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[Grèce en lutte]

L’autogestion de Viomichaniki Metaleftiki, c’est parti !

jeudi 14 février 2013, par WXYZ

Les travailleurs de Vio.Me. (Viomichaniki Metaleftiki), une usine de fabrication de matériaux de construction de Thessalonique, en Grèce, qui a été abandonnée par ses propriétaires, ne sont plus payés depuis mai 2011. Par décision de leur Assemblée générale ils ont décidé d’occuper l’usine et de la faire fonctionner sous leur propre contrôle selon les principes de la démocratie directe.

Après plus d’une année de lutte qui a attiré l’attention et la solidarité en Grèce et même au-delà, ils ont effectivement démarré la production le mardi 12 février 2013, après 3 jours de mobilisation intense.

Traduction d’un compte-rendu publié par l’Initiative de solidarité (Thessalonique)


Τρίτη, 12 Φεβρουαρίου 2013
Mardi 12 février 2013

Les machines de l’autogestion ont été mises en route !

Après 3 jours d’intense mobilisation, l’usine de Vio.Me. a commencé la production sous contrôle ouvrier, aujourd’hui dans la matinée ! Il s’agit de la première expérience d’autogestion industrielle dans une Grèce frappée par la crise, et les travailleurs de Vio.Me. sont convaincus que cela ne sera là que le premier de toute une série d’efforts de ce type.

La manifestation a été massive et dynamique

La mobilisation a débuté par une grande assemblée des travailleurs et des organisations et individus solidaires dans un théâtre du centre-ville le dimanche soir. A cette occasion, la ligne de conduite de l’action du mouvement de solidarité a été discutée, et tout le monde a eu la possibilité de prendre le micro et d’exprimer son opinion sur la lutte des travailleurs.

Des artistes vraiment talentueux ont joué en faveur de la lutte de Vio.Me

Le lundi soir, il y a eu une manifestation dans le centre de la ville suivie d’un concert de solidarité énorme avec plusieurs groupes et chanteurs populaires [folk] bien connus. Parmi eux, Thanassis Papakonstantinou, l’un des plus importants auteurs-compositeurs grecs contemporains qui en quelque sorte « fait partie du mouvement », car il soutient toujours en paroles et en actes les efforts de la société pour l’autodétermination. La participation a dépassé les attentes de tout le monde.
Malheureusement, environ un millier de personnes n’ont pas réussi à entrer, car la salle était pleine. Le plus beau moment de la nuit a été quand les travailleurs ont pris le micro et ont expliqué leur vision d’une autre société, basée sur la justice sociale, la solidarité et l’autogestion. Cinq mille personnes ont applaudi, en criant et en chantant des chansons de soutien. C’est alors que tout le monde a réalisé que cet effort était voué au succès !

Un des travailleurs de Vio.Me. s’adresse aux personnes présentes

Tôt le lendemain matin la mobilisation s’est poursuivie avec une manifestation dynamique en direction de l’usine. Les travailleurs étaient déjà à leur poste et la production a été triomphalement démarrée devant les caméras des médias nationaux, locaux et alternatifs. Les travailleurs ont organisé une visite guidée de l’usine et expliqué tous les détails du processus de production aux journalistes et aux participants du mouvement de solidarité.

Le premier lot de produits fabriqués sous contrôle ouvrier !

Il reste encore un long chemin à parcourir : Les coûts de production sont élevés, l’accès au crédit est impossible et obtenir une part du marché est incertain en période de récession. Les travailleurs sont toutefois optimistes : Le produit du concert de soutien et les dons des particuliers et des groupes de soutien recueillis par le biais du site viome.org devraient être suffisant pour maintenir l’entreprise à flot pendant les premiers mois. Et le soutien des mouvements sociaux signifie que bon nombre des produits seront distribués par le biais des structures existantes de l’économie sociale et solidaire.
Les travailleurs de Vio.Me. sont déjà à la recherche de nouveaux produits d’entretien, à base de composants non toxiques et écologiques, convenables pour un usage domestique. L’usine fabrique des matériaux de construction de qualité (mortiers, plâtres, colle à carrelage et matériaux de jointement, enduits imperméables, etc.) et les travailleurs savent très bien comment améliorer la qualité tout en réduisant encore plus les coûts de production et donc les prix. Le défi consiste maintenant à trouver un marché pour ces matériaux, qui sont malheureusement trop volumineux pour être transportés sur de longues distances, et devraient être vendu en Grèce ou les pays voisins des Balkans.

Les 40 travailleurs de Vio.Me. et les centaines de participants au mouvement de solidarité ont vécu pendant trois jours une expérience inoubliable, qui n’est cependant que le début d’un chemin long et difficile. Maintenant plus que jamais, nous devons être unis et forts, déterminés à construire un monde nouveau fondé sur la solidarité, la justice et l’autogestion !

Texte original : ici

[ Traduit par XYZ pour OCLibertaire ]

Site des travailleurs de Vio.me

http://www.biom-metal.blogspot.gr/

Informations déjà publiées en relation avec cet article
L’entreprise autogérée Viomichaniki Metaleftiki va bientôt commencer à travailler


Mise à jour du 20 février

Les travailleurs de Kouta Steel (Égypte) envoient leur solidarité à la Grèce

Posté le 20 février 2013

Message de solidarité des travailleurs de l’usine Kouta Steel en Egypte aux travailleurs de l’usine Vio.Me minéraux industriels en Grèce ! Nous, les travailleurs de Kouta Steel Factory, à Tenth of Ramadan City, en Egypte [au nord-est du Caire], avons suivi les événements qui se déroulent dans l’usine Vio.Me à Thessalonique, en Grèce. Nous avons appris que le propriétaire de l’usine s’était enfui et que l’Assemblée Générale des travailleurs avait décidé de placer l’usine sous autogestion ouvrière. Et qu’en conséquence, l’usine a rouvert ses portes le 12 février 2013, en tant que coopérative sous gestion ouvrière.

Nous voudrions partager avec vous notre expérience et notre lutte qui a commencé il y a environ un an et demi, au cours de laquelle le syndicat indépendant a été à la pointe de la lutte. Celle-ci comprenait des sit-in et des batailles juridiques en direction du bureau du Procureur général et du ministère du Travail. La lutte a abouti à une décision historique du Procureur général au mois d’août dernier, approuvant le droit des travailleurs de placer l’usine sous l’autogestion ouvrière et autorisant l’ingénieur Mohsen Saleh à diriger l’usine. Il est à noter que le propriétaire s’était sauvé quelques temps plus tôt sans payer les travailleurs depuis le mois de mars.

Le processus n’est pas été exempt d’obstacles et de difficultés depuis lors, à commencer par des négociations difficiles avec les compagnies de l’électricité et du gaz afin d’échelonner le remboursement des dettes de l’usine qui s’élèvent respectivement à 2,6 millions et 0,9 million de dollars pour les deux sociétés. Les travailleurs ont donné une leçon de sacrifice de soi en décidant de réduire leurs salaires de moitié pour pouvoir acheter des matières premières (palettes).

Nous sommes en train actuellement de franchir les dernières étapes pour reprendre le processus de production après avoir reconnecté le gaz et l’électricité. Les travailleurs de Kouta Steel nous sommes, dans le cœur et dans l’esprit, déterminés à améliorer l’usine et mener à bien notre expérience jusqu’à son terme.

Bien qu’éloignés d’un millier de miles de la Grèce, nous envoyons notre plus forte expression de solidarité et de soutien aux travailleurs de Vio.Me et à leur nouvelle expérience de l’autogestion. Nous déclarons également notre rejet absolu des mesures d’austérité qui affectent en premier lieu la classe ouvrière, que ce soit en Grèce ou ici en Egypte.

Nous invitons les travailleurs Vio.Me à démarrer et à échanger nos expériences de lutte, afin que nous puissions tirer les bénéfices des enseignements acquis des deux expériences d’autogestion. Des millions de travailleurs nous regardent comme une réalité concrète et un rêve attendu.

Vive la lutte des travailleurs !
Vive la lutte des travailleurs de Vio.Me et de Kouta !

Le Président du Conseil du Syndicat indépendant
Ahmad Mohsen Saleh Shaarawy
(Mobile : 00201001896116)

Source : ici

Traduction : OCLibertaire

3 Messages de forum

  • L’autogestion de Viomichaniki Metaleftiki, c’est parti !

    14 février 2013 18:07, par grandfred
    ous ai fait un peu de pub pour cet article qui est le début d’une belle réussite.... nous l’espérons tous  !http://www.forumfr.com/sujet510038-les-machines-de-l-autogestion-ont-ete-mises-en-route.html

    Voir en ligne : http://http://www.forumfr.com/sujet...

    • L’usine autogérée de la crise grecque 9 septembre 2013 13:18, par XYZ

      Angélique Kourounis

      La Libre Belgique

      Publié le lundi 09 septembre 2013


      Le pays reste dans l’incertitude : le Premier ministre Antonis Samaras n’a pas exclu une aide "supplémentaire" européenne.

      Ils ont les mains calleuses, les bleus de travail tachés, la cigarette au bec et un grand sourire de lendemains qui chantent. C’est qu’ils ont réussi l’impensable, retrouver une dignité perdue, une raison de continuer même s’ils ne sont toujours pas payés et cela fait maintenant deux ans que cela dure. Ils ? Ce sont les quelque 36 ouvriers de l’usine de matériaux de construction Bio. Me à Thessalonique dans le nord de la Grèce. Le plus dur a été de croire en eux…

      Tous les jours, ils se rendent dans cette usine à l’arrêt, et décident, en commun au cours de l’assemblée générale de début de journée, qui va faire quoi. “Le plus dur a été de se plonger dans les livres de comptes et d’essayer de comprendre ce qui se passait et de croire en nous”, explique Dimitris Mokkas le plus ancien du groupe. “Cela fait 22 ans que je travaille ici. Je suis un ouvrier qui a juste terminé l’école primaire. Avant cette occupation je n’avais pas idée de ce qu’était un bilan, ou un équilibre des comptes, mais comme tout le monde je m ‘y suis mis”.

      L’Argentine à la rescousse

      “On s’est renseigné, on a lu des livres, demandé conseil à des comptables”, renchérit son voisin Didier Koumatsoulis dernier embauché de l’usine “et de nouveaux horizons se sont ouverts à nous, mais ce qui a été déterminant c’est la visite d’Ernesto Lalo l’année dernière. Il a partagé son expérience d’occupation d’usine en Argentine. Il est venu nous encourager et nous parler de ce que l’on pouvait faire, de ce qui était facile et de ce qui serait difficile. Et ce que l‘on a compris c’est que gérer nous-même cette usine est la seule solution pour ne pas rentrer la tête basse dans nos familles”.

      Plusieurs hommes d’affaires des Balkans et même de Grèce sont prêts à travailler avec la nouvelle Bio. Me qui désormais veut faire des produits écologiques pour la construction, mais selon Makis, le “président” de l’association fondée par ces ouvriers, “c’est le gouvernement grec qui bloque”, pourtant il suffirait selon le collectif des ouvriers “d’un tout petit coup de pouce pour redémarrer l’usine”.

      Le coup de pouce demandé n’est rien d’autre que d’effacer l’ardoise laissée par la direction une fois la faillite déclarée. “Pendant des mois ils ne nous ont pas payés en nous disant que c’était la crise, poursuit Makis. Ils nous demandaient de nous serrer la ceinture, ce que nous avons fait car nous voulions tous sauver l’usine, mais en fait ce que la direction voulait c’était gagner du temps pour faire jouer l’article 99 du mémorandum. Un article qui “permet de se déclarer en faillite, malgré des bénéfices sans payer ses employés et ses dettes”.

      Une décision politique avant tout

      Pour Dina Daskalopoulou journaliste au “Journal des Rédacteurs”, un quotidien autogéré né de la crise suite à la faillite du prestigieux Elefteroptia, “ce que demandent les ouvriers est légitime et facile mais éminemment politique. S’il efface l’ardoise de cette usine, le gouvernement devra en effacer beaucoup d’autres car l’exemple de Bio. ME comme celui de notre journal font tache d’huile dans tout le pays”.

      De fait, le “Journal des Rédacteurs” est l‘un des journaux les plus lus dans le pays car il est le pur produit de la crise. Il a donc automatiquement un autre regard sur les mémorandums d’austérité auxquels le pays est soumis. “Ce que nous voulons, martèle Giannis Theodorakopoulos, 55 ans, c’est que toutes les usines de la région qui ont fermé soient reprises par leurs ouvriers. Qui d’autre qu’eux a plus intérêt à les faire marcher ? Nous, la première chose que l’on a faite a été de payer sur nos deniers la dernière machine que les patrons avaient commandée, car on savait qu’on allait en avoir besoin”.

      Faute de pouvoir produire, les ouvriers gèrent le stock qui est resté sur place, entretiennent les machines et espèrent que malgré tout le gouvernement grec va faire un geste pour ce qui à leurs yeux n’est rien d’autre “qu’un investissement”. Mais en attendant, ils sont au cœur d’une vague de solidarité sans précédent.

      Concerts, collectes, pétitions dons en tout genre, et la vague ne faiblit pas. Au contraire, il n’est pas rare de trouver dans les magasins, les librairies et même les cafés branchés du pays des caisses improvisées ou chacun peut verser son obole.


      http://www.lalibre.be/economie/actualite/l-usine-autogeree-de-la-crise-grecque-522d63c035702bc05f0c0326#.Ui2ORg6y42A.facebook

      • La première entreprise grecque autogérée est née à Thessalonique en 2011. Ses ouvriers se démènent pour que leur expérience réussisse et fasse boule de neige.

        A sept heures d’un ordinaire matin d’avril, dans le minuscule bureau de l’usine Vio.ME à Thessalonique, la fumée du café grec qui cuit sur un réchaud de camping se mêle à celle des premières cigarettes de la journée. Des plaisanteries s’échangent, les nouveaux arrivés frottent leurs yeux bouffis de fatigue.

        La réunion journalière des ouvriers de l’usine autogérée Viomihaniki Metalleftiki (Vio.Me.) va commencer. En 2011, les employés, ont pris le contrôle des moyens de production. L’usine a redémarré après une longue période d’arrêt mais a dû, entre temps, changer d’activité : adieu les matériaux de construction, place à la production de biodétergent à base de savon à l’huile d’olive.

        “Bienvenue dans notre processus d’apprentissage !”, lance Makis Agnostou, quadragénaire moustachu dont l’autorité toute patriarcale s’impose à la quinzaine de personnes présentes à cette assemblée matinale. À l’ordre du jour, des problèmes techniques (le savon, que les ouvriers fabriquent eux-mêmes depuis seulement deux semaines, se cristallise à cause du froid, que faire ?), économiques (quelle huile donne la meilleure qualité de savon pour le prix le plus avantageux ?) et légaux. La demande de statut d’entreprise coopérative sociale qui leur permettra de distribuer leurs produits en grande surface va bientôt aboutir et il s’agit de fixer les premiers objectifs de vente.

        D’autres tâches sont réparties au cours de cette réunion : les ouvriers de Vio.ME voyagent souvent en Grèce et organisent des conférences pour encourager les employés d’usines en difficulté à suivre leur exemple. “Il est important de montrer aux gens qu’il est possible de défendre leur travail et de suivre notre démarche, même si ce n’est en aucun cas une voie facile. Notre exemple doit leur donner de l’espoir et le courage de se lancer”, affirme Dimitris Koumasioura qui a, comme la quarantaine d’ouvriers de l’usine, traversé la tempête des dernières années.

        Ici, au cœur d’une zone industrielle de Thessalonique où les usines en ruine se succèdent, Vio.ME a rejeté le modèle patronal : pas de hiérarchie ou de structure rigide, chaque voix compte de manière égale et la plupart des décisions sont votées à l’unanimité.

        Urgence et solidarité

        Tout a commencé dans la fournaise de l’été 2011, alors que la Grèce plonge dans une tourmente économique sans précédent. Dans ce contexte morose, l’entreprise de matériaux de construction Vio.ME, filiale du groupe Filkeram-Johnson, s’en sort plutôt bien, quoique les relations avec son principal investisseur deviennent tumultueuses. La famille grecque Philippou n’a pratiquement versé aucun salaire depuis des mois alors que l’usine marche à plein régime et fait même des bénéfices, contrairement à la maison mère qui fait faillite en juillet.

        Excédés, les ouvriers de Vio.ME prennent le contrôle de l’usine et organisent leur première assemblée générale. Sur 65 employés, 42 choisissent de continuer sans les patrons. Il faudra se battre en justice pour obtenir la propriété légale de l’usine, qui appartient encore à la famille Philippou, et relancer la production. Ceux qui votent contre s’en vont chercher du travail ailleurs.

        Les dirigeants sont partis sans laisser aux employés les papiers leur permettant de s’inscrire au chômage. Il faut trouver d’urgence une source de revenu en attendant que les affaires reprennent. Un fonds de solidarité se crée, qui réunit aujourd’hui plusieurs centaines de donateurs grecs ou étrangers. Toute personne désirant aider Vio.ME s’inscrit sur une liste. Le parrain s’engage à payer 3 euros par mois s’il a un travail et 1,5 s’il est étudiant ou chômeur. Certains font des dons en nature (nourriture et produits de première nécessité). Les ouvriers ont d’ailleurs parfois reçu une partie de leur salaire en nourriture. Mais, comme le souligne Makis Agnostou, “nous ne mendions pas”.

        Les membres solidaires ont accès aux produits de Vio.ME dans les centres sociaux de plusieurs villes grecques ainsi que dans les “marchés ouverts”, ces lieux d’échanges sauvages où le produit est vendu du producteur au client, sans intermédiaire.

        "Démocratie directe"

        Le gros de la bataille consiste à décrocher, devant la Cour de justice, le statut d’entreprise coopérative sociale qui permettra des ventes à grande échelle. Les savons et biodétergents à base de produits naturels de Vio.ME ont trouvé une clientèle fidèle dans plusieurs villes grecques, dont Thessalonique et Athènes, mais il faut augmenter les ventes pour survivre. Or, les démarches s’embourbent dans les méandres de la bureaucratie grecque.

        En vue d’obtenir ce sésame, Vio.ME a dû se résigner à désigner un président et un vice-président. “Cela ne change rien à notre pratique de fonctionnement basée sur la démocratie directe, ni sur notre mode de fixation des salaires, qui varie selon les besoins de chacun, le nombre d’enfants par exemple”, explique Makis Agnostou.

        Porte-drapeaux ?

        Les ouvriers-patrons de Vio.ME seront-ils des porte-drapeaux d’un combat autogestionnaire contre la crise, comme le furent les salariés de LIP en France dans les années 1970 ? Un comité de soutien d’une trentaine de personnes a été fondé en juillet 2011. Son but : créer un mouvement de solidarité entre population grecque et travailleurs, mais aussi se faire connaître grâce à une bonne visibilité médiatique, organiser des manifestations et des conférences au-delà de la région de Thessalonique. Dans cette ville, où le taux de chômage déclaré atteignait, en septembre 2013, les 36% de la population active, Vio.ME est populaire.“Notre fierté est d’être la première entreprise grecque autogérée, clame Makis Agnostou, et d’avoir suscité un bel élan de solidarité au sein de la population”.

        Retour à la réunion matinale où est annoncée la nouvelle de la journée : à Caen, dans la biscuiterie française Jeannette, les ouvriers ont pris possession de l’usine qui avait été liquidée en décembre. Après quelques hourras, un ouvrier murmure : “Espérons qu’ils tiendront jusqu’au bout”. Les visages à la ronde, certes souriants, sont marqués par la fatigue. Certains des ouvriers travaillent le week-end sur les marchés pour vendre les produits Vio.ME. Et beaucoup font des heures supplémentaires, de nuit, dans d’autres entreprises, pour pouvoir s’en sortir financièrement...

        Léonore Stangherlin (Monde Académie à Thessalonique)


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