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Courant alternatif 244 est sorti

Edito et sommaire

jeudi 6 novembre 2014, par admi2


sommaire

édito - page 3

mondialisation

page 4 - Luttes dans l’espace européen et luttes contre l’UE

page 8 - TAFTA et CETA les deux frères jumeaux

gestion de l’espace

page 11 - La réforme territoriale

page 13 - NDDL : un mistigro pour le pouvoir

social

page 14 - Menace sur le planning dans les Bouches-du-Rhône

répression

page 16 - Nous sommes tous des présumés terroristes

big brother page 18, 19

luttes de libération nationale

page 20 - Corse : bilan de la lutte armée

luttes sur le logement

pages 24 - Expulsions massives de squats à Cayenne

international

page 25 - BDS Soule, un comité local internationaliste

pages 26 - Ebola, l’épidémie de la misère capitaliste

pages 28 - L’exploitation de l’or au Burkina Faso

pages 30 - Kurdistan : leur combat est le nôtre


EDITO

La violence d’Etat a encore frappé, ne laissons pas faire !

Les 25 et 26 octobre avait lieu dans le Tarn un rassemblement contre le barrage-réservoir d’eau de Sivens. Entre 5 000 et 7 000 personnes étaient au rendez-vous, en dépit de la répression sévissant depuis des mois maintenant contre la ZAD du Testet (voir notamment les précédents numéros de CA). Ses occupant-e-s ont été, on le sait, abondamment molestés, interpellés, gazés et leurs habitats détruits ; la zone humide a été dévastée (arbres coupés, sol arasé). L’agriculture industrielle, privatisée par de grands groupes financiers, destructrice de la petite paysannerie et des équilibres écologiques, impose sa loi sous la protection de la police et avec la bénédiction de l’Etat.

La conclusion du rapport rendu par la mission d’expertise qu’avait décidée, le 8 septembre, la ministre de l’Environnement Ségolène Royal sur le projet de barrage de Sivens en constitue une nouvelle preuve. Les résultats de cette expertise sont accablants (« estimation des besoins établie sur des données anciennes » ; « surestimation des besoins de substitution de l’ordre de 35 % » ; « contenu de l’étude d’impact (…) très moyen » ; « problème de compatibilité entre le projet (…) et les règles applicables en matière d’aides publiques ») – mais la mission estime néanmoins que, vu l’avancée des travaux, il n’est plus possible d’arrêter le chantier : il faut le poursuivre, quitte à affecter le barrage à d’autres usages et selon une autre gestion !

Samedi 25, en fin d’après-midi puis dans la nuit, des affrontements ont eu lieu entre des dizaines d’opposant-e-s au projet du Testet et les forces de l’ordre. Flash-balls, grenades assourdissantes et de désencerclement ainsi que gaz lacrymogènes ont été de sortie, une fois de plus. Au cours de la nuit, un manifestant, Rémi Fraisse, a trouvé la mort. Il s’est écroulé à la suite de tirs de grenade, et les gendarmes mobiles sont aussitôt venus chercher son corps pour l’évacuer.
Depuis, la préfecture n’a fourni aucune explication sur cette mort, sous prétexte qu’elle attend le résultat de l’autopsie… dont la publication ne cesse d’être repoussée, car on y découvrira sans doute qu’une certaine grenade policière en est la cause. Conscient du problème que va lui poser cette mort, le gouvernement n’a d’abord fait que stigmatiser la « violence » des manifestant-e-s, en taisant bien sûr celle de ses troupes dépêchées sur les lieux ; puis Hollande a sorti les violons pour déplorer « le drame que constitue dans n’importe quelle circonstance la mort d’un jeune homme ».

De tels leurres ne peuvent convaincre personne : pourquoi les gendarmes se sont-ils précipités pour venir chercher le corps de Rémi, sinon parce qu’ils savaient l’avoir atteint ? Pourquoi ce silence des pouvoirs publics sur la cause de son « mystérieux » décès ensuite – et ce vaste floutage médiatique, la presse évitant de s’appesantir sur les circonstances dans lesquelles il est intervenu, et la seule information donnée à ce jour étant qu’il résulterait d’une « explosion » ? Les traces de sang découvertes à l’endroit où Rémi est tombé ont en tout cas écarté a priori l’hypothèse d’une crise cardiaque.

Partout en France, depuis dimanche 26, des milliers de personnes ont participé à des rassemblements en soutien à la ZAD du Testet, à la mémoire de Rémi, et en solidarité avec toutes les personnes victimes des violences policières ici comme ailleurs. A ces diverses occasions, on a pu remarquer que (hormis dans le Tarn, à Gaillac dimanche et à Albi lundi, où ça a gazé une nouvelle fois) les flics s’étaient faits très discrets – comme s’ils avaient pour consigne de ne pas en rajouter…

La démocratie représentative, qu’elle soit dirigée par un gouvernement de droite ou de gauche, ne recule jamais devant l’emploi de la violence quand elle ne parvient pas à maintenir son ordre par le consensus, notamment dans la consommation ; et, depuis des décennies, elle a donné à ses troupes tous les moyens de réprimer, grâce à des dizaines de lois sécuritaires. Le nombre des blessé-e-s grièvement atteints par des tirs de flash-ball ou de grenade n’a cessé d’augmenter ces dernières années. Lors de la seule manifestation du 22 février, à Nantes, contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, trois personnes visées à la tête par des flash-balls ont ainsi perdu un œil.

Il y a fort à parier que, sur le plan de la politique politicienne, le gouvernement « socialiste » va avoir quelques problèmes de communication avec « la gauche de la gauche » et les écologistes dans les jours à venir. Déjà parce que le Front de Gauche, le Mouvement pour la VIe République et la Confédération paysanne soutiennent les opposant-e-s au Testet : Mélenchon et Bové y sont venus le 25. Et, quelques jours avant eux, c’étaient les député-e-s écologistes Duflot et Mamère… De plus, des personnalités telles que Bové ou Mamère ont soutenu les trois membres du Collectif pour la sauvegarde de la zone humide du Testet qui étaient en grève de la faim, depuis une cinquantaine de jours, afin d’obtenir que soit très vite rendu public le rapport des experts demandé par Royal. Enfin, les parents de Rémi portant plainte pour homicide volontaire contre personne dépositaire de l’autorité publique, les Verts devraient leur apporter un appui puisque le père de Rémi est un de leurs élu-e-s (à Plaisance-du-Touch, en Haute-Garonne).

Mais c’est surtout dans la rue qu’il faut poser un gros problème à ce gouvernement, parce que c’est toujours sur le terrain, en créant un rapport de forces, que l’on peut faire reculer quelque pouvoir que ce soit – la lutte menée à Notre-Dame-des-Landes, entre autres, l’a prouvé. C’est en développant la résistance et la solidarité face à la répression, mais aussi contre toutes les logiques de contrôle et de profit. Alors, partout, résistance et solidarité !

OCL-Poitou, le 28 octobre


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