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BB 183, octobre 2008

dimanche 19 octobre 2008, par OCL St Nazaire

EDVIGE - CGRISTINA - perte et traffic de données en Allemagne - 40 millions de déclaration d’impôts sur e net en Italie - Lex Orwell en suède - perte de données en GB - Vente de données policières - fichage des mauvais payeurs

Restructuration et pétition

La Direction Centrale du Renseignement Intérieur (DCRI) a absorbé la DST (Direction de la Surveillance du Territoire) et la DCRG (Direction Centrale des Renseignements Généraux) le 1er juillet 2008. Cette restructuration « à l’américaine » des services du renseignement a entraîné la transformation du fichier des RG en un nouveau : « Edwige » et celui de la DST en un certain : « Cristina ». « Edwige » a été créé par décret le 27 juin 2008, quant à « Cristina », il relève du « secret défense »…
Depuis que l’Etat existe, sa police politique a créé des fiches. Ces fiches furent remplies « à la main », puis tapées à la machine avant d’être rentrées dans des ordinateurs. C’est en 1991, que le gouvernement PS de M. Rocard officialise par décret la création du fichier informatisé des RG. Déjà à cette époque, dans sa première version, le Pouvoir avait prévu d’y inscrire les « origines raciales ». Des associations étaient montées au créneau … et le gouvernement avait dû reculer. En 2008, dans sa première version, le pouvoir veut avoir la possibilité d’enregistrer des données « à caractère personnel » « autre que celles relatives aux opinions politiques, philosophiques ou religieuses, ou à l’appartenance syndicale » en l’occurrence les origines ethniques ou relatives à la santé ou à la vie sexuelle. Parions que le Pouvoir a imposé cet élargissement des données pour mieux reculer ensuite devant la levée de boucliers de « l’opposition » tout en sauvegardant l’essentiel du contenu. En fait, il semble bien que la seule différence notable qu’il restera entre « Edwige » et l’ancien fichier des RG sera la possibilité de ficher des mineurs de plus de 13 ans. Comme le dit si bien le ministère de l’Intérieur, il faut « adapter l’ancien fichier aux évolutions de la société ». Sont donc visés les jeunes qui bougent dans les quartiers et/ou dans l’école…
Rappelons que ces 2 fichiers font partie des 36 fichiers actuellement à la disposition des forces de l’ordre (FNAEG, STIC, JUDEX, Fichier des étrangers…). Que leur loi indique que « le traitement et les fichiers ne font l’objet d’aucune interconnexion », cela ne rassure que les naïfs car rien n’empêche que des enquêteurs sortent toutes les fiches de tel ou tel individu (ou groupe) de tous les fichiers auxquels ils ont accès. Quant au contrôle de la CNIL… cela fait de plus en plus sourire…
Ce qui est nouveau c’est la réaction qu’a entraîné la promulgation de ce décret de création du fichier « Edwige ». Je ne parle pas des politiciens opportunistes, des syndicalistes ou associatifs ne pensant qu’à leur profil mais aux dizaines de milliers de personnes qui ont signé une pétition en ligne dès cet été. D’accord, ce n’est qu’une « pétoche » et en plus en la signant ou non, on n’a même pas le plaisir de discuter avec celui ou celle qui la diffuse. Néanmoins, il y a quelques années encore, beaucoup moins de gens l’auraient signé. Ceci est à mettre en parallèle avec le nombre de refus de prélèvements ADN qui croît, le tiers des usagers des transports en commun en région parisienne qui traîne des pieds devant l’innovation du « Pass Navigo », carte muni d’une puce RFID qui enregistre tous les déplacements du détenteur.

Les données personnelles de 500 000 allemands sur Internet

Les données confidentielles – nom, adresse, photo d’identité et appartenance religieuse – de quelques 500 000 allemands ont été accessibles sur le Web du 15 mars au 20 juin 2008. L’entreprise chargée de la sécurisation de ces données informatiques, a reconnu le 23 juin qu’elle avait laissé affichés sur une page Internet le nom d’utilisateur et le mot de passe permettant à 425 communes d’accéder à ces données. Ces communes étaient censées modifier le mot de passe initial mais une quinzaine ne l’ont jamais fait.

Trafic de données confidentielles en Allemagne

Un employé d’un centre de démarchage téléphonique de Lübeck a fait éclater au grand jour un trafic de données confidentielles. Il a ainsi envoyé un CD à une organisation de défense des consommateurs contenant 17 000 données (adresses et numéros de comptes bancaires). Le centre d’appel se les était procurées sur Internet à des fins commerciales. Grâce aux données bancaires il pouvait opérer des prélèvements. Alerté, un agent de cette organisation de défense des consommateurs est parvenu à acheter sur le réseau près de 6 millions de données confidentielles dont quatre millions de numéros de comptes bancaires. Cette opération lui a pris deux jours et ne lui a coûté que 850 euros. La plupart de ces informations sont issues de fichiers établis par des loteries. Des centaines de plaintes de détournement de sommes allant de 30 à 100 euros ont été déposées contre des sociétés de loterie. Mais ces informations proviennent aussi de contrats de téléphones portables ou de listing de donateurs pour des organisations caritatives. Quelque 1300 opérateurs commerciaux en Allemagne seraient spécialisés dans la collecte et la vente de ces données.
Ce trafic fait actuellement scandale en Allemagne.

Bévue du ministère des Finances italien

Le ministère des Finances italien a mis en ligne sur Internet, le 30 avril 2008, les 40 millions de déclarations de revenus des italiens pour l’année 2005. Quelques heures plus tard, l’autorité de défense de la vie privée a fait fermer le site.

En Suède : La « lex Orwell »

En Suède, une nouvelle loi donne tout simplement le droit, pour l’Etat, de surveiller sans mandat judiciaire toute information qui circule sur Internet ou sur les téléphones cellulaires. Du numéro d’identification de l’ordinateur jusqu’au contenu des données, tout sera filtré et pourra, le cas échéant, être stocké dans de gigantesques bases de données. Des milliers de suédois sont mobilisés contre cette loi qu’ils ont baptisée « Lex Orwell ».

Grande-Bretagne : Une clé USB égarée…

Cet Etat est devenu le champion des données personnelles perdues … Une analyse portant sur la période avril 2007/ avril 2008 concluait que plus de quatre millions de personnes seraient affectées par ces pertes imputables aux pouvoirs publics. Parions que ces données ne sont pas perdues … pour tout le monde !
La petite dernière : La PA Consulting, une entreprise travaillant pour le ministère britannique de l’Intérieur a égaré une clé USB contenant des informations personnelles (nom, adresse, date de naissance, dans certains cas la date de sortie, …) concernant des milliers de récidivistes et les 84 000 personnes détenues en Angleterre et au Pays de Galles. Notons que cette entreprise a été retenue par le ministère britannique de l’Intérieur pour le conseiller sur son ambitieux projet de carte nationale d’identité et sur l’élargissement de l’actuelle base de données ADN, qui est déjà la première au monde rapportée à la population.

Le commissaire monnayait des informations provenant du STIC

Un commissaire de police, chef de la brigade des fraudes aux moyens de paiement de la police judiciaire de Paris (BFMP), a été mis en examen le 14 mars 2008 pour « violation du secret professionnel » et « corruption active et passive d’une personne dépositaire de l’autorité publique ». De janvier 2006 à juin 2007, le commissaire aurait perçu plus de 20 000 euro en monnayant à des tiers des informations puisées dans des fichiers de la police, en particulier ceux du STIC.

Mauvais payeurs signalés aux autorités de proximité

Un décret de 2005 (dont nous vous avions déjà parlé sous cette rubrique) prévoit qu’après trois semaines de retard d’un paiement de factures d’électricité, sans opposition formulée du consommateur, EDF informe le président du Conseil général et le maire de la commune de ce retard afin que le Fonds Solidarité Logement (FSL) puisse éventuellement intervenir. Ce dispositif est parfaitement appliqué sur tout le territoire français. Mais un nouveau décret du 13 août 2008 entrant en vigueur en décembre 2008 va le remplacer et étendre le dispositif « électricité » à 3 autres impayés potentiels , « gaz, eau, chaleur ». Il formule différemment les modalités de transmission en disant cette fois « aux services sociaux départementaux et aux services sociaux communaux ». A noter que les CCAS, lorsqu’ils existent, à part les rares exceptions des grandes villes, n’ont aucun travailleur social mais un administratif.


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