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Grèce

Sur Syriza et sa victoire aux récentes élections générales en Grèce

Point de vue de : Ta Papaidia Tis Galarias - TPTG

lundi 16 février 2015, par admi2


Sur Syriza et sa victoire aux récentes élections générales en Grèce

Ta Papaidia Tis Galarias - TPTG

Le 25 janvier 2015, pour la première fois dans l’histoire de la Grèce, un parti de gauche, SYRIZA, a gagné les élections nationales avec une majorité de 36,34%, soit 8,5% de plus que Nea Demokratia (Nouvelle Démocratie), le parti de la droite traditionnelle et principale force de la coalition gouvernementale sortante. Pourtant, SYRIZA n’a pas atteint la majorité absolue, n’obtenant que 149 sièges au Parlement (un minimum de 151 sièges étant nécessaire pour obtenir un vote de confiance). En conséquence, ils ont dû former une coalition avec « Anexartitoi Ellines » (‟Grecs indépendants”), un parti populiste nationaliste de droite qui a obtenu 4,75% des voix et 13 sièges au Parlement. Une telle collaboration était devenue possible en raison de la ferme opposition d’« Anexartitoi Ellines » aux programmes d’austérité des années précédentes, ceci malgré de grandes différences entre les deux partis sur des questions comme l’immigration et la politique étrangère.

Le vote de la classe ouvrière et de la petite bourgeoisie pour SYRIZA a été un vote de revanche contre un gouvernement de droite dont le programme drastique d’austérité avait engendré des effets désastreux sur leur vie et développé dans la population des tendances dépressives et suicidaires. Ce fut un vote contre une politique de la peur qui avait non seulement imposé la répression des luttes mais aussi de nombreuses petites « guerres civiles » quotidiennes déprimantes parmi les travailleurs. Ce fut un vote contre la propagande constante et monotone du dogme “there-is-no-alternative” [TINA, « il n’y a pas d’alternative »]. Rien n’illustre mieux la popularité du programme politique alternatif de SYRIZA que cet exemple : dans le camp de concentration d’Amygdaleza, les migrants « illégaux » qui s’étaient révoltés au cours de l’été 2013 contre leur incarcération et qui n’ont pas le droit de vote chantèrent en chœur dans la nuit du 25 janvier face à leurs gardiens : « Tsipras-Tsipras ! ».

Comme nous le verrons en détail dans la suite de ce texte, les principaux points du programme de SYRIZA sont :

a) l’annulation de la plus grosse partie de la dette en même temps que d’autres mesures de soulagement de cette dette,

b) l’abolition de tout programme d’austérité (en fait une dévaluation du capital).

Il est intéressant de noter que c’est seulement récemment que les cadres de SYRIZA ont exprimé un point de vue optimiste quant à l’acceptation de leurs positions et de leurs propositions par les créanciers de la Grèce, c’est-à-dire l’ensemble des États membres de l’Union Européenne, la Banque Centrale Européenne et le FMI. Il est possible que cet optimisme soit lié au fait que la déflation courante et la stagnation au sein de l’UE, en liaison avec la chute du cours du pétrole, ait conduit au lancement d’un « quantative easing »[1] de grande dimension, un programme de rachat de titres par la BCE de 1 000 milliards d’euros, afin de stimuler les économies européennes. Cette stratégie récemment annoncée de « quantative easing » signifie une politique inflationniste de dévaluation du capital-argent dans l’ensemble de l’Union Européenne, par le biais d’une dépréciation de l’euro qui permettrait de prévenir l’imposition de nouvelles mesures drastiques d’austérité dans certains pays de l’UE ou bien le resserrement des déficits budgétaires, même si ce virage ne signifie pas que le bon vieux « terrorisme fiscal » soit abandonné comme outil pour attaquer les prolétaires de l’UE .

En outre, quelques responsables de gouvernements européens ont exprimé leur soutien ou leur sympathie envers les positions de SYRIZA, comme par exemple le ministre des finances d’Irlande qui, deux semaines avant les élections générales grecques, soutenait l’idée d’une conférence européenne sur la dette, ou le chancelier autrichien qui a critiqué les programmes d’austérité et proposé de discuter de mesures spécifiques d’allègement de la dette. Il semble qu’en raison de la stagnation économique persistante, une fraction petite mais croissante du capital européen pousse vers l’abandon de la politique drastique d’austérité initiée par l’Allemagne. D’éminents économistes ou commentateurs financiers ont non seulement reconnu qu’un allègement de la dette est nécessaire mais ont aussi approuvé le programme de SYRIZA préconisant de remplacer des coupes dans les dépenses par des dépenses stimulant la demande[2]. Même si Martin Schulz, le président allemand social-démocrate du Parlement Européen, s’est déclaré convaincu que SYRIZA ne parviendra pas à obtenir une réduction de la dette, il a malgré tout évoqué la nécessité d’aller vers un « compromis ».

En même temps, il semble possible que SYRIZA utilise d’autres instruments de politique étrangère comme le droit de veto dans le but d’obtenir des concessions de l’UE.

Comment SYRIZA est parvenu à être majoritaire en Grèce

SYRIZA est le sigle de « Synaspismós Rizospastikís Aristerás » qui peut se traduire en français par « Coalition de la Gauche Radicale ». Syriza fut créé en janvier 2004 comme une coalition de plusieurs partis et groupes politiques de gauche, dont les plus importants d’entre eux sont Synaspismós (Coalition de la Gauche, des Mouvements et de l’Écologie), AKOA (La Gauche du Renouvellement communiste et écologiste), Keda (Mouvement de la gauche unifiée dans l’action), DEA (Gauche Ouvrière Internationaliste) et KOE (Organisation communiste de Grèce). SYRIZA se transforma en un parti unique avant les élections générales de juin 2012 quand il lui a semblé possible de gagner les élections en profitant du bonus de sièges parlementaires donné à la majorité par le système électoral grec. Synaspismos était de loin la composante la plus forte et la plus importante de SyRIZA et avait été formé en 1989 comme coalition entre le KKE (Parti Communiste prosoviétique) et la Gauche Grecque, le successeur de KKE de l’Intérieur (un parti euro-communiste qui avait scissionné du KKE en 1968). Le KKE quitta Synaspismos en 1991 quand la ligne dure de la fraction stalinienne purgea du parti tous les membres défendant une ligne social-démocrate y compris le secrétaire général du parti qui démissionna du KKE mais resta membre de Synaspismos. À la fin des années 1980, AKOA scissionna du KKE de l’Intérieur pendant que KEDA scissionnait du KKE au début des années 1990. DEA était une scission du Parti socialiste des travailleurs, trotskiste (associé à la Tendance Socialiste Internationale) et le KOE était le successeur d’un groupe qui a scissionné du parti maoïste KKE-Marxiste/Léniniste.

La création de SYRIZA est directement liée aux ferments et aux développements politiques qui sont apparu au cours de la période du mouvement « anti-globalisation » et à la prévalence du discours soi-disant anti-néolibéral dans les rangs de ce mouvement. Précisément, tous ces groupes politiques apparemment hétérogènes s’unirent dans une opposition aux restructurations néo-libérales de l’État capitaliste du welfare et optèrent pour un retour à plus de gestion sociale-démocrate des rapports sociaux capitalistes. L’outil organisationnel pour cette unification fut la formation intitulée « Espace pour un dialogue pour l’Unité et l’Action commune de la Gauche », formation qui prépara la participation de la gauche grecque à la manifestation « anti-globalisation » de Gênes en 2001. Il ne fait pas de doute qu’il y a encore des positions divergentes au sein de SYRIZA au sujet de certaines questions comme la nationalisation des banques, la participation à l’Eurozone mais en ce moment, les sociaux-démocrates les plus « radicaux » qui envisagent la nationalisation des banques de même que les soi-disant ‟eurosceptiques” qui sont pour la sortie de l’Eurozone perdent du terrain dans le parti.

***

Avant le déclenchement de la « crise de la dette » en 2010, qui était une manifestation de l’aggravation de la crise prolongée de la reproduction capitaliste en Grèce et l’imposition d’une politique de choc de dévaluation du capital variable et du capital constant à travers le mécanisme des infâmes « mémorandums » – c’est-à-dire les programmes d’austérité liés aux prêts accordés par la Troïka (FMI, BCE, UE)[3] – au cours des années qui suivirent, SYRIZA n’avait jamais gagné plus de 5% des voix aux élections européennes ou nationales. SYRIZA émergea comme le principal parti d’opposition au cours des élections générales répétées de 2012, mais seulement après le reflux, la récupération ou la défaite des luttes contre la mise en œuvre des politiques de dévaluation du capital (16,78% des votants en mai et 26,9% en juin 2012).

Ce développement est considérablement lié au rôle central joué par SYRIZA dans le « mouvement des places » qui éclata fin mai 2011 et qui se poursuivit avec vigueur pendant plus d’une année. La principale manifestation du « mouvement des places » en Grèce fut l’occupation de la place Syntagma (la place centrale d’Athènes en face du Parlement) qui dura deux mois au cours de l’été 2011. Ce mouvement semblait offrir une perspective de dépassement de la logique sectorielle des syndicats et de remise en question non seulement des partis politiques de gauche comme forme aliénante des pratiques de représentation de la classe ouvrière mais aussi du système politique dans son ensemble. Toutefois, ce mouvement en est resté au niveau de la protestation politique et de la revendication d’une « démocratie réelle/directe », bien que son rôle, en appelant à la grève contre les accords de moyen terme et dans l’organisation de batailles contre les forces de police du pouvoir capitaliste en juin 2011, ait été crucial. Les mécanismes de parti de SYRIZA et d’autres organisations de la gauche ont pris part de manière incognito aux groupes qui jouèrent un rôle clé dans l’organisation de l’occupation de la place et, de ce fait, réussirent à dominer largement le contenu et les formes de lutte en prônant une idéologie de gauche nationaliste « d’indépendance nationale », de « reconstruction productive de l’économie grecque », « d’annulation de la partie odieuse de la dette », etc. En outre, ces mécanismes firent de leur mieux pour limiter la lutte à un niveau purement symbolique, bloquant toutes les suggestions pratiques qui furent faites pour étendre la lutte aux lieux de travail et aux bureaux de chômage tandis que, dans le même temps, ils faisaient la promotion de la ‟provocateurologie” contre ceux qui s’affrontaient aux forces de l’ordre au cours des manifestations de masse .

Le « mouvement des places » était basé à la fois sur la création de nouvelles « assemblées populaires » dans les quartiers de la périphérie d’Athènes et dans les villes de province, et sur la revitalisation temporaire de celles qui existaient déjà (celles dont l’origine remontait à la révolte de décembre 2008). Dans la période qui a suivi le mouvement de la place Syntagma, se développa un mouvement de mobilisations préconisant le « refus de paiement d’en bas » organisé principalement par les assemblées. Ces mobilisations se concentraient principalement dans le refus de paiement :

a) des factures d’électricité qui, à ce moment et pour les trois années suivantes, incluaient un nouvel impôt sur la propriété foncière ;

b) des tickets de transport dont les prix avait augmenté ;

c) des péages autoroutiers qui s’étaient multipliés alors que leurs prix avaient augmenté.

Les membres de SYRIZA et d’autres militants de gauche qui participaient aux « assemblées populaires » impulsèrent alors une réorientation de la cible des mobilisations, des actions prolétariennes antagonistes – comme la reconnexion de l’électricité dans les foyers ouvriers ou le blocage/sabotage des machines de validation des tickets dans le métro – vers des actions légales qui souvent impliquaient les appareils des municipalités gouvernées par des maires de gauche/sociaux-démocrates.

Les tentatives de SYRIZA de récupérer les mobilisations ont été largement couronnées de succès, une tâche plutôt facile en raison de composition interclassiste de celles-ci et de leur contenu politique : les assemblées, même quand elles étaient à prédominance prolétarienne de toute sorte ne se sont jamais définies comme des collectivités de la classe ouvrière ; elle étaient plutôt perçues par la majorité des participants comme des assemblées de citoyens locaux/individus privés/propriétaires privés… À partir de là, il n’y avait qu’un petit pas à franchir pour qu’elles soient subsumées dans le discours social-démocrate des « droits sociaux du citoyen », du « droit aux biens communs », etc., qui était prôné par SYRIZA. Par exemple, les assemblées de quartiers ont organisé une série de soi-disant activités de solidarité comme des soupes populaires, des centres de santé autogérés, des coopératives d’échanges de marchandises, d’échanges de services (par exemple de classes de langues étrangères) dans un cadre anti-gouvernemental interclassiste. La stratégie d’autogestion de l’austérité a été largement adoptée par SYRIZA qui, comme nous en parlerons plus loin, a inclus une économie ‟sociale” et ‟solidaire” comme un des piliers de son programme de « reconstruction productive de l’économie grecque ». Aujourd’hui SYRIZA contrôle une pléthore d’organisations de base de ce type, de solidarité y compris des centres de santé et des pharmacies autogérés, des centres d’échanges de marchandises, des centres d’aide alimentaire, etc. Notre position affirmant que les limites entre de tels projets et les actions caritatives de l’Église ou des ONG sont particulièrement floues a été confirmée par les récentes déclarations de soutien à la mission philanthropique de l’Église exprimée par le président de SYRIZA lors d’une rencontre avec l’archevêque d’une institution religieuse de charité. En outre SYRIZA a utilisé les assemblées de voisinage pour renforcer ses sections locales qui ont souvent copié la forme des assemblées et a recruté des adhérents au sien des assemblées de quartier.

La capacité de SYRIZA de remplacer (à un degré limité mais substantiel) les fonctions d’un welfare-State [État-providence] en cours de désintégration en Grèce s’est vu renforcée par ses avancées récentes aux élections locales. Par exemple, depuis septembre 2014, SYRIZA gère l’administration régionale de l’Attique (la région la plus peuplée de Grèce où se situe Athènes) et a imposé la reconnexion de l’électricité à un nombre significatif de familles pauvres en fournissant une allocation de 360 euros par an pour chaque ménage dont l’électricité avait été coupée.

En outre, après la défaite des luttes dans le secteur public (à l’exception de la lutte contre le nouveau système d’évaluation des employés et des unités de travail qui est encore en cours), une défaite survenue pour de nombreuses raisons, dont certaines ont déjà été exposées dans nos textes susmentionnés, SYRIZA a émergé comme le parti politique qui reviendrait au statu quo ante en annulant les plans de licenciements collectifs, les mises à la porte dans les universités et, plus largement dans les services publics, et la réouverture de l’ERT (le service de la radio et TV nationale qui avait été fermé par le précédent gouvernement avec le licenciement d’environ 3 000 employés). Pour ce qui concerne les luttes contre les fermetures d’entreprises, SYRIZA a soutenu activement l’autogestion des usines par leurs anciens salariés en se basant sur l’exemple de Viome[4] ainsi que l’organisation de la distribution de leur production par des bourses d’échanges de marchandises auto-organisées et sans intermédiaires. L’autogestion des entreprises en faillite et la création de nouvelles entreprises coopératives, l’auto-organisation de réseaux de distribution/consommation et la création d’associations d’entreprises autogérées prenant en charge des fonctions de soutien juridique, de conseil et de comptabilité « dans le but de créer des économies d’échelle » ou même la création d’institutions de crédit coopératif constituent le programme de SYRIZA pour une « économie sociale », pilier de son plan de « reconstruction productive ».

Sur le même terrain de la représentation politique, la puissance de SYRIZA s’est accrue en raison de son opposition résolue au parti d’extrême-droite Aube Dorée. L’impact d’Aube Dorée sur l’électorat national avait été largement renforcé après le reflux du « mouvement des places ». Ce mouvement avait combiné un mouvement de base d’une « révolte de gauche » avec celui d’une « révolte de droite ». Après ce reflux, la fraction la plus passive et raciste de cette « révolte de droite » d’en bas contre les mesures d’austérité avait trouvé une représentation politique dans ce parti politique d’extrême-droite. Cette représentation fut encouragée par l’aile droite du parti au gouvernement et les mécanismes de l’‟État profond”. Quand la violence des membres de ce parti contre les migrants et les militants de gauche a atteint un niveau insensé en septembre 2013 et que son autonomisation par rapport à l’État était devenue évidente, leurs frères de la droite gouvernementale furent contraints de mettre les dirigeants d’Aube Dorée en prison. Pourtant, le véritable gagnant de la campagne antifasciste d’État fut SYRIZA qui avait soutenu toutes les activités antifascistes au cours des années précédentes dans et hors des « assemblées populaires »[5]

La place dominante dans le mouvement anti-austérité du discours nationaliste au sujet de la renégociation/réduction de la dette gouvernementale – une réduction étatiste des paiements se faisant au sommet (une préoccupation partagée aussi par Aube Dorée) opposée au refus prolétarien de payer venant d’en bas – et la « reconstruction productive de l’économie grecque » combinée à la domination du discours social-démocrate sur les « droits sociaux du citoyen », les « droits aux biens communs », l’« autogestion » et l’« économie sociale » ont pavé la voie à l’émergence de SYRIZA en tant que prochain parti dirigeant. Après avoir activement saboté le développement potentiel des luttes dans les lieux de travail, les places et la rue vers un mouvement prolétarien qui aurait pu menacer la domination du capital et de son État, SYRIZA a réussi à traduire la défaite des mouvements de lutte en pouvoir électoral. Une grande partie de la classe ouvrière et de la petite bourgeoisie ont placé leurs espoirs dans le renversement de la politique de dévaluation du capital grâce à un succès électoral de SYRIZA. Le nouveau gouvernement de coalition représente la reconnexion des mouvements de base de la « révolte de gauche » avec la partie la plus active et non fasciste de la « révolte de droite » au niveau de l’État capitaliste. Normalement cela devrait ouvrir un nouveau cycle de luttes revendicatives de la classe ouvrière et de la petite bourgeoisie.

Qu’arrive-t-il aux programmes politiques de gauche quand les mouvements sociaux battent en retraite ?

Il est intéressant de dresser la liste des changements intervenus dans le programme politique de SYRIZA entre 2010 et aujourd’hui. Afin d’illustrer ces changements plus clairement, nous les avons divisés en catégories comme suit.

Gestion de la dette gouvernementale

La principale position du programme de SYRIZA concernant la restructuration de la dette de l’État est demeurée la même depuis 2010, à savoir renégocier cette dette en en annulant la plus grande partie. Récemment, ils ont évoqué le précédent historique du traité de 1953 de réduction de la dette entre la République Fédérale d’Allemagne et les nations créancières après la conférence de Londres sur la dette. D’autre part, les principaux changements peuvent être ainsi récapitulés :

a) En 2010 et 2011 SYRIZA défendait un emprunt direct auprès de la BCE à un faible taux d’intérêt, similaire à celui consenti aux banques privées, mais, dans leurs propositions les plus récentes, ils ont plaidé pour la politique de ‟quantitative easing” par l’achat d’obligations d’État par la BCE.

b) Depuis 2012, SYRIZA propose de différer le paiement des intérêts de la dette jusqu’au redressement de l’économie grecque avec l’inscription d’une « clause de croissance économique » régulant ce remboursement.

c) En 2011, SYRIZA défendait la réalisation d’un audit approfondi de la dette de l’État grec dans le but d’en annuler la fraction la plus odieuse, une position qui depuis lors a été retirée du programme. Celui-ci montre aussi qu’en 2010 et 2011 SYRIZA défendait l’abolition des pactes de stabilité européens, tandis qu’en 2015, il ne défend plus que l’exclusion des programmes d’investissement public des restrictions imposées par le pacte stabilité et de croissance. En outre, en 2010, SYRIZA préconisait des restrictions à la libre circulation des capitaux par l’adoption de la taxe Tobin, une position qui depuis ne figure plus dans son programme.

Enfin, last but not least, dans son programme de 2015, SYRIZA réclame la mise en place d’un délai de grâce substantiel de telle sorte que l’État grec n’aurait plus à assurer le service de la dette pendant un certain nombre d’années afin de canaliser les fonds ainsi dégagés vers des dépenses d’investissement comme levier pour le « redémarrage de l’économie ».

Système bancaire et dette privée

Il y a eu un changement fondamental dans le programme de SYRIZA en ce qui concerne le système bancaire. En particulier, en 2010 et 2011, SYRIZA défendait la nationalisation des banques alors qu’en 2015, il ne parlait plus que de la création d’une banque publique d’investissement et d’un certain nombre d’institutions publiques spécialisées dans le crédit aux petites entreprises, aux entreprises autogérées et aux agriculteurs. Toutes les références à la nationalisation des banques ont été effacées. Depuis 2011, SYRIZA avait inclus dans son programme une provision pour le règlement des prêts non remboursés des particuliers et des entreprises alors qu’en 2015 le programme ne promet plus que l’interdiction des saisies pour vente aux enchères de la résidence principale [en cas de défaillance dans le remboursement]. En outre, le programme de 2015 plaide pour que le règlement des dettes privées envers l’État en raison des impôts ou des contributions aux caisses de sécurité sociale soit effectué en fixant des limites supérieures aux mensualités en fonction des revenus du foyer. Dans le même temps, ils promettent d’arrêter les saisies de propriété et les poursuites pénales des personnes qui auraient volontairement réglé leurs dettes envers l’État.

Privatisations / nationalisations

SYRIZA n’a pas changé sa position sur l’arrêt de la privatisation des services publics des entreprises et des infrastructures publiques. Cependant, sa position initiale de 2010 de renationaliser « graduellement » les « entreprises stratégiques » comme les télécommunications, l’électricité et les infrastructures telles que les ports, les aéroports et les routes a été graduellement abandonnée. Depuis 2012, SYRIZA relie la renationalisation des « entreprises stratégiques et des infrastructures » à la disponibilité de fonds suffisants pour racheter les actions et les titres de propriété, une condition qui signifie concrètement qu’aucune renationalisation n’aura lieu. En outre, depuis 2012, SYRIZA préconise de transférer la propriété des ressources naturelles et minérales à un trésor public qui pourrait les utiliser comme garantie pour l’émission d’obligations d’État. Leur position de 2010 de re-réguler des marchés (services publics,…) a été abandonnée.

Investissements publics

Le programme de SYRIZA n’a pas changé depuis 2010 en ce qui concerne leur intention d’augmenter les investissements publics comme levier pour favoriser la croissance et la soi-disant reconstruction productive de l’économie. Dans ce contexte, ils ont promis d’accroître les fonds consacrés à la recherche scientifique, menée principalement dans les universités grecques et d’accorder des facilités à certaines industries (par exemple la production de médicaments). En 2015, SYRIZA appelle à un « New Deal » européen qui permettrait d’inverser la déflation et d’alimenter la croissance en Europe à travers un programme d’investissements publics soutenu par l’UE.

Fiscalité / dépenses

La position de SYRIZA en 2010 et 2011 d’imposer une taxe de 45% sur les profits non distribués des grandes entreprises capitalistes a été effacée de son programme en 2012. De même la promesse d’abolir les exonérations d’impôt sur le capital des armateurs faite en 2010 et 2012 a été édulcorée dans leur programme le plus récent et ils parlent seulement de revoir toutes les exonérations et d’abolir seulement celles qui ne seraient pas « liées en elles-mêmes à une activité de commerce maritime ». Pour ce qui est des impôts sur les « personnes physiques », la position affirmée en 2010-2011 d’augmenter la fiscalité directe des couches les plus riches a disparu, tandis que dans le programme de 2015 ils ne parlent plus que de la réduction progressive de la fiscalité indirecte « après délibération », contrairement à leur position de 2010 pour une réduction immédiate des impôts indirects et leur position de 2012 pour une réduction de la TVA dans le tourisme et la restauration. Toutefois, dans le programme de 2015, SYRIZA promet de relever le revenu non imposable pour toute les personnes physiques à 12 000 euros, d’abolir le nouvel impôt foncier, l’impôt sur le fuel domestique et la taxe imposée aux travailleurs indépendants. En outre, ils promettent de réduire la charge fiscale des petites entreprises. S’agissant des dépenses de l’État, en 2010 et 2011, SYRIZA soutenait l’augmentation des dépenses sociales et la réduction du budget de la défense mais, après 2012, il ne parlait plus que de geler la réduction des dépenses sociales. Depuis 2014, leur position est qu’ils maintiendront un budget de l’État en équilibre, une position qui suppose la poursuite de l’austérité en dépit et en contradiction avec leurs promesses.

Salaires et rapports de production

En 2010, le programme de SYRIZA promettait une augmentation des salaires, des retraites et des allocations chômage. En 2011 leur position avait changé et se limitait au retour immédiat des salaires et retraites au niveau de 2009 avant la mise en œuvre du mémorandum. En 2012, il ne préconise plus que le gel des réductions de salaires et des retraites et le rétablissement progressif des salaires à leur niveau de 2009, sans plus de précision et ne promettait que le rétablissement immédiat du salaire minimum à ses niveaux de 2009. En ce qui concerne les relations de travail, c’est-à-dire d’exploitation, en 2010, ils préconisaient de nouvelles restrictions aux licenciements tandis qu’en 2012, il ne promettait plus que l’abolition de la législation de 2010 qui « libéralisait » le marché du travail en favorisant les licenciements, en réduisant les indemnités de départ et limitant l’application des conventions collectives. SYRIZA préconise encore la réduction du travail précaire avec l’abolition de l’emploi indirect et la diminution de la sous-traitance dans le secteur public. Cependant, ils admettent contradictoirement la possibilité pour les municipalités de mettre en place des programmes subventionnés de travail temporaire et des « programmes de formation » dans le but de réduire le chômage. Dans les programmes de 2012 et 2015, SYRIZA promet de pénaliser le travail non déclaré (« au noir ») et de renforcer les services de l’État surveillant le respect de la législation du travail. Au final, dans leur programme le plus récent, ils promettent de rétablir la fermeture du dimanche dans le commerce de détail.

Prestations sociales

SYRIZA avait promis en 2010 d’augmenter les allocations chômage. Dans leur plus récent programme, leur position se limitait à restaurer les allocations chômage à leur niveau de 2009 (461 euros pendant 12 mois). En 2012, ils ont promis d’étendre les allocations chômage aux travailleurs indépendants mais dans leur programme de 2015 ils ne parlent plus que de modifier les allocations chômage afin de ne couvrir que les travailleurs indépendants sans ressource. Alors qu’ils préconisaient en 2012 d’étendre la durée des allocations chômage à deux années, dans leur programme le plus récent ils ne promettent plus une telle extension qu’aux chômeurs longue durée. Mais ils ont aussi promis d’abolir la restriction imposée à la durée totale du versement des allocations (400 jours de paiement d’indemnités par période de 4 ans). En outre, ils ont aussi inclus dans leur récent programme un certain nombre d’allocations visant à atténuer l’extrême pauvreté, c’est-à-dire l’électricité gratuite et des bons alimentaires pour 300 000 foyers, un logement gratuit pour les SDF en utilisant des bâtiments municipaux et des hôtels vides qui seront subventionnés, les soins médicaux gratuits pour les chômeurs et les personnes non couvertes par la sécurité sociale, les transports gratuits pour le chômeurs et les travailleurs à très faibles revenus. SYRIZA a compris qu’ils pouvaient gagner de nombreux votes en promettant une maigre pitance à un nombre significatif de foyers paupérisés.

Retraites

En 2010, SYRIZA avait promis de supprimer toutes les lois qui, depuis 1990, avaient attaqué les droits à la Sécurité Sociale et les retraites et avait reconnu les dettes de l’État envers les fonds de la sécurité sociale. Dans son programme de 2012, ces positions ont été effacées et remplacées par la seule promesse de rétablir les cotisations des employeurs à leur niveau antérieur le plus élevé, de combattre les fraudes aux contributions par les employeurs, de geler les baisses des retraites, de « rétablir graduellement les pensions de retraites » à leur niveau antérieur et d’abolir la loi de 2011 qui exemptait de nombreux emplois de la catégorie des « métiers dangereux », ce qui était favorable aux travailleurs. Comme nous l’avons mentionné précédemment, la promesse de 2010-2011 de rétablir les retraites à leur niveau de 2009 a été remplacée dans les programmes de 2010-2011 et de 2015 par la seule promesse de geler la baisse des retraites. En outre, dans le programme de 2015, ils avancent qu’ils passeront en revue l’exclusion des emplois de la catégorie des « métier dangereux » contrairement à leur promesse de 2012 de supprimer immédiatement cette exclusion. Ils avaient proclamé qu’ils réduiraient l’âge de la retraite de 2 années, c’est-à-dire rétablir l’âge de 65 ans pour une retraite pleine et 60 ans pour une retraite réduite. En outre , ils avaient promis d’abolir la nouvelle méthode de calcul des retraites à partir du 1er janvier 2015 ainsi que les restrictions à la possibilité d’obtenir une retraite réduite, ce qui exclut nombre de travailleurs du droit à une retraite (selon ces restrictions, un travailleur doit avoir cotisé 100 jours de travail par an pendant les cinq dernières années pour obtenir une retraite).

‟Économie sociale” (secteur autogéré)

En 2010, le programme de SYRIZA n’accordait pas trop d’importance à « l’économie sociale », à part une référence au soutien des associations d’agriculteurs. Cela commença à changer en 2012 quand le programme a promis de fournir des incitations et des facilités pour le développement de « l’économie sociale ». Cela a complètement changé dans le programme de 2015quand il devint évident que SYRIZA accordait plus de poids à ce secteur pour la réduction du chômage et la « reconstruction productive de l’économie ». Ces changements reflètent la croissance du secteur de l’« économie sociale » du fait que de plus en plus de prolétaires font face à leurs besoins ou même ne peuvent joindre les deux bouts qu’en s’engageant dans de tels projets ou dans des entreprises low cost. En particulier, ce parti fit la promesse d’aider la reprise et l’autogestion des entreprises en faillite en modifiant la loi sur les faillites. Il a aussi promis de soutenir les coopératives et les associations par des exonérations d’impôts, des subventions européennes, en fondant des institutions publiques de crédit spécialisées, ainsi que la création de structures spéciales de soutien fournissant des services en conseil, en comptabilité et en aide juridique.

Les emplois dans les services publics

Le programme de 2012 promettait l’abolition de la loi sur les licenciements collectifs et les licenciements simples dans le secteur public. Dans son programme de 2015, SYRIZA promet que les travailleurs du secteur public qui ont été congédiés ou licenciés retrouveront leur position antérieure. Il a aussi promis d’abolir le nouveau système d’évaluation des travailleurs et des unités de travail de le remplacer par un système d’évaluation basé sur « des facteurs et des indicateurs objectifs », sans que l’on sache trop bien ce que cela signifie. En outre, ils prévoient d’abolir la nouvelle loi strictement disciplinaire pour les travailleurs du secteur public qui a été imposée dans le cadre législatif du mémorandum. Enfin et surtout, ils promettent de créer des milliers d’emplois stables et permanents dans les secteurs publics de l’éducation, de la santé et de la protection sociale comme partie de leur engagement de créer au total 300 000 emplois dans les secteurs publics, privés et autogérés.

Ce catalogue plutôt bien fourni des changements de programmes de SYRIZA illustre de manière convaincante la dilution progressive de ses positions dans une direction social-démocrate encore plus timide ainsi que ses contradictions. L’ajustement graduel de SYRIZA à la realpolitik montre qu’après avoir élagué la plupart de ses positions considérées comme inacceptables du point de vue de la stratégie capitaliste néolibérale dominante dans la zone euro et en ne conservant que les dispositions les plus inoffensives – et en les enrichissant comme celles concernant la soi-disant « économie sociale » –, SYRIZA pouvait se transformer en un gestionnaire « neuf » et plutôt compétent de l’État capitaliste.

TPTG, janvier 2015

__________

Annexe

Sur quelques débats théoriques à l’intérieur de SYRIZA qui furent rapidement mis de côté

Les minorités communistes anti-État en Europe et ailleurs qui s’intéressent toujours aux questions de la communisation, de l’État capitaliste et de la théorie de la valeur peuvent être intéressées de savoir que l’un des principaux architectes des programmes de SYRIZA – et un des membres de l’équipe menant les négociations avec le reste de États membres de l’UE – était, il y a quelques années encore, la principal théoricien de la fraction althussérienne de SYRIZA et un des principaux critiques de la théorie néo-gramscienne de l’État et de la théorie ricardienne de la valeur travail.

Voici quelques citations de ses textes :

« C’est le « filtrage » parlementaire des différentes pratiques de classe (non seulement les pratiques de la bourgeoisie et de ses alliés mais aussi celles de la classe ouvrière et de ses alliés) qui rend leur « représentation » possible au sein de l’État, et c’est ce qui rend possible leur subsomption à l’intérêt général du capital… Ce n’est pas un parti particulier mais tout le système parlementaire qui lie les classes inférieures à la « classe politique » du pouvoir capitaliste. Ce n’est pas un parti particulier mais l’État capitaliste dans son ensemble qui constitue le « parti » réel », le véritable « représentant » du capital, le concentré politique du pouvoir capitaliste. C’est pourquoi, depuis l’époque de Marx, toutes les « visions » et tentatives des véhicules politiques réformistes de « conquérir » et de socialiser l’État se sont conclues par la nationalisation des visionnaires et de douloureux réveils. »[6]

« L’économie politique classique était une théorie incorporant à la fois celle de la valeur travail et une théorie de l’exploitation des travailleurs salariés par les classes possédantes. Les principaux courants du marxisme ont adopté cette théorie classique de la valeur et de l’exploitation en éliminant la critique que Marx en avait faite. Cette mutation théorique est étroitement corrélée à la mutation idéologique et politique qu’a connue la Gauche, d’un mouvement de contestation radicale vers un pouvoir de gestion et de réformes du système capitaliste… Dans sa vision ‟conservatrice”, cette problématique soulève des questions comme la ‟ juste” rémunération du travailleur, des ‟conditions de vie décentes”, des augmentations de salaires en fonction de la productivité du travail, etc. En d’autres termes, les revendications immédiates des travailleurs dans leurs conflits avec le capital sont élevées au rang d’‟idéal social” à partir du moment où les formes des rapports de pouvoir capitalistes sont pris comme un ‟fait nécessaire”. Dans sa version ‟radicale”, cette théorie classique de la valeur et de l’exploitation envisage un ‟capitalisme sans capitalistes privés” : la ‟socialisation”, c’est-à-dire la propriété publique des moyens de production va de pair avec le maintien et l’entretien de l’ensemble des formes de l’économie capitaliste et de l’État capitaliste… La transition du capitalisme au communisme est nécessairement liée à l’abolition de la forme valeur, c’est-à-dire de l’argent et de la marchandise et de la forme de l’entreprise. »[7]

Très bien Pr Milios ! Merci pour cette excellente critique de la politique réformiste. Mais qu’est-ce que cette compréhension a à voir avec le programme de SYRIZA ? Absolument rien.
Le problème de la déconnexion entre la théorie et la pratique est bien connu dans le mouvement révolutionnaire, même depuis l’époque de la social-démocratie allemande. Plusieurs décennies en arrière, Paul Mattick avait critiqué Kautsky pour son incapacité à imaginer qu’une théorie marxiste devait être compléter par une pratique marxiste adéquate. Ainsi, sa compréhension de ce que « pour Marx, la valeur est une catégorie strictement historique : que ni avant, ni après le capitalisme, a existé ou pourrait exister une production de valeur qui diffèrerait seulement dans sa forme de celle du capitalisme » était totalement inutile. »[8]

Avec l’académisation et la professionnalisation de la théorie marxiste au cours des dernières décennies, les choses ont encore empiré. Dans les meetings politiques, les conférences, les groupes de lecture, les camps d’été, les manifestations, etc. accourent constamment des centaines d’étudiants doctorants de gauche, de chercheurs, de journalistes, etc. La plupart du temps, on se demande si ce qui les conduit là est un véritable intérêt pour une politique anticapitaliste ou si cette participation n’est pas pour eux qu’un passage obligé pour accéder à une profession garantie par un État capitaliste, une entreprise capitaliste ou un parti réformiste.


Notes [1] Sur le « quantitative easing », en français « assouplissement quantitatif », voir ici : http://fr.wikipedia.org/wiki/Assoup...

[2] Dans une lettre envoyée au Financial Times le 22/1/2015 intitulée ‟L’Europe bénéficiera d’un nouveau départ donné à la Grèce”, Stiglitz, Pissarides et d’autres « grands » économistes bourgeois soutenaient :

a) le remplacement des coupes dans les dépenses publiques par des programmes d’investissements publics qui augmenteraient la demande et stimuleraient la croissance grâce à une « amélioration de la collecte de l’impôt » ;

b) « un moratoire du service de la dette, par exemple pendant les cinq prochaines années et se terminant seulement si la Grèce atteint 3% ou plus de croissance » ;

c) « une certaine réduction de la dette, notamment la dette publique bilatérale afin d’augmenter les marges de manœuvre budgétaires » et ;

d) « un apport monétaire significatif pour financer de projets d’investissements efficaces, en particulier pour les exportations ».

La même lettre rappelait l’allègement substantiel de la dette allemande dans les années 1950 et reprenait bien des propositions mises en avant à l’origine par SYRIZA. Cette lettre a été publiée en français ici : http://www.regards.fr/economie/les-...

[3] Pour une analyse approfondie de la crise capitaliste, sa gestion par l’État grec et l’Internationale capitaliste (FMI, EU, BCE, etc.) et les luttes de classe qui se sont déroulées en Grèce depuis 2010, voir nos textes (en anglais) : ‟Burdened with debt”, “Preliminary notes towards an account of the « movement of popular assemblies »”, “Down with the Stalinists ! Down with the Bureaucrats”, “Burdened with debt reloaded”, “Counting Defeats : Internal devaluation, the failure of working class struggles in Greece & the Sino-Greek « success story »” et un interview de notre groupe par Juraj Katalenac, “An Interview”, qui sont disponibles sur notre site : http://www.tptg.gr/?page_id=105 . Quelques textes de TPTG en français sont disponibles ici : http://www.tapaidiatisgalarias.org/...

[4] VIOME est une usine de matériaux de construction, filiale de Filkeram et Johnson qui fut reprise par ses travailleurs après sa faillite et son abandon par les propriétaires. Pour plus d’information, voir http://www.viome.org/http://www.vio... .

[5] Pour en savoir plus sur la question fascisme/antifascisme en Grèce voir notre texte à venir : ‟Antifascism vs fascism : the first time as tragedy, the second time as farce”.

[6] John Milios, Marxism as conflict of currents, Athènes, 1996

[7] John Milios, The critique of political economy as a critique of the Left, Theseis #101. 2007. Cette interprétation de la théorie de Marx est basée sur les travaux de Michael Heinrich et l’école de pensée Neue Marx-Lektüre que nous ne pouvons pas détailler ici.

[8] La citation de Paul Mattick se trouve dans Living Marxism, vol. 4, N°7,1939, ‟Karl Kautsky : From Marx to Hitler”.

Source : http://dialectical-delinquents.com/...

Traduction : MP


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