de la Région de Gendarmerie Rhône Alpes Groupement de l’Isère, a envoyé, le 8 mars, une lettre à plusieurs maires de communes rurales de l’Isère : « Dans le cadre de la lutte contre les étrangers en situations irrégulières, je vous prie de bien vouloir nous faire parvenir par courrier ou fax une liste détaillée des étrangers résidents sur votre commune. Dans cette optique nous souhaiterions être destinataire du cadre administration de leur séjour (carte de résident, etc.…), ainsi que des validités de ces dernières. Enfin, nous sommes à l’écoute de toute information utile quant à la présence supposée de recours au travail clandestin sur divers chantier en cours sur votre commune. Par avance merci de votre collaboration* dans ce domaine. ». *Ce gendarme a su trouver le mot qu’il fallait ! Cette information a été rendue public par des élus de ce département. Elle fait grand bruit, à tel point que le colonel, commandant du groupement de gendarmerie de l’Isère, a réagi en indiquant que le gendarme responsable de ce « dérapage » aura une sanction administrative. Son second, un lieutenant-colonel, a indiqué à la presse « que les gendarmes n’ont aucune mission particulière pour cibler la totalité des étrangers, les bons comme les mauvais » !!! Cela en dit long sur la formation interne reçue par ces militaires.

Base élèves : Alerte !

« Base élèves » est un système de saisie et de gestion informatique par Internet de tous les élèves des écoles maternelles et élémentaires. Ce système (voir précédents C.A.) est en cours d’expérimentation dans au moins une vingtaine de départements « pilotes ». Il devrait être généralisé à la rentrée prochaine. Cette base prévoit que toutes les données (familiales, sociales, scolaires, origines géographiques, etc.) concernant les élèves soient transférées par les directeurs d’école à l’administration de l’Education Nationale au niveau départemental puis académique pour terminer au fichier national via internet. Dans les départements où elle est en cours d’expérimentation, l’administration a déjà été interpellée. Elle a cherché à mettre en avant « l’aide » que ce système peut apporter aux directeurs d’école submergés par des tâches administratives. En fait, la mise en place de cette base sera surtout un outil permettant à l’administration de gérer au plus près les effectifs (carte scolaire), pour mettre en œuvre la Loi Organique relative aux Lois des Finances (LOLF) et répondre aux objectifs affichés par cette loi du passage « d’une culture de moyens à une culture de résultats ». En février 2005 s’est tenue une réunion du « comité de pilotage système d’information premier degré » au ministère de l’éducation nationale. On y a appris que l’architecture globale du système d’informations se ferait en 3 pôles : 1 Base élèves, 2 Base écoles, 3 Base personnel. On peut se demander à qui et à quoi la centralisation nationale de toutes ces données pourra-t-elle servir ? De quelles estimations les administrations peuvent-elles avoir besoin ? Statistiques sur les évaluations ? Les enfants en difficultés ? Des données sur l’immigration ? Sur plusieurs départements « expérimentaux » des directeurs d’école ont refusé de participer à la formation à ce système. A noter qu’actuellement beaucoup de directeurs d’écoles sont en grève administrative et ne sont donc pas obligés d’envoyer les renseignements à l’Inspection Académique. Des syndicats SUD-Education (dont celui du Gers) demandent à tous les directeurs de rentrer à minima les données sur Base élèves.

Les flics référents dans les collèges passent mal !

Lors d’une conférence de presse à Courbevoie le 3 février, Sarkozy avait expliqué qu’il installerait des policiers référents « en uniforme » uniquement dans les établissements scolaires qui en feraient « clairement » la demande. Le 24 février, il signait avec le préfet et l’inspecteur d’Académie des Hauts de Seine (92) un « protocole départemental expérimental visant à renforcer la sécurité ». Il a alors annoncé que 12 collèges avaient été sélectionnés dans ce département. L’expérimentation doit durer 6 mois et à vocation à s’étendre à l’ensemble du département. Les chefs d’établissement concernés n’ont rien demandé et ont été mis devant le fait accompli. En fait, le sinistre de l’Intérieur a raisonné en circonscription de police où les effectifs permettaient de dégager des hommes. Trois circonscriptions ont ainsi été retenues… où sont implantés ces 12 collèges. Les flics sont arrivés le 6 mars dans ces 12 collèges. Au 15 mars, 5 collèges sur 12 ont manifesté leur opposition nette à cette mesure. Les deux premiers collèges à réagir furent ceux de Clichy avec vote d’une motion au conseil d’administration. 150 personnes, parents d’élèves et enseignants, ont manifesté le jeudi 16 mars à Clichy à l’appel de la FCPE contre la présence policière dans les deux collèges de la ville. A suivre !

Des travailleurs sociaux continuent de se dresser contre le « contrôle social »

Plusieurs milliers de travailleurs sociaux et de médecins ont manifesté le 22 mars à Paris, Montpellier, La Roche/Yon, … pour dénoncer la volonté du gouvernement de développer, sous couvert de son plan de prévention de la délinquance, un contrôle social de toute la population en difficulté sociale et économique. Rappelons qu’un puzzle sécuritaire est en train de se mettre en place à travers différents textes législatifs. Le dernier texte voté, « l’égalité des chances », contient la création d’un contrat de responsabilité parentale et d’autres projets devraient être prochainement présentés au Conseil des Sinistres. Ces manifestions ont eu lieu en plein mouvement contre la précarité. Des échanges ont eu lieu permettant à chacun et à chacune d’élargir son champ de revendications.


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