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[Grèce] Après le sommet de Bruxelles, la rébellion continue

dimanche 30 octobre 2011, par OCLibertaire

La zone euro est paraît-il sauvée. La diminution de 50% de la dette souveraine de la Grèce n’est pas un « cadeau » à ce pays mais la condition nécessaire pour que le régime de la dette perdure : il fallait simplement le rendre encore possible, c’est-à-dire soutenable, parce qu’à trop exiger, ça casse. "Sustainable" à long terme, c’est exactement le terme employé par ministre de l’économie Evangelos Venizelo, lors d’une conférence de presse après le sommet européen. Sustainable pour l’instant, pour quelques mois peut-être, et encore : une dette de 120 ou 160% de PIB, dans une phase récessive, cela ne changera pas grand chose. En tous cas, en Grèce, cela ne change strictement rien pour la population et les protestations et actions directes d’insubordination de toutes sortes continuent : manifestations, grèves, occupations, entraide sociale, réappropriation, sabotages, boycott fiscal et refus concret de payer la dette…

Marches militaires et parades de la fête nationale perturbées et annulées dans tous le pays
Le Président de la République chassé par la foule. Les défilés des scolaires transformés en manifestations

Le Président de la République chassé par la foule

Plusieurs milliers de manifestants anti-austérité ont empêché la tenue vendredi de la parade militaire annuelle du 28 octobre à Thessalonique, forçant le président de la République Karolos Papoulias à quitter les lieux. « Je suis désolé. Ils devraient avoir honte. Je ne veux pas partir, mais certains ont vraiment envie que cet événement soit annulé » a déclaré le président Papoulias, 82 ans, aux médias présents. Papoulias a assisté stupéfait à la scène, hué par les gens, dont beaucoup occupaient le terrain situé en face de la tribune des officiels, et bloqués par la police anti-émeute. Cependant, la police n’est pas parvenue à disperser les manifestants très nombreux. Il a ajouté : « Je suis très triste qu’ils noircissent le nom de cette ville. C’est un jour historique qui appartient aux Grecs, pas à eux ».

Le 28 octobre est une fête nationale patriotique en Grèce, surnommée la “Journée du Non” (“Non” à l’entrée des troupes de Mussolini en 1940). Cette date marque l’entrée de la Grèce dans la 2e guerre mondiale en 1940, et la résistance victorieuse des Grecs contre les troupes italiennes de Mussolini pendant six mois, jusqu’à l’offensive de l’armée allemande en avril 1941.

De leur côté, les musiciens de la fanfare municipale avaient mis des rubans noirs sur leurs instruments en signe (discret) de protestation contre la politique du gouvernement Le maire en colère les aurait menacé de poursuites disciplinaires…

C’est la première fois dans l’histoire du pays qu’un défilé de la fête nationale est annulé… et un Président chassé.
Évidemment, cela fait la Une de tous les quotidiens et médias qui parlent de « honte nationale », d’actions menées par des « traîtres », etc.

La veille, le ministre de la Défense, Panos Beglitis, avait également été hué lors de la répétition de la marche militaire de Thessalonique. Mais c’est surtout la « marche des écoles » [tradition nationale-patriotique et obligatoire issue de la dictature] qui s’est transformée en manifestation de colère et de protestation.

La parade dans la ville de Thessalonique a été interrompue par des professeurs, instituteurs, travailleurs, chômeurs et autres indignés et révoltés. Alors que ce spectacle de mauvais goût était en train de se terminer, ils et elles se sont approché du podium des autorités et ont commencé à les huer, à traiter de marionnettes les rares personnalités qui avaient osé venir assister à cette cérémonie ridicule.

Les manifestants ont occupé la plus grande avenue de Thessalonique, où le défilé avait eu lieu, ont déployé des banderoles et ont crié des slogans. Le défilé s’est transformé en un signe supplémentaire de protestation contre les mesures de régression sociale du gouvernement imposées au peuple grec.

Quelques-uns des slogans criés (deuxième vidéo) : « Fils de P… les potences arrivent », « Pain, éducation et liberté » [slogan de l’époque de la Junte], « La dictature n’a pas pris fin en 1973 », « Vendus », « Voleurs », « En cette nuit magique, comme celle de l’Argentine, voyons qui sera celui qui montera dans l’hélicoptère. »

Ailleurs : manifestations, perturbations, annulations…

A Athènes, le défilé des écoliers ne s’est passé non plus comme prévu. Au moment où les lycéens défilaient devant des dignitaires, des élèves ont regardé droit devant eux et ne se sont pas tournés vers les politiciens, les représentants de l’église et les militaires comme c’est l’usage. Le gouvernement était représenté au défilé par la ministre de l’éducation Anna Diamantopoulos.

Beaucoup de jeunes portaient un brassard noir, de même que la bande de la Municipalité d’Athènes qui a défilé, comme leur collègues de Thessalonique avec des rubans noirs sur leurs instruments. Le maire d’Athènes George Kaminis, qui les avait menacé la veille, les a confirmé et les convoque lundi à un conseil de discipline avec menace de licenciement. Beaucoup de manifestants étaient présents à proximité du défilé, tenus à distance par un déploiement policier. Les slogans habituels et une banderole rappelant le mot d’ordre nazi « Arbeit macht frei Dachau 1933 ». Les activistes du collectif de lutte Den Plirono (« Je ne paie pas ») s’est fait remarquer. D’abord en se mettant sur le parcours du défilé, en amont. Animation mégaphone, slogans et… les jeunes qui reprennent les « Je ne paie pas ! » tout en défilant. Ensuite, ils décident de s’insérer dans le défilé eux aussi sur plusieurs centaines de mètres. Prises de paroles, slogans, spectateurs qui soutiennent... Et tout cela se termine en manif avec plein de gens autour, derrière, partout.

A Héraklion, en Crète, les élèves ont tourné le dos ostensiblement aux dignitaires du régime et des gens ont jeté des œufs vers le podium où ils se trouvaient, les forçant à quitter les lieux. Deux sont restés : l’évêque et un représentant du port de la ville.

A Patras, c’est le vice-ministre de la Défense qui a été accueilli par une pluie d’œufs par des centaines de personnes qui s’étaient rassemblées pour protester, et il a été repoussé loin de la parade. Les manifestants ont pris possession des lieux en occupant l’avenue

Les défilés et cérémonies ont été également perturbés et parfois annulés à Rhodes (départ forcé du ministre du Développement rural), Kalamata (tomates, œufs et farine sur les officiels), Corfou (manif et annulation du défilé scolaire), Serrès (œufs), Volos (intervention massive des supporters de l’équipe de foot locale), Trikala (député local du Pasok battu par un manifestant sous les applaudissements des autres), Pyrgos, Syros (annulée d’avance), Xanthi (élèves abandonnant la parade et partant en manifestation), Chios (manif populaire et bruyante et élèves tournant leur tête à gauche et non à droite devant les représentants de la nation)…
Dans les moindres petites villes (Aghios Nicolaos en Crète, Tripolis, Pyrgos et Nauplie dans le Péloponnèse, Florina en Macédoine…) les marches et cérémonies ont été annulées par les manifestants, et la police ayant le plus souvent été débordée, les représentants de l’Etat ont été obligés de fuir.

Le plus comique, c’est que la ministre de l’éducation, de peur que se produisent des “incidents” lors des défilés des élèves, avait autorisé exceptionnellement les lycéens ayant participé aux occupations de leurs établissements à ne pas participer aux parades. Échapper à cette corvée a été un soulagement pour eux et a été déjà une petite victoire. Mais l’effet recherché a été raté. Le “bons” élèves n’ont pas joué le jeu non plus, ils ont décidé de gâcher la fête nationale en défiant les ministres et députés présents ou en laissant carrément tomber le défilé en cours de route…

La “Journée du Non” a eu une autre signification cette année. Si les secteurs nationalistes et chauvins situe cet anniversaire dans la continuité d’un “Non” aux diktats de l’étranger, pour beaucoup cela s’est simplement traduit en un “Non au gouvernement” et un refus de payer la crise et la dette.

Dans la soirée de vendredi, une réunion de l’Internationale socialiste est prévue dans un hôtel de luxe à Aghios Nicolaos en Crète. Des manifestations étaient prévues le plus près possible du lieu protégé par un grand déploiement de forces anti-émeutes…

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Déjà à Thessalonique, l’avant-veille…

Le 26 octobre, Beglitis et Magriotis, deux ministres du gouvernement, avaient osé sortir de leurs cachettes pour assister aux fêtes en honneur de Saint Dimitrios, toujours à Thessalonique. C’est en effet le “saint patron” de la ville selon les autorités ecclésiastiques et civiles. Et bien, aussi bien en entrant dans l’église de Saint Dimitrios qu’en en sortant, ils ont été fortement hués, sifflés et insultés (« canailles », « voleurs »….) par des centaines de personnes réunies à proximité.

Climat qui rappelle 2001-2002 en Argentine…

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L’austérité grecque : un rouleau de papier toilette par quartier ...

Petite histoire comme il en circule des centaines sur la toile…

« Un salarié par famille, un livre par classe, un policier par manifestant, un mensonge politique par minute, un médecin par hôpital, une mesure d’austérité par jour. Qui a dit que l’Etat n’est pas organisée ? ». C’est une citation postée sur Facebook par un Grec. Il décrit très bien la situation que nous expérimentons ici avec la hausse du chômage, la pénurie de livres et de personnel dans les écoles et le secteur de la santé, l’austérité et les nombreuses taxes qui nous tombent sur la tête à intervalles réguliers.

A cela je dois ajouter « un morceau de coton par urgence » dont se plaignent de nombreux patients dans les hôpitaux à cause de la pénurie de matériel et de fournitures. On a demandé à un ami d’apporter le coton, les pansements absorbants, le papier hygiénique et l’alcool pur quand sa mère était à l’hôpital pour y subir une opération.

Une autre amie qui devait passer un électrocardiogramme dans un dispensaire d’urgence de l’IKA (sécurité sociale) situé dans une banlieue de la classe moyenne d’Athènes, n’a trouvé aucun mouchoir en papier pour nettoyer le gel qui était sur son ventre, ses chevilles et sa poitrine. « Nous ne recevons plus de compresses », a déclaré le cardiologue. « Même le papier toilette, nous l’apportons de la maison ». Mon amie a quitté la pièce en jetant un regard triste à la feuille de papier mille fois froissé sur le divan d’examen. De retour chez elle, elle jeta ses vêtements dans la machine à laver....

Comme la vie est de plus en plus chère et que les salaires se détériorent rapidement, je dois ajouter « Un rouleau de papier toilette par quartier » ...

Espérons que nous ne finirons pas avec Une Faillite Pour Tous !

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Ouverture d’une Clinique Sociale et Solidaire (Thessalonique)

Dans le 7 novembre, la Clinique Sociale Solidaire ouvrira ses portes, au premier étage du bâtiment situé au 24 rue Asopou, dans la ville de Thessalonique. Dans ce lieu, qui a été offert par le Centre du Travail de la ville [sorte de Bourse du travail], fonctionneront tous les jours ouvrables des cliniques de médecine générale, de neurologie, de pédiatrie, psychiatrie, dentaire et une pharmacie. Tous les services seront gratuits pour les Grecs et les étrangers qui n’ont pas sécurité sociale. Pour prendre un rendez-vous médical, vous pouvez appeler par téléphone à ce numéro, le matin de tous les jours ouvrables : (0030) 2310 520836

L’objectif de la Clinique Sociale Solidaire et de l’Initiative de Santé qui le met en œuvre volontairement et avec cohérence, est d’offrir une attention médicale primaire tous ceux/celles qui ont été officiellement jeté hors du système national de santé parce qu’elles n’ont pas l’argent pour payer les services nécessaires. Il faut souligner que les mesures d’austérité et les coupes énormes dans le financement, appliqués par le gouvernement grec au service de la Troïka et du FMI, ont causé l’effondrement total du système de santé, en portant préjudice à la vie de milliers de personnes. Pour l’équipement de la clinique et pour l’achat de matériels consommables médicaux et médicaments essentiels qui seront gratuitement offerts aux patients, on sollicite l’appui financier de ceux/celles qui peuvent contribuer. En outre, les médicaments qui ne sont pas encore nécessaires, peuvent être spécialement utiles pour d’autres, s’ils seront offerts avant leur daté d’expiration.

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Ouverture d’un Espace social de santé dans un squat (Athènes)

Depuis le mardi 11 octobre, l’Espace Social pour la Santé fonctionne dans le squat PIKPA, situé dans les rues Timodimos et Antoniados (“Petrina”), dans le quartier d’Ano Petralona, non loin de la station de métro Petralona.

L’exclusion de personnes de plus en plus nombreuses d’un système de santé déjà démantelé a conduit l’Assemblée populaire locale à prendre la décision d’essayer, pour la deuxième fois ces dernières années, de faire fonctionner un espace auto-organisé pour la santé.

Les services gratuits fournis sont des soins de première attention et directement liés à accueil de consultation qui fonctionne à l’intérieur du squat grâce à des travailleurs de la santé et à d’autres bénévoles résidents.

Pendant le mois d’octobre 2011, l’espace social pour la santé sera ouvert tous les mardi (17-20 h) et mercredi (de 17h30 à 20h).

Les mercredis à 20 h, ont également lieu dans le squat PIKPA les réunions ouvertes du groupe de travail sur la santé de l’Assemblée populaire des habitants de la zone Petralona, Koukaki et Thissio.

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Patras - Expropriation de supermarché

Un groupe d’une cinquantaine de personnes se présentant comme anarchistes a effectué une expropriation de supermarché dans la ville de Patras. Cela s’est passé le 20 octobre dernier. Le groupe a récupéré une grande quantité de nourriture et l’a immédiatement distribué parmi les personnes se trouvant dans un marché en plein air situé à proximité du supermarché.
Voici le texte du tract distribué pendant l’action :

Nous ne sommes pas des Robins des Bois ou des personnes qui ont déjà résolu leurs problèmes et qui seraient donc en train de faire la révolution, comme les moyens de communiquer des bobards vont nous représenter. Nous n’avons pas effectué cette action parce que nous sommes des sauveurs.
Nous ne voulons être les sauveurs de personne. Nous sommes simplement des gens qui comprennent que l’on ne gagne une perspective de vie que par la lutte.
Nous sommes des gens qui vivent tout près de chez vous, et aujourd’hui nous avons choisi de montrer une façon de rompre avec la misère et de récupérer notre temps et nos vies.
Nous considérons de tels gestes comme des actions qui se déroulent dans l’ici et maintenant, avec les cœurs et les esprits orientés vers un monde d’égalité, de solidarité et d’entraide – un monde de liberté individuelle et collective.

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A bas la Junte ! Assemblée populaire de Cholargos et de Papagou (Athènes)

Le texte a été publié le lundi 3 octobre 2011, 2 jours avant la grève du 5 octobre 2011. Son contexte reste le même juste avant ou même après grève générale de 48h des 19-20 octobre 2011

NOUS NE PAYONS PAS LES RANÇONS. NOUS COMBATTONS LA JUNTE MODERNE [1].

Les rançons, le plan de moyen terme [2] , les impôts extraordinaires et les nouvelles mesures nous réservent un futur proche toujours plus mauvais. Nous vivons une violente procédure de prolétarisation massive. Procédure qui n’est nullement fortuite / hasardeuse, mais bien dessinée afin que nous-mêmes payions leur propre crise. Tout ça pour que nous acceptions sans protestation que nous sommes rien d’autre que leurs ouvriers craintifs et consommables.

Les salaires diminuent partout et continuellement, les 13ème mois et les primes diverses se sont limités/diminués jusqu’au bout, les retraites ont été limités… aux limites de la paupérisation absolue, les droits liés au travail, déjà très peu, sont abrogées aussi. Se préparent des camps de concentration modernes que les technocrates appelleront « des zones économiques spéciales » ; c’est à dire des régions entières avec un « coût du travail » réduit, des relations de travail flexibles, un statut fiscale spécifique et un statut juridique spécifique.

La « Santé Publique et Gratuite » , si elle a jamais existé, c’est du passé éloigné. Les prises de rendez-vous à la sécurité sociale (IKA) se prennent de plus en plus plus loin, les manques s’enflent, la queue aux hôpitaux est de plus en plus longue, les rançons pour les examens médicaux augmentent. Les hôpitaux sont administrés par des manager, tandis que les médecins et les infirmiers travaillent à des conditions de plus en plus intenses, avec des salaires plus petits et en plus grande précarité.

La police s’impose comme une moderne EAT – ESA [3]. Ils essayent de terroriser, ils frappent les manifestants, ils attaquent avec des gaz-chimiques à chaque journée de grève, ils brisent les occupations aux écoles [4] , ils surveillent les assemblées populaires et les gens en lutte. C’est la dernière réserve d’un système qui chancelle. D’un système qui n’a pas plus quelque chose à vendre, sauf la peur.

Les universités [5] et les écoles sont livrés totalement à la politique du mémorandum [6] . Les présidents des Universités seront nommés par le ministère, l’asile aux facultés a été abrogé, un quotidien suffocante et misérable s’impose (une course permanente entre l’amphi et le labo, des cours à des classes des 32 élèves), le savoir devient de plus en plus fragmentaire, découpé et inutile, les livres d’école sont payés par les parents.

Dans les quartiers des gens qui font le « marché noir », poussent comme des champignons ; n’étant pas en manque d’argent, ils profitent de notre pauvreté et de notre indigence pour s’enrichir : pour un peu d’euros, tout vaut le coup… tout qui concerne les loyers, la mensualité d’un prêt, le médecin, la bouffe.

Et après tout ça, les journalistes appellent ceux qui ne baissent pas la tête et qui luttent, des « voyous » et des « minorités ». Les diverses organisations patronales, comme le SEV [7] et la Chambre de Commerce et Industrie, ne peuvent pas cacher leur joie après ces mesures. La troïka gouverne. Les GSEE et la ADEDY [8] organisent de grèves apaisantes [9] Tous ensemble, ils parlent, en « faisant les tristes », de la voie unique qu’on doit suivre obligatoirement.

Cependant l’espoir existe dans nos luttes. L’espoir est aux occupations dans les facs et les écoles, aux manifestations dynamiques, aux grèves. À l’auto-organisation de notre rage. Aux marchés gratuits, aux assemblées populaires, aux cabinets médicaux et sociaux. À l’unité et non aux divergences artificielles. À la solidarité qui brise l’individualisation et le défaitisme. Soit ils s’imposent, soit on prend nos vies en main ; cela dépende de nous mêmes. Chaque jour, ce dilemme est posé impérativement. Soit libres, soit esclaves.

ASSEMBLÉE OUVERTE ET POPULAIRE DE CHOLARGOS ET DE PAPAGOU  [10]
A suivre
Le 28 octobre

P.-S.

[ Sources : Athens Indymedia, ContraInfo, Occupied London, Nouvelles Hors les Murs, Ta Nea, To Vima… ]

Notes

[1] Référence à la Junte des Colonels qui a gouverné le pays lors de la dictature (1967-1974)

[2] Programme d’extrême austérité… voté fin 28-29 juin

[3] EAT-ESA : la police militaire pendant la dictature

[4] Mouvement des lycée-ne-s et collègien-ne-s, déclenché mi-septembre. Le 07/10 ce sont 813 établissements scolaires qui étaient occupés dans tout le pays, 339 à Athènes, 68 à Thessalonique.

[5] Le mouvement dans les facs à démarré très fort (200 occupations le 21/09) en début septembre mais est en déclin (63 occupations le 12/10).

[6] L’accord signé le 5 mai 2010, entre le gouvernement et la Troïka, c’est à dire le FMI, la Banque Centrale Européenne et la Commission Européenne.

[7] La plus grande organisation patronale

[8] Centrale Syndicale et Centrale Syndicale des fonctionnaires

[9] Prochaine grève générale le 19/10 .

[10] Ce sont 2 quartiers limitrophes au nord-est d’Athènes. Les assemblées populaires de quartiers et des villes ont leurs racines aussi au mouvement des « indigné-e-s » et aux assemblées populaires à la période après les émeutes du mois de décembre 2008

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2 Messages de forum

  • Voir le texte URL ci dessous

    Voir en ligne : La Gréce bientot classée 3A

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  • Une vidéo

    La Grèce se trouve au beau milieu d’une rébellion sociale avec des personnes appartenant à différents secteurs de la société impliquées dans des grèves, des occupations, des émeutes, des actions de ralentissements du travail, des campagnes d’auto-réduction et d’autres formes de sabotage économique.

    La Grèce est devenue l’épicentre [ground zero] de la crise budgétaire de la zone euro. Les mesures d’austérité promues par le FMI / UE / BCE, autrement connue sous le nom de troïka, sont au cœur de la crise sociale en Grèce.

    Ce court métrage documentaire (malheureusement en anglais non sous-titré) se penche sur la crise en Grèce et les réactions sociales aux mesures d’ajustement structurel au mois d’octobre 2011.

    http://vimeo.com/31335114

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    Athènes : Villa Zografou, ouverture d’un centre social auto-organisé à Athènes

    Un projet social a été inauguré dans la commune de Zografou, banlieue à l’est d’Athènes. La Villa Zografou, un manoir abandonné de trois étages du 19e siècle, est situé dans un domaine de 6 hectares que la municipalité comptait transformer en zone commerciale. L’histoire de cet espace est un symbole des luttes locales. Pendant l’été 2009, la police anti-émeute a attaqué les presque 1000 personnes qui réclamaient ce lieu pour y organiser des activités et manifestations locales. Ce bâtiment a aussi été l’objet d’une controverse à propos d’un prêt du FMI pour la dette l’été passé.

    L’assemblée ouverte des habitants du quartier a décidé de transformer la Villa Zografou en un espace fixe d’auto-organisation, de solidarité, de création. Samedi 5 et dimanche 6 novembre, l’espace ouvrira à partir de midi, dans le but qu’un maximum de personnes puissent participer activement à l’initiative.

    Durant ces deux jours, les gens auront la possibilité de connaître ce projet tandis que des travaux seront menés à bien pour l’entretien et le nettoyage du jardin et aussi de commencer un potager. Un café auto-organisé avec de la musique sera également ouvert où chacun pourra discuter dans une atmosphère joyeuse.

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    Zografou : expropriation, redistribution

    Athènes. Le 3 novembre, un groupe d’anarchistes a exproprié divers biens dans un supermarché situé dans la localité de Zografou, dans la banlieue d’Athènes. Ils ont ensuite distribué un tract aux personnes présentes dans un bazar [marché] adjacent au supermarché.

    Le texte distribué lors de cette action :

    Ne nous trompons pas. Derrière la rhétorique facilement digestible sur les escrocs et les cadres dirigeants [golden boys], sur les mauvais Allemands et des marchés sans pitié définis de manière vague et générale, ce qui reste occulté, c’est notre exploitation sans fin et l’impitoyable pillage des richesses produites par la clique des patrons. Et il est clair comme du cristal qu’aussi longtemps qu’ils domineront nos vies, nous nous sous-estimerons et ils nous extermineront afin de perpétuer notre rentabilité et leurs profits. Et les coups successifs que nous recevons, même s’ils semblent sans liens entre eux, servent leurs intérêts, cohérents et de classe. Dans le même temps, ils sèment la peur afin de préserver leur pouvoir : Etat de plus en plus policier, chasses aux immigrants, abolition du droit d’asile, incitations au racisme et au patriotisme.

    Mettre fin à la passivité. Prenons nos vies en mains.

    Le devenir de la classe opprimée n’est pas dans la poursuite de sa survie, elle n’est pas dans la compression entre la résignation et la misère. Elle est synthétisée dans l’ici et maintenant, par de petits et grands moment de refus et dans nos luttes. Dans la lutte quotidienne contre les patrons et dans les grèves générales, dans les manifestations, les assemblées populaires, dans les structures d’aide mutuelle, les occupations de bâtiments publics, écoles et universités, dans la rage contre les flics et la solidarité contre la répression, dans des actions offensives contre les objectifs capitalistes du gouvernement, dans le refus de payer les factures d’électricité et les péages, dans l’expropriation de biens collectifs dans les supermarchés et leur redistribution publique.

    Saisissons-nous de notre pouvoir collectif

    Elaborons un projet pour l’émancipation sociale et individuelle.

    Guerre à la Guerre des patrons.

    Tout le monde dans la grève générale !

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    "Pourquoi paierions-nous ? Pour les dettes ? Ce ne sont pas les nôtres"

    "Pourquoi paierions-nous ? Pour les dettes ? Ce ne sont pas les nôtres"

    Le Monde - 03.11.11 • Mis à jour le 03.11.11 | 16h48

    Athènes Correspondance - Dimitris Polychroniadis paie ses impôts sur le revenu, mais il refuse de payer ceux qui sont, selon lui, imposés par la "troïka", constituée de représentants du Fonds monétaire international (FMI), de la Banque centrale européenne (BCE), de la Commission européenne. C’est une question de principe.

    Il a donc manifesté place Syntagma, au pied du ministère des finances à Athènes, pour déchirer son avis de paiement de l’impôt de solidarité, créé à la suite du premier plan d’aide européen de 110 milliards d’euros, mis en place en 2010 pour éviter à la Grèce la faillite.

    Il refuse également de payer le nouvel impôt sur la propriété, qui vient d’être instauré. "Je ne paierai pas ces impôts jusqu’à ce que ce gouvernement s’en aille, que le FMI quitte la Grèce et que nous sortions de l’Europe", assure-t-il.

    M. Polychroniadis est un militant. Mercredi 2 novembre, il tient un bureau de vote dans une école de la banlieue nord d’Athènes où il travaille comme instituteur et où il est candidat pour être représentant syndical.

    Depuis deux ans, il milite aussi dans un autre mouvement, très présent dans les manifestations, appelé "Den plirono" ("Je ne paie pas"). Ce mouvement s’est fait connaître en laissant libre passage aux automobilistes aux péages des autoroutes pour protester contre les hausses des tarifs. Il continue ses actions aujourd’hui en s’opposant au très impopulaire impôt sur la propriété, qui est directement prélevé sur la facture d’électricité. Si le contribuable ne paye pas, son électricité sera coupée.

    "Pourquoi paierions-nous ? Pour les dettes ? Mais ce ne sont pas les nôtres, ce sont celles des politiciens et du capital. Nous n’avons pas besoin de toutes ces armes que nous vendent les Français et les Allemands", explique le syndicaliste.

    Le mouvement "Den plirono", qui revendique plus de 20 000 membres, est organisé. "C’est un mouvement de désobéissance, poursuit M. Polychroniadis. Nous savons que nous nous mettons hors la loi, mais si nous voulons renverser le gouvernement, il faut prendre des risques. Nous n’avons pas peur du gouvernement. S’ils veulent couper nos compteurs d’électricité, nous irons les remplacer. Nous sommes équipés pour ça."

    Les militants de "Den plirono" bénéficient de la complicité du puissant syndicat de l’opérateur d’électricité (PPC) qui a déjà essayé de bloquer l’imprimerie d’où sortent les factures réclamant le nouvel impôt.

    L’exemple vient d’en haut. Le vice premier ministre, Théodore Pangalos, a expliqué, en octobre à la télévision, qu’il ne pourrait pas payer cette taxe, car il a beaucoup de propriétés. Il a mis au défi Evangélos Venizélos, le ministre des finances, de le mettre en prison !

    L’une des priorités du gouvernement et de la "troïka" était de renforcer les recettes fiscales et de combattre la fraude fiscale. C’est l’un de ses principaux échecs.

    Les recettes fiscales ont régressé de 4,3 % sur la période de janvier à septembre par rapport à 2010. L’objectif de 54 milliards d’euros de recettes en 2011 semble difficile à atteindre, d’autant que le ministère des finances a connu une quinzaine de jours de grève en octobre.

    La récession et les baisses de salaires entraînent une diminution des revenus des ménages et des entreprises et donc de moindres rentrées fiscales. Mais la collecte des impôts est toujours aussi inefficace. C’est pour cela que le ministère a confié le soin de collecter l’impôt sur les résidences à la compagnie d’électricité plutôt qu’aux services fiscaux.

    Dans une étude sur l’économie grecque, la London Business School juge ce système "impossible à changer". Elle propose par conséquent de l’abolir, citant un ancien responsable des finances qui explique que "même si l’on fermait toutes les autorités en charge de récolter les impôts, les recettes de l’Etat n’en souffriraient pas".

    Le gouvernement a publié sur Internet la liste de 6 000 entreprises qui devaient plus de 150 000 euros à l’Etat, pour un montant global de 30 milliards. Là encore, l’exemple vient d’en haut. L’entreprise qui doit le plus d’argent à l’Etat lui appartient : il s’agit de la compagnie de chemins de fer, avec 1,2 milliard d’euros d’arriérés d’impôts.

    Depuis la publication de cette liste, en septembre, aucune information n’a circulé sur l’argent récupéré. Une liste des particuliers devant le plus d’argent vient également d’être diffusée, mais seulement auprès des parlementaires.

    A ce tableau s’ajoute la fraude fiscale, véritable "sport national" en Grèce où le poids des très petites entreprises et des personnes auto-employées, difficilement contrôlables, est très important. Cette fraude coûterait à l’Etat entre 10 et 15 milliards d’euros par an, selon une fourchette donnée par l’ancien ministre des finances, Georges Papaconstantinou.

    Après des annonces spectaculaires sur des saisies de comptes de médecins ou d’avocats et la traque de piscines non déclarées, grâce à Google Earth, la lutte contre la fraude semble piétiner, même si la législation a été durcie.

    Alain Salles

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