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La fièvre remonte en Grèce

mardi 17 mars 2009

Les événement de la semaine dernière se situent dans un climat politique particulièrement tendu avec la multiplication des actions menées par le mouvement sur le terrain de la solidarité avec les emprisonnés, de l’anti racisme et du soutien aux immigrés, de la solidarité avec K Kuneva et de l’environnement.

Le jeudi 12 mars un rassemblement s’est déroulé devant la préfecture pour réclamer que l’instruction avance plus vite dans l’affaire « hangout », cette attaque à la grenade contre le local des objecteurs qui abritait une réunion de travailleurs immigrés (voir notre brève du 10 mars)

Vendredi 13 mars , dans quartier chic de Kolonaki, au centre d’Athènes, un groupe d’une cinquantaine de personnes a attaqué en plein midi les vitrines de banques et des magasins de luxe. Des tracts ont été laissés sur les lieux demandant la libération de Yorgos Voutsis-Votzatzis, un prisonnier anarchiste sur le point d’être jugé pour le braquage d’une banque.

Le groupe s’est ensuite retiré dans le quartier d’Exarchia. Lorsque les forces de police sont arrivées, dix minutes plus tard, il n’y avait plus personne. La polémique fait rage, à ce propos, dans la presse grecque : la police est mise en accusation… a-t-elle plus ou moins laissé faire ? Dans ce cas, pourquoi ? Pour contruire le sentiment d’insécurité ? Ou bien les militants étaient-ils tout simplement bien organisés et rapides… bref toutes les interprétations sont possibles et derrière chacune d’elle on voit bien quels sont les intérêts.

Des « incidents » de moindre ampleur ont eu lieu un peu plus tôt à Thessalonique où des jeunes se sont pris aux vitrines des succursales de deux banques.

Un peu plus tard, dans la soirée :

Six stations de métro ont été occupée en même temps à Athènes (Egaleo, Ayios Antonios, les daphnies, Nea Ionia, Tavros, Monastiraki), une action à laquelle plus de 200 personnes ont participé. Les manifestants ont pris les micros de la station et ouvert toute toutes les portes, établissant ainsi la gratuité du métro. Plus de 10 000 tracts ont été distribués dans ces stations pendant les deux heures que les occupations ont duré. A l’initiative de cette action les assemblées populaires de la banlieue d’Athènes, de Philadelphie, Petralona, Peristeri et Brajámi, et l’assemblée de solidarité K. Kuneva. ¡Konstantina tu n’es pas seule !

Banditisme

Il se trouve qu’en ce moment existe réellement dans le pays une montée de ce qu’on appelle le « banditisme classique » : attaques à main armée, enlèvements, demandes de rançon, etc. Et évidemment le gouvernement fait monter la sauce en amplifiant la réalité (produire de la peur) pour amalgamer les action militantes à cette délinquance « classique ».

Au parlement, où le ministre adjoint de l’Intérieur chargé de l’Ordre public, Christos Markogiannakis, était interpellé par un député communiste, à propos des brutalités des forces de police récemment contre un jeune immigré afghan, le ministre a dénoncé la situation "explosive" au centre d’Athènes, se référant aux nombreux clandestins et aux foyers de criminalité que sont la prostitution, les drogues, pour affirmer que tous ces problèmes ne peuvent être réglés uniquement par la police "malgré tous les efforts".

Les socialistes à la pointe de la crapulerie

Par ailleurs, dans son point de presse, le porte-parole du PASOK, s’est référé aux « actes de vandalisme » (voir plus haut) de vendredi à Kolonaki en plein midi, et à ceux de Thessalonique, les amalgamant avec la mort d’une jeune femme lors d’un échange de coups de feu après un hold-up, pour parler d’une vague de criminalité sans précédent associée aussi à des attentats terroristes "provoquant un profond sentiment d’insécurité des citoyens".

Américains mal-venus

Le Département d’Etat américain a réactualisé la semaine dernière sur son site Internet jeudi les informations concernant le terrorisme en Grèce. Il met en garde les citoyens américains et le personnel de l’ambassade à Athènes d’éviter certains quartiers d’Athènes, (Omonia, Syntagma), et de Thessalonique (place Aristotélous).

Il souligne une multiplication des actes de violence et cite "Lutte révolutionnaire" et "Secte de révolutionnaires", qualifiés d’organisations terroristes. Il rappelle que ces trois dernières années des services d’Etat, des policiers, des industriels grecs et américains ont été la cible de ces organisations, et que tout indique que les auteurs de ces actes se moquent de savoir s’il y aura des victimes ou non, et que, par conséquent, le risque est réel qu’une personne puisse se trouver au mauvais endroit et au mauvais moment.

Où en est-on ?

La course de vitesse et la bataille idéologique est bien réelle entre un mouvement qui essaie d’expliquer et de contrer la propagande gouvernementale en choisissant ses cibles et le pouvoir qui essait de tout ramener vers une criminalisation globale.

On voit quand même que si il est vrai que le mouvement est minoritaire dans la société grecque après la vague de décembre-janvier (mais en a-t-il été jamais autrement ?), cette minorité est quand même conséquente et ne se résume pas à quelques dizaines d’avant gardistes. Et surtout les initiatives sont diverses et variées et brassent des gens différents (voir p.e les actions contre les parkings qui sont de fait une volonté de réappropriation de l’espace urbain et de sa transformation). Tant que des actions de ce genre se multiplietont et que le mouvement ne se laissera pas enfermé dans une dynamique purement « anti-répression » l’espoir demeure.

Et pourtant les actions du mouvement sont de tous ordres… Ci-dessous une affiche réclamant une lutte commune « grecs et immigrants » pour la légalisation de ces derniers, pour l’asile et l’égalité des droits

affiche 13 mars

Et enfin quelques belles images concernant la réappropriation d’un parking et sa transformation en jardin public (voir notre brève du 15 mars) puis un dép^che d’agence à propos de la relance d’actions par Lutte Révolutionnaire

park1

ATHENES

Lutte Révolutionnaire a annoncé jeudi 12 mars son intention de perpétrer de nouveaux attentats contre les symboles du capitalisme, après les deux attaques récentes contre des agences du groupe bancaire américain Citibank à Athènes.

Dans une déclaration de huit pages publiée jeudi par l’hebdomadaire Pontiki, l’organisation Lutte Révolutionnaire réaffirme son objectif de mener à bien la "révolution" pour que la crise économique soit fatale au "capitalisme".

"Nous prévoyons de continuer les attaques" à la bombe, dit-elle. "Nous devons nous débarrasser pour de bon de la vermine du pouvoir économique et politique pour que l’humanité se délivre des chaînes de ces criminels", ajoute-t-elle. "Nous devons créer ici et maintenant (un mouvement de masse) pour faire de la crise économique le tombeau du capitalisme", explique-t-elle.

"Le texte est toujours en cours d’examen mais il semble authentique à première vue", a de son côté déclaré porte-parole de la police grecque, Panagiotis Stathis.

Lutte révolutionnaire , considérée comme l’organisation d’extrême gauche la plus dangereuse de Grèce, a revendiqué deux attaques récentes contre deux agences de la banque américaine Citibank.

La dernière a eu lieu lundi, lorsqu’une bombe artisanale a explosé sans faire de victimes. La première, il y a un mois, avait été déjouée par la police, qui avait désamorcé la bombe de forte puissance.

"Nous voulons détruire les infrastructures de cette multinationale et rendre sa présence en Grèce périlleuse", ajoute le groupuscule dans sa déclaration de jeudi, en précisant avoir pris pour cible Citibank "dans le cadre d’une stratégie d’action globale" contre les "coupables" de la crise économique. Lutte Révolutionnaire précise qu’elle ne vise pas les "simples citoyens", mais "l’élite politique et économique, les relais du capitalisme et la police qui les protège". "Nous ne mènerons aucune attaque sans prendre les mesures nécessaires pour assurer la sécurité des citoyens", assure-t-elle.

Les deux attentats contre Citibank marquent une reprise des activités de ce groupuscule, en sommeil depuis plus d’un an, après s’être illustré dans une attaque à la roquette contre l’ambassade des Etats-Unis en 2007.

Les banques du pays sont souvent la cible d’attaques émanant de groupes anarchistes ou d’extrême-gauche. Ces attaques se sont multipliées depuis la mort d’un adolescent de quinze ans, tué par la police en décembre dernier, et dont le décès avait provoqué de violentes manifestations.

Dans la nuit de 4 au 5 mars, des inconnus avaient lancé des engins explosifs et incendiaires sur une succursale de la banque du Pirée, provoquant là aussi d’importants dégâts matériels.

Par ailleurs, la police grecque a annoncé jeudi avoir supendu quatre de ses responsables anti-terroristes, jugés responsables de fuites après la divulgation par le quotidien local Vilma d’une liste de 82 personnalités grecques (politiques, juges, journalistes, hommes d’affaires notamment) considérées comme des cibles potentielles d’attaques terroristes.

(d’après une dépêche AFP)


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