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Le printemps sera-t-il chaud ?

dimanche 6 mars 2005, par Courant Alternatif

Les Français ne croient plus à rien. C’est pour cela que la situation est relativement calme car ils estiment que ce n’est même plus la peine de faire part de leur point de vue ou de tenter de se faire entendre ». Cette note de synthèse sur l’état moral des Français, adressée au gouvernement par des préfets, date de décembre 2004. Les premiers mois de l’année 2005 semblent démentir cette morosité et ce découragement.

Les grèves des mois de janvier et février sont-elles un prélude à un mouvement revendicatif d’importance ?

Les réformes de la décentralisation dans l’école, des retraites et de la Sécurité sociale ont été suivies de sombres périodes de désenchantement et de rancoeurs.
Les grèves 2004 ont été rares, plus courtes et se sont menées en ordre dispersé, touchant essentiellement les secteurs nationalisés en proie à des mutations radicales, les intermittents, les ouvriers touchés par des licenciements et des restructurations.
En revanche, le début de l’année 2005 a été marqué par un net réveil des mouvements sociaux : grèves dans le secteur public, réussite de la journée d’action des fonctionnaires le 20 janvier, mobilisations dans de nombreux établissements scolaires, manifestations réussies associant secteurs public et privé le 5 février, irruption massive des grèves et cortèges lycéens dans les jours qui ont suivi. Sans compter des grèves sauvages, lancées à la SNCF et dans le transport aérien, et qui ont pris les directions au dépourvu. Certes, les syndicats ont, comme à leur habitude, soigneusement orchestré la dispersion et la ponctualité des mouvements, puisque, du 18 au 20 janvier, se sont succédé les grèves des postiers, des salariés de la SNCF, des hospitaliers, des enseignants et des chercheurs. Malgré tout, ces actions et mobilisations consécutives avaient l’intérêt d’entretenir un foyer conflictuel sur un temps resserré.

En 2003, le pouvoir conduisait simultanément deux réformes, décentralisation et retraites, et il réussissait à les faire aboutir selon la méthode qu’il préfère, celle du passage en force. Cette année, sûr de lui, il compte reproduire le même modèle. C’est au moment où se raniment les revendications salariales, où les établissements scolaires prennent connaissance des coupes drastiques de moyens budgétaires et où le gouvernement veut faire passer sa loi d’orientation sur l’école qu’il s’attaque à deux dossiers ultrasensibles : l’école et le temps de travail.

Un samedi de manifestations pour les salaires et la réduction du temps de travail

Les 7 syndicats, qui étaient en panne de perspectives et en mal d’efficacité, se sont réjouis de la journée test du 5 février. Tout fiers d’afficher une unité retrouvée après les tensions, il y a deux ans, sur le dossier des retraites, ils avaient appelé (tous sauf la CGC) à des manifestations, un samedi pour ne pas avoir à amener à la grève, avec pour mots d’ordre essentiels le maintien des 35h, l’augmentation des salaires, l’emploi, le respect du code du travail. Le résultat a été assez honorable. Le monde de l’éducation (lycéens, personnels, parents), les salariés de la fonction publique, ceux des secteurs nationalisés en pleine restructuration-privatisation, les chercheurs, les intermittents, les ouvriers des entreprises privées se sont retrouvés côte à côte, unissant leurs revendications spécifiques à des revendications plus générales. Les ténors du PS, de leur côté, oubliaient pour un temps leurs divisions internes sur la constitution européenne pour faire leur apparition et se serrer les coudes.

Les mots d’ordre des salaires et du temps de travail, les fondamentaux de la revendication sociale, étaient à même de cristalliser la colère de nombreux travailleurs dans tous les secteurs et de les fédérer. Le contentieux avec les patrons et l’Etat est lourd. Dans cette période où il est proposé aux fonctionnaires, qui ont perdu plus de 5% de pouvoir d’achat en 5 ans, une dérisoire augmentation de 0,5% en février et 0,5% en novembre, où les rémunérations des dirigeants et les profits des entreprises explosent, où les patrons choient les actionnaires par de généreuses distributions de dividendes alors que les salaires stagnent et que le chômage augmente (1), l’attaque contre la réduction du temps de travail, bruyamment applaudie par le baron Seillères et ses acolytes du Medef, ne pouvait apparaître que comme une provocation.

Ce n’est pas tant la défense de la loi des 35 heures qui a mobilisé les travailleurs, le 5 février. Elle n’a jamais suscité leur enthousiasme (plus de 4 millions d’entre eux n’ont pas les 35h et il n’y a guère que le PS et la CFDT, qui se raniment à l’occasion de l’offensive gouvernementale contre cette loi du gouvernement socialiste, pour continuer à dire que c’était une réforme au service des travailleurs). Pour la bonne raison qu’ils ont déjà payé pour les 35 heures, en termes de flexibilité et d’annualisation, de dégradation des conditions de travail, d’augmentation des cadences, de gel des salaires, de travail le week-end, et d’un taux de chômage toujours très élevé. Ce 5 février, ils se sont élevés contre l’obligation de travailler plus, présentée comme unique solution pour accroître leur pouvoir d’achat, en faisant des heures supplémentaires imposées par des patrons qui deviennent plus que jamais maîtres du temps d’exploitation. Ce que le gouvernement présente cyniquement comme la « liberté de choix » de faire des heures supplémentaires. C’est la conjonction de la baisse du pouvoir d’achat et de l’augmentation du temps de travail qui crée un cocktail explosif, le slogan du gouvernement « travailler plus pour gagner plus » soulignant la réalité du déficit salarial.

Il était évident qu’une manifestation, appelée un jour non travaillé, quelque massive qu’elle puisse être, ne pouvait suffire à faire reculer le pouvoir. Dans la foulée, 4 jours plus tard, la loi d’ « assouplissement » des 35h, nouveau texte de loi aux ordres du Medef, a été votée au parlement et sera débattue au sénat en mars.
D’ici là, les syndicats se contenteront sans doute, en invoquant la mobilisation importante des salariés, de négocier discrètement certains aménagements dérisoires.
Le texte de la nouvelle loi, à force d’« assouplir » celle des 35h, ouvre grande la porte à une augmentation du temps de travail sans la rémunération afférente. Elle étend les possibilités de recours au compte épargne-temps (CET), pour amener les salariés à renoncer à des réductions du temps de travail contre de l’argent, hausse le contingent d’heures supplémentaires imposables par les patrons et module leur paiement (jusqu’à 220 heures/an, jusqu’à 48h/semaine ; au lieu du plafond de 130h de la loi Aubry, modifié en180h par la loi Fillon en 2003), crée un régime d’ « heures choisies » permettant de travailler au-delà de ce contingent annuel de 220 heures autorisé. Il proroge en outre de 3 ans (jusqu’en décembre 2008) le régime spécifique des entreprises de moins de 20 salariés, continuant d’offrir un régime de faveur aux patrons qui n’ont à payer qu’au taux de 10%, au lieu de 25%, les quatre premières heures supplémentaires. De plus, et c’est sans doute là la vraie victoire du Medef, la nouvelle réforme ne sera même pas soumise à un accord de branche mais à un simple accord d’entreprise. Or, on sait qu’une telle négociation est particulièrement déséquilibrée et débouche sur des accords qui ne s’avèrent pas favorables aux salariés, surtout s’il y a chantage à l’emploi ; on imagine le « volontariat » des salariés ; la « souplesse » et la « liberté supplémentaire » sont bien entendu pour les patrons.

Les travailleurs en resteront-ils à cette mobilisation avortée ? La remise en cause de la réduction du temps de travail et le refus de négocier des hausses de salaire ne seront-ils pas un catalyseur à d’autres revendications ?
Derrière son arrogance, le gouvernement est inquiet de la simultanéité des mouvements et il craint par-dessus tout qu’ils se fédèrent. Il se rassure en affirmant que « rien n’indique que ces mouvements pourraient durer ». Mais, a contrario, rien n’indique non plus qu’ils vont cesser… Des ingrédients tout aussi explosifs qu’en 2003 sont réunis, même si la situation n’est plus tout à fait la même : le mécontentement qu’expriment aujourd’hui les grèves est le fruit d’une lente accumulation de frustrations et de colère, comme une crue qui monte lentement, plutôt qu’un torrent qui déborde.
Et la manifestation du 5 février a témoigné non seulement du mécontentement profond des travailleurs mais aussi de leur désir de faire converger les luttes.

Du côté des écoles, contre la casse délibérément orchestrée de l’éducation Du côté de l’enseignement, le mouvement social de 2003 s’était soldé par un échec, laissant les enseignants épuisés et pesant sur leur engagement dans les luttes.
L’école affronte cette année des attaques redoublées, alliant simultanément restrictions budgétaires, loi d’orientation sur l’éducation et loi sur la recherche, et provoquant à nouveau de massives oppositions.
Sur le terrain de la réforme Fillon (projet de loi d’orientation sur l’éducation), ce sont les lycéens qui ont pris les devants de la mobilisation. Le pouvoir a tenté, dans un premier temps, un semblant de repli ; après une valse-hésitation entretenant le flou entre pause et abandon de la réforme du baccalauréat, - un des volets de la loi-, il a opté pour l’ajournement. Le ministre s’est vu ainsi obligé, sous la pression des manifestations massives des lycéens, d’édulcorer et d’amender son projet de loi, avant son examen devant les députés le 15 février Le paradoxe est à souligner : le mouvement des enseignants s’était cassé le nez contre le début des épreuves du bac au printemps 2003 ; cette fois, c’est le ministre, qui s’en prenant à cet examen-institution hérité de Napoléon, soulève l’hostilité. Les jeunes sont inquiets d’une réforme du bac qui dévaloriserait à leurs yeux l’essentiel, leur passeport pour l’université et pour l’avenir, sujet explosif.
Le gouvernement a cherché évidemment ainsi à désamorcer la mobilisation lycéenne. La feinte était grossière : s’il dit se refuser à « passer en force » sur un aspect partiel de son texte, il laisse entendre qu’il ne se privera pas de le faire sur tous autres aspects de sa loi. Les jeunes ne se sont pas contentés de cette suspension politicienne de la réforme du bac. Ils exigent l’abandon du texte dans son intégralité ainsi que le maintien de toutes les filières, options et spécialités que le gouvernement veut supprimer.
C’est pourquoi, dans un second temps, pressé par l’Elysée inquiet du climat pré-référendum européen, le ministre de l’Education a décrété la procédure d’ « urgence », dès le 16 février, afin de faire adopter son projet de loi au plus vite, et pendant les vacances scolaires qui vident les lycées par zones successives. Après son vote au parlement, le 2 mars, puis sa lecture par le sénat, l’adoption définitive de la loi serait ainsi bouclée dès fin mars.

Ce mini-recul du gouvernement sur le baccalauréat lui permettra-t-il de mener à bien l’ensemble de sa réforme, dont l’essentiel est une réduction drastique des moyens : coupes budgétaires, restructuration et appauvrissement de l’école en postes, en filières, en options, en enseignements ? La petite victoire obtenue par les lycéens et leur potentiel d’énergie contestatrice vont -ils ouvrir une brèche et redonner confiance à des salariés qui se sentaient jusqu’alors de plus en plus pressurisés mais impuissants face à un pouvoir sûr de lui et surpuissant ? L’aveu de faiblesse du gouvernement servira-t-il à encourager la mobilisation ?

Les syndicats enseignants sont divisés sur la réforme Fillon. Ce qui explique en grande partie le peu d’empressement qu’ils mettent à associer les salariés de l’éducation aux luttes des lycéens. En effet, il n’y a pas eu, en tout cas pour le moment, de front uni professeurs-élèves-parents sur ce thème.

En revanche, l’unanimité est réalisée face aux projets de carte scolaire qui prévoient des dotations de budget et d’horaires d’enseignement en baisse vertigineuse, des suppressions de postes, des fermetures de filières, de spécialités, d’options et… d’établissements entiers (85 000 postes manqueront dans les écoles, par comparaison à 2002). Les organisations syndicales ont décidé de se mettre d’accord pour une action spécifique à l’enseignement en mars, qui pourrait s’associer à d’autres secteurs, et qui contesterait globalement « la politique du gouvernement ».
Pour l’instant, dans le secteur de l’éducation, la dynamique se cherche. Dès les premières mesures de carte scolaire et de dotations horaires connues, les enseignants ont commencé par mener une action locale forte dans leur établissement, associant tous les personnels, les parents (qui occupent les locaux) et les élèves (dans le cas des lycées) pour essayer de sauver ponctuellement des enseignements, des postes, voire des écoles ; bref, une tactique de défense locale, établissement par établissement, qui a eu parfois tendance à se glisser dans la logique voulue par le pouvoir de mise en concurrence des établissements. Dans ce cadre, l’action s’est orientée vers la recherche de médiateurs et d’intercesseurs auprès du gouvernement, à savoir les élus. La situation n’a pas manqué d’être grotesque, lorsque les élus sollicités pour harceler le gouvernement étaient ceux-là mêmes qui avaient voté la politique budgétaire et éducative et qui approuvaient la réforme Fillon ! L’action s’est orientée aussi vers la recherche d’interlocuteurs, responsables académiques ou régionaux de l’éducation, avec qui la négociation n’a pu aboutir au mieux qu’à l’obtention de quelques miettes, ridicules, partielles et temporaires. Mais très vite, ces tentatives de « marchandage » d’heures et de postes se sont heurtées au mur des autorités responsables, départementales et académiques, qui obéissent aux impératifs comptables venus du ministère. Chacun est à présent bien conscient que le cas de « son » école est loin d’être isolé, que la casse est générale et s’inscrit dans un plan plus vaste, aussi bien au niveau français qu’européen et qu’il est donc indispensable de mener de front une action de terrain, en prise avec la population locale, et une action large et générale, qui puisse peser véritablement. Cette dimension est loin d’être réalisée aujourd’hui et ce n’est évidemment pas la journée d’action de 24h, annoncée par les syndicats pour le 10 mars, qui va permettre de mettre en place un réel et efficace rapport de force.

Les leçons du mouvement de 2003

Les leçons du mouvement 2003 dans l’éducation et contre la réforme des retraites seront-elles tirées : à savoir, ne pas laisser aux syndicats représentatifs la main mise sur l’action, enrayer leur pouvoir à la canaliser, à la diluer et à la conduire à l’impasse de grèves de 24h en manifestations du samedi, agir de concert avec les jeunes (la grande différence, c’est que les lycéens, plutôt spectateurs passifs des luttes des adultes en 2003, entrent cette année dans la danse), et surtout trouver des axes communs public-privé pour que la contestation s’élargisse, que la grève soit interprofessionnelle et ouvre sur une perspective de mobilisation dans la durée. Cela suppose de poser le plus vite possible la question de la reconduction de l’unité de tous les secteurs et des formes de coordination et de contrôle du mouvement que les grévistes se donneront (Assemblées générales interprofessionnelles, à la base, au niveau local, départemental, régional, pour mobiliser et débattre ensemble des suites). Si les mouvements actuels éveillent de la sympathie, il ne faudrait pas pour autant que les salariés encore protégés par leur statut expriment, par procuration, le mécontentement de tous les travailleurs pour qui il est moins facile de faire grève. Amélioration des salaires, des conditions de travail, baisse du temps de travail, fin de la précarité, création de postes, préservation des services publics, lutte contre les restructurations/démantèlements, droit du travail, renforcement des solidarités, les revendications sont les mêmes pour les travailleurs de tous les secteurs.

Le référendum en toile de fond

Dans toutes les luttes qui se mènent aujourd’hui, l’Europe et le référendum sur sa constitution se profilent en toile de fond. Déjà en 2003, les personnels de l’éducation et les parents avaient replacé leur lutte dans un cadre européen ; sous couvert de décentralisation, le gouvernement français appliquait à l’école publique un plan de démantèlement sévère, en accord avec les directives européennes et du capitalisme mondial. C’est évidemment la même logique qui est à l’œuvre depuis, et qui s’accélère ; des mesures très concrètes dénoncées en 2003 par les grévistes sont aujourd’hui perçues très nettement par les enseignants, les élèves et les parents. Cette prise de conscience n’est pas propre qu’à l’école ou aux services publics. L’Europe et sa constitution, la loi Fillon, le démantèlement des services publics, les atteintes au droit du travail, etc…sont des instruments pour augmenter exploitation, profits, rentabilité et concurrence. Dans tous les secteurs, on fait le lien entre l’Europe, la globalisation capitaliste, la remise en cause des droits conquis et les dégâts sociaux. L‘affaire de la directive Bolkestein (qui autorise les employeurs de l’Union européenne à intervenir dans n’importe quel Etat membre selon la réglementation en vigueur dans leur pays d’attache, donc à aligner salaires et droits sociaux d’un travailleur sur ceux de son pays d’origine), dont le gouvernement et le PS feignent de découvrir tardivement les dangers, est significative et symbolique de la dérégulation voulue par les puissants qui dominent l’Europe.
Il est clair que les partis au pouvoir, ainsi que leurs « opposants », politiques et syndicaux, eux aussi partisans du oui à la constitution européenne, redoutent que le mécontentement social ne se transforme, lors du référendum en mai ou juin, en sanction électorale ou en désaveu de leur campagne. D’autant que, comme l’a montré le cas de la CGT, dont la commission exécutive avait vainement tenté d’obtenir du comité confédéral national une position neutre sur le projet de traité européen et essayait de maintenir une ligne fidèle à la CES (dont le secrétaire est un cégétiste), la base peut réserver des surprises à ses dirigeants en ne les suivant pas.
C’est pourquoi ces partis et syndicats partisans de la constitution européenne ont autant intérêt les uns que les autres à ce que tous les conflits se règlent très vite, que les mouvements sociaux ne se prolongent pas ni ne s’enveniment, afin que le terrain pour le référendum sur la Constitution européenne soit dégagé. Mais l’échéance du référendum est aussi un risque pour les luttes sociales ; il est à craindre que les travailleurs se satisfassent des urnes pour « exprimer » leur mécontentement, qu’ils considèrent leurs bulletins de vote comme le fameux « débouché politique » derrière l’absence duquel les syndicats prétendaient se cacher pour décourager la combativité du mouvement social de 2003, plutôt que de construire la lutte sur le terrain social et dans l’affrontement avec les patrons et l’Etat.

Christine, le 20 février 2005

(1) La part des richesses créées par le travail et revenant aux salaires est tombée de 70% à 60% dans le courant des années 80 ; et la part des profits a grimpé de 30% à 40%. Le « partage » depuis est resté très favorable au capital, très défavorable au travail. Les salaires inférieurs à 2/3 du salaire médian représentaient 11,4% des salaires totaux en 1983 ; en 2000, ce taux dépasse 16%. L’aisance financière des entreprises croît ; le taux de marge est de 40,1% en ce début 2005. La priorité va au versement des dividendes (199 milliards d’euros en 2004 pour les entreprises européennes, chiffre en hausse de 10% en un an, et au rachat d’actions. Le capital profite essentiellement au capital, voire à la rente.


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