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[Grèce] La lutte pour le « non paiement » de l’impôt exceptionnel entre dans une phase cruciale

Désobéissance sociale

jeudi 24 novembre 2011, par ocl2446

Le « Je ne paie pas » la dette et la crise, largement initié par un ensemble de collectifs regroupés dans un mouvement du même nom (« Den Plirono ») est en train de s’étendre à tous le pays. Groupes locaux de vigilance, collectifs militants, assemblées populaires, associations diverses informent les habitants, organisent des réunions, appellent à la solidarité et à l’action collective.
A cela s’ajoutent maintenant les travailleurs de la compagnie publique d’électricité (DEI) qui se mobilisent à leur niveau pour bloquer la machine à rançonner la population, ainsi que de nombreuses municipalités, dont la dernière en date, Patras, (troisième ville du pays) qui rejoignent la camp des opposants.

Evacuation par les forces répressives du bâtiment occupé de la compagnie publique d’électricité

Le jeudi 24 novembre 24 à 8h30 du matin, les forces antiémeute de la police, avec des policiers en civil, ont fait irruption dans le bâtiment de la Compagnie d’Electricité occupé par les membres du syndicat et des gens qui résistent à l’imposition de la nouvelle taxe immobilière intégrée aux factures d’électricité. Des manifestants qui faisaient une chaîne devant l’entrée du bâtiment ont été frappés et bousculés. Ce bâtiment abrite les bureaux d’où sont émis les ordres de couper le courant à ceux qui ne paient pas cette taxe.

La police a effectué 15 arrestations lors de l’opération d’évacuation, 10 syndicalistes de la DEI, dont le leader Nikos Fotopoulos et quelques membres d’une assemblée populaire locale et du mouvement « Den Plirono ».
Ensuite, les forces de répression sont resté alignées en dehors du bâtiment de la DEI, tandis qu’à l’intérieur d’autres flics aidaient la direction de la compagnie à reconnecter l’alimentation électrique de l’immeuble afin qu’elle puisse remplir de nouveau son sale boulot. Toutefois, les travailleurs de ce service de la DEI ont catégoriquement refusé de travailler et de redémarrer le système informatique. Il est à noter que, face au refus des travailleurs, les chefs de ce département les ont convoqué un par un et leur ont demandé s’ils reprenaient le travail (c’est à dire de couper le courant aux gens), en notant leurs réponses.

Bien que ce soit un jour de semaine, des personnes solidaires continuent de se regrouper en bas de l’immeuble évacué, et manifestent contre la police et la barbarie du régime. A l’intérieur du bâtiment, des équipes de la DEI composées de briseurs de grève tentent de reconnecter l’alimentation.

Le syndicat des travailleurs de la compagnie d’électricité a appelé immédiatement à une grève de 48 heures pour aujourd’hui et demain ainsi que l’occupation d’une centrale électrique à Ptolemaïda (nord de la Grèce, région qui produit 70% de l’électricité du pays). Les moyens de désinformation, tout aussi arrogants que les directeurs de la DEI, « se plaignent » parce que, avec l’occupation et les grèves, les systèmes électroniques de la DEI ne fonctionnent pas et les gens ... font la queue pour payer l’impôt immobilier. Selon les données même du Régime, près la moitié des gens n’ont pas payé la taxe intégrée aux factures d’électricité. Près de 40% des abonnés n’a pas encore reçu leur facture.

La lutte pour la dignité et la liberté contre la barbarie et le terrorisme continue.
Les 15 personnes arrêtées ont été emmenées dans un commissariat pour interrogatoire et risquent des poursuites pour « entrave au fonctionnement normal d’un service public ».
Les confédérations syndicales appellent à une nouvelle grève générale le 1er décembre.

Retransmission en direct des événements ici


Rappelons que le syndicat Genop-DEI est l’un des plus puissant de Grèce et qu’il est un pilier historique du Pasok (sa direction et ses cadres en font tous partie). Cette dissidence ouverte (avec une radicalisation dans les actes plus que dans les mots) est le signe d’une fracture de plus provoquée par la crise dans la société grecque comme dans les rapports entre celle-ci et ses propres institutions.

Ce même 24 novembre, la presse annonce une nouvelle hausse de la facture électrique proprement dite à compter du 1er janvier 2012. Sa valeur n’est pas connue mais elle serait « inférieure à 19% ». C’est le retour à la bougie !
Les mesures d’“austérité”, c’est un feuilleton quotidien en Grèce. Le gouvernement vient ainsi de dresser une nouvelle liste de professions qui sont dorénavant exclues de la catégorie dite des métiers « insalubre et pénibles » donnant droit jusque là à des retraites anticipées, ce qui touche 180 000 personnes environ (en passant de 531 000 à 365 000).



Occupation des bureaux centraux de la DEI émettant les ordres de couper le courant

Après avoir coupé le courant pendant 4 heures au ministère de la Santé le 16 novembre (voir plus bas), les syndicalistes de la compagnie électrique multiplient les opérations « coup de poing ».

Le dimanche 20 novembre, le syndicat des travailleurs de la compagnie publique d’électricité (DEI) a procédé à l’occupation des bureaux de la compagnie d’où sont envoyés les ordres de couper la fourniture d’électricité à ceux qui n’ont pas payé la dernière facture.
L’occupation est destinée à bloquer les ordres de coupures d’électricité pour les foyers dont les habitants n’ont pas payé le nouvel impôt sur l’immobilier intégré aux factures d’électricité.
En outre, le même syndicat (GENOP -DEI) a annoncé qu’il appelait à de nouvelles grèves successives de 48 heures contre la vente au capital privé de 4 centrales fonctionnant au lignite et plusieurs filiales de la DEI.

Lundi 21 novembre, la direction de la DEI, par ordre du gouvernement grec, a lancé des poursuites contre les membres du syndicat qui participent à l’occupation. Quelques heures plus tôt, les occupants avaient coupé l’alimentation du système informatique de la compagnie ayant pour effet, entre autre, de bloquer le système de saisie des versements.

Mardi 22 novembre le procureur a ordonné une enquête préalable aux poursuites et a ordonné que l’investigation sur l’affaire soit à la charge de la Direction Générale de la Police. Les forces répressives ont été mises en alerte pour réprimer ceux qui résistent à la barbarie, au totalitarisme et à la misère. Les gens ne peuvent pas payer d’impôts supplémentaires, ils ne peuvent pas supporter d’autres coupes sociales, plus de chômage…. Ils n’ont que faire de la justice et de la police qui confirment une nouvelle fois leur caractère de classe.

La lutte contre toutes les sortes d’impôts, de prélèvements et de contributions spéciales, doit se poursuivre jusqu’à la fin. Nous sommes habitués à la tactique de désorientation et de pacification du syndicalisme du système et des partis. Il est probable que dans les jours prochains, le gouvernement votera des modifications à la loi sur la « protection des groupes sociaux vulnérables » afin que les syndicalistes mettent fin à leur opposition à cette mesure... La vraie réponse à l’offensive du système doit être donnée par la société elle-même, à la base, sans médiateurs.

Voici la déclaration du GENOP-DEI :

Travailleurs,

Dès le premier jour, quand le gouvernement de M. Papandréou a annoncé qu’il transformait la Compagnie nationale d’électricité [DEI] de serviteur du peuple en un percepteur d’impôts et qu’il utiliserait le bien public de l’électricité comme un moyen de chantage contre les pauvres et les chômeurs, nous avons dénoncé de la manière la plus claire cette décision inacceptable. Lors d’une conférence de presse extraordinaire, le 16 septembre, 2011, nous avons présenté les conséquences tragiques de cette mesure, non seulement pour la société mais aussi au détriment de la DEI.

Comme pour nous, le rôle d’un syndicat ne peut pas rester isolé de ce qui se passe dans la société,
Comme pour nous, le syndicalisme est une cause sacrée, dès le début, nous avons clairement fait savoir qu’avec toutes nos forces et avec la société comme alliée, et en première ligne, nous irions bloquer cette décision inacceptable et criminelle.

Plus précisément, lors de cette conférence de presse, nous avions dit que par notre lutte, nous interviendrons de trois manières pour annuler cette décision inacceptable.

La première : en bloquant l’envoi des factures avec l’impôt exceptionnel sur l’immobilier.
La seconde : au cas où nous n’aurions pas réussi à la première étape, nous bloquerions l’expédition de tous les ordres de coupure de courant pour tous ceux qui ne peuvent pas se permettre de payer l’impôt exceptionnel.
Le troisième et la principale étape serait avec nos corps, avec notre présence physique, en livrant un combat d’homme à homme dans les rues et les quartiers de l’ensemble du pays, nous empêcherons que l’électricité soit coupée pour les ménages modestes.

En ce qui concerne ce dernier point, nous pouvons aujourd’hui annoncer que dans des dizaines de villes à travers le pays, des groupes de patrouille et de vigilance, en coordination avec les lieux de travail, les syndicats, les municipalités locales, les organisations sociales, les associations de citoyens, sont mis en place et là où ils n’existent pas encore, leur création n’est qu’une question de jours.

En cohérence avec ce que nous avons dit, le 13 octobre nous avons essayé de bloquer l’envoi de factures. A la suite de quoi, la direction de la DEI a trouvé des solutions de rechange.
Aujourd’hui, 20 novembre, malgré la féroce attaque que nous avons reçus de la part des laquais du système, en envoyant les ordres de coupure un jour avant, nous sommes ici au seul endroit d’où sont envoyés les ordres de déconnexion à tous le pays.

Nous sommes ici parce que le rôle de la compagnie d’électricité n’est pas d’être un percepteur d’impôts.
Nous sommes ici parce que le bien public de l’électricité ne peut pas être utilisé comme un moyen de chantage.
Nous sommes ici parce que ceux qui ont voté cette loi inique n’ont même pas pris la peine de réfléchir « mais, les chômeurs, comment vont-ils payer ? Nous allons aussi leur couper l’électricité ? »
Nous sommes ici parce que nous refusons de devenir d’ inhumains meurtriers d’enfants et de malades.
Nous sommes ici parce que pour nous, aucun être humain n’est de trop.
Nous sommes ici parce que le sang coule encore dans nos veines.
Nous sommes ici parce que les êtres humains et leurs besoins sont au-dessus des marchés.
Nous sommes ici pour bloquer l’envoi des ordres de déconnexion du bien public de l’électricité, sans laquelle des vies humaines sont mises en danger et personne ne peut vivre.
En conclusion, nous sommes ici parce que nous ne voulons pas demain avoir honte de nous-mêmes.
Nous n’allons pas jeter à la poubelle notre fierté et notre dignité.

Des centaines de personnes sont mobilisées en permanence à l’extérieur du bâtiment.

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La résistance aux mesures d’austérité et les actes de désobéissances s’étendent comme une traînée de poudre

Déjà, le 12 novembre, au moins 10 municipalités de Grèce appelaient à la désobéissance civile

Tandis que le pouvoir se regroupe dans un bloc unique pro-austérité (avec le premier gouvernement de coalition depuis des décennies), la résistance de base en Grèce s’étend comme une traînée de poudre. Nous avions déjà rendu compte des occupations, des grèves sauvages à travers la Grèce, des politiciens pris à partie et des commémorations patriotiques sabotées en réponse aux mesures d’austérité dont « l’impôt d’urgence sur la propriété immobilière » imposé par le gouvernement socialiste de Papandréou et exigible par l’intermédiaire des factures de l’électricité.
Maintenant, en suivant l’exemple de la municipalité athénienne de Nea Ionia, au moins 10 municipalités à travers le pays ont appelé leurs résidents à ne pas payer l’impôt, dans un appel à la désobéissance civile sans précédent. Les municipalités qui appellent à cette action, sont jusqu’ici celle de Nea Ionia, Elliniko, Argiroupoli, Saronikos, Peristeri, Ilio, Korydallos, Larisa, Ag. Ioannis Renti et Amarousion. Toutes sauf une sont dans la plus grande région d’Athènes.

Une vidéo circule sur le Net montrant point par point comment chacun peut rebrancher sa connexion d’électricité après une coupure.
Depuis, d’autres municipalités suivent cet exemple, notamment Patras.

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Le Conseil Municipal de Patras se solidarise avec ceux qui refusent de payer l’impôt immobilier

[16 novembre] Le Conseil Municipal de la troisième ville la plus peuplée de Grèce, Patras, dans une résolution, déclare s’opposer à l’imposition de la taxe immobilière intégrée aux factures d’électricité. La décision du Conseil Municipal de Patras survient à la suite d’autres décisions semblables prises par plusieurs communes d’Athènes et de Thessalonique, ainsi que de plusieurs petites villes et villages.

Le Conseil Municipal de la ville s’est réuni le mercredi 16 novembre, en présence de membres d’associations étudiantes, d’institutions sociales et politiques et d’assemblées populaires. Avec la décision prise, il appelle les citoyens de la commune à la désobéissance, au refus de payer les impôts, tandis qu’il condamne la politique des gouvernements, précédent (du Pasok) et actuel (des partis Pasok, Nd et Laos). Comme on pouvait s’y attendre, ces informations sont passées inaperçues dans les moyens de désinformation qui soutiennent le Régime.

Résolution du Conseil Municipal sur l’impôt immobilier extraordinaire, 18 novembre 2011 :

Le Conseil Municipal de Patras, lors de sa réunion du mercredi 16 novembre 2011, a débattu en détail au sujet de l’imposition de la taxe immobilière extraordinaire, une taxe que les citoyens sont appelés à verser à travers leurs factures d’électricité, et il en est arrivé à l’unanimité aux conclusions et décisions suivantes :

  • Il considère la mesure injuste et en plus, selon les avis d’avocats, cette action est illégale et inconstitutionnelle. C’est la continuation du pillage que subissent les revenus populaires, avec les successives coupes dans les salaires et les pensions, ainsi qu’avec les évasions fiscales tout au long de l’année passée. Son abrogation est aussi exigée par le million de chômeurs, par ceux-là qui n’ont pas de revenus propres sans même être inscrits comme chômeurs, par les propriétaires de petits commerces qui ont fermés et d’entreprises qui ont une facturation ou des recettes allant du minimum à l’inexistant.
  • La méthode de recouvrement a toutes les caractéristiques de la barbarie sociale qui accompagne la politique du gouvernement dans sa totalité. Ils vont couper l’approvisionnement électrique, un bien de première et vitale nécessité pour la survie des familles avec des personnes malades, des enfants, des personnes âgées. Nous ne pouvons pas accepter ce Keadas [1] moderne.
  • La société de notre ville a déjà reçu des coups implacables depuis deux décennies avec la désintégration complète de sa base productive, et elle subit la crise actuelle avec des taux de chômage et de pauvreté deux fois supérieurs à la moyenne nationale. Déjà beaucoup de familles ne peuvent pas payer leurs factures d’électricité, d’eau et du téléphone. Des dizaines de milliers de personnes cherchent avec désespoir un travail à la journée pour nourrir leurs enfants.

    Le Conseil Municipal décide à l’unanimité ce qui suit :

  • Il appelle les citoyens à la désobéissance, au refus de payer les impôts et condamne la politique du gouvernement précédent du Pasok et de l’actuel gouvernement des Pasok, ND, Laos.
  • Il exige l’abrogation immédiate de l’impôt immobilier extraordinaire.
  • Il ordonne l’activation immédiate des services municipaux afin qu’ils procèdent, avec leurs Départements de l’Eclairage public, à la reconnexion de l’électricité pour les foyers à qui on a coupé la fourniture électrique, et la mobilisation des services juridiques pour gérer les cas de sanctions légales, etc.
  • Il soutient toute action collective contre les impôts et les taxes et tous ceux qui refusent de payer. Il appelle tous les agents sociaux à la lutte, et tous les citoyens à se solidariser dans la pratique.
  • La commune va coordonner ses actions avec d’autres communes.
  • Que la décision soit communiquée au Président du gouvernement, aux ministres correspondants et à la Direction de la DEI et qu’elle soit publiée dans tous les moyens de communication.


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Un tribunal maintien le courant pour une famille « surfacturée »

Un tribunal de la ville méridionale de Kalamata a publié une injonction interdisant la DEI (Compagnie Publique d’Electricité) de couper l’approvisionnement en électricité à une famille de cette localité qui a refusé de payer l’impôt immobilier d’urgence. Cette décision importante a été prise après une action en justice lancée par famille contre la DEI, arguant du fait qu’ils avaient été surfacturés.
Les impôts immobiliers d’urgence sont prélevés en ce moment, alors que l’on approche de l’hiver.
Le Barreau de Kalamata a déclaré que cette décision de justice aurait des implications nationales sur la façon dont le gouvernement impose le nouvel impôt sur les l’immobilier.

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Coupure d’électricité au ministère de la Santé

[16 novembre] Le ministère de la Santé a été laissé sans électricité ce matin après que les travailleurs des centrales électriques aient coupé l’approvisionnement dans une action de protestation symbolique contre l’impôt sur l’immobilier du gouvernement.
Les travailleurs refusent cette mesure car ils disent ne être une agence de recouvrement des impôts.
Les syndicalistes ont à plusieurs reprises refusé de couper le courant de salariés à faible revenu qui ne peuvent pas payer.
Les syndicalistes de Genop-DEI, qui représentent des employés de la Compagnie Publique d’Electricité gérée par l’Etat (DEI), ont dit qu’il était « inacceptable » que, alors que l’Etat doit 141 millions d’euros à la DEI, il « donne des ordres pour que la fourniture d’électricité soit coupée aux pauvres, aux chômeurs et aux salariés de bas revenus et aux retraites aux petites pensions ».
Dans sa déclaration, le Genop-DEI a dit que le ministère de la Santé doit à lui seul 3,8 millions d’euros de factures d’électricité impayées.

Les décisions de justice récentes ont indiqué que les consommateurs ne peuvent pas payer la partie électricité de la facture séparément. Par conséquent, si elles ne payent pas l’impôt sur l’immobilier, la DEI doit procéder aux coupures de courant. La compagnie a également mis fin à une pratique qui permettait aux personnes de payer leurs factures en plusieurs fois.
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« Nous ne le permettrons pas. Nous allons arrêter, de toutes les manières que nous pouvons, de couper les fourniture de courant électrique aux domiciles des pauvres, des chômeurs, des retraités, des salariés aux bas salaires » a déclaré Nikos Fotopoulos, le secrétaire du syndicat Genop-DEI a la télévision. « L’électricité ne peut pas être utilisée comme un moyen de chantage. »
Le Genop a déclaré que la DEI avait un total de 856 millions d’euros de factures impayées, un chiffre qu’il s’attend à voir augmenter en raison de l’imposition de la taxe sur l’immobilier.

En bon opportuniste, Antonis Samaras, chef du parti de droite Nouvelle Démocratie a invité le gouvernement de coalition à ne pas couper l’électricité aux ménages à faibles revenus. Samaras, dont le parti a maintenant six membres dans le gouvernement de coalition, a déclaré que des dispositions particulières devraient être prises pour éviter aux familles en difficulté d’être laissées sans électricité avant Noël et que le maintien prolongé des mesures d’austérité du gouvernement pourrait mener « à une explosion sociale ».

(d’après le quotidien Eleftherotypia)


Communiqué du syndicat Genop-DEI :

Pourquoi nous avons coupé le courant au Ministère de la Santé :

  • Alors que l’État doit à la Compagnie Publique d’Électricité (DEI) 141 millions d’euros (le Ministère de la Santé doit à lui seul 3,8 millions), il veut couper la fourniture en électricité à des centaines de milliers de foyers qui n’ont pas les moyens de payer cet impôt, ce qui est une provocation.
  • La DEI qui a été créé avec l’argent du peuple grec pour le servir, est transformée par le gouvernement en collecteur d’impôts et en maître chanteur.
  • Pour protester contre le fait, sans précédent au niveau mondial, que le bien qu’est l’énergie électrique soit utilisé comme un moyen de chantage.
  • Pour la première fois dans son histoire, la DEI a privé à des milliers de citoyens de droit de payer leur facture de façon échelonnée. L’année passée quelque 320.000 foyers ont réglé leurs factures de cette manière.
  • Le gouvernement se souvient qu’il existe dans la population des personnes qui utilisent des appareils respiratoires et des groupes vulnérables uniquement quand nous faisons grève. Maintenant, en percevant l’impôt d’urgence sur immobilier à travers la facture d’électricité, le gouvernement va leur couper le courant pour toujours, alors que lors de nos grèves, il n’est coupé que pendant un heure ou deux.
  • Avec cette loi antisociale détestable, la DEI va être ruinée, car des milliers de personnes pauvres ne vont pas pouvoir payer l’impôt. Les dettes à la DEI dépassent déjà actuellement les 856 millions d’euros.

    Les travailleurs de la DEI déclarent publiquement qu’aucune loi ne les rendra inhumains et qu’ils proposent la création de groupes de défense en commun avec les citoyens, les syndicats, les municipalités, les centres du travail [sorte de bourses du travail], pour empêcher que soit coupée l’électricité aux foyers.

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sources :

Notes

[1] N.d.T. Le précipice dans lequel, selon la tradition, les anciens spartiates précipitaient les enfants pas assez vaillants de naissance. Appelé aussi « gouffre des Apothèques ».

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