OCL - Organisation Communiste Libertaire

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QUI SOMMES-NOUS ?

dimanche 4 mai 2008, par OCLibertaire

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Le capitalisme domine encore plus largement le monde aujourd’hui qu’hier. Ce système économique a bien montré, tout au long du XXe siècle, son incapacité à supprimer les inégalités, la misère et l’exploitation. Au contraire, il s’en nourrit et les engendre : guerres, massacres, famines se sont multipliés sur la planète comme jamais  ; des années de colonialisme et de néocolonialisme ont accéléré le pillage des ressources des peuples du Sud au même rythme que l’extermination de populations entières ; le développement technologique conçu comme pourvoyeur de profits a entraîné une lente et inexorable destruction de l’écosystème de la planète. Partout, l’exploitation des prolétaires par une minorité de nantis au service de la bourgeoisie qui achète à bas prix les services d’armées de travailleurs précaires, soumis à la flexibilité et sans cesse menacés par le chômage, se fait plus pressante.
Ce système capitaliste, nous voulons le détruire. Il n’est ni éternel ni le meilleur des mondes possibles, contrairement à ce que veulent nous faire croire ses défenseurs, de quelque bord soient-ils.

Communiste...

Nous luttons pour une société dans laquelle les moyens de production et d’échanges seront gérés non par leurs propriétaires « légaux » actuels ou par des bureaucrates de l’Etat, mais directement par les gens concernés au premier plan, c’est-à-dire les producteurs. Une gestion assurée par des assemblées de base des conseils d’usine, de quartier, de village, de ville et de région, composés de celles et ceux qui y vivent et y travaillent, et qui ont ainsi la possibilité de se fédérer librement pour déterminer la quantité, la qualité et l’usage de la production. Une société dans laquelle le principe de base sera « De chacun-e selon ses possibilités à chacun-e selon ses besoins » : une société économiquement communiste, sans classes et sans Etat.
Partis et syndicats ne pourront être les gérants de cette nouvelle forme d’organisation de la production et de la répartition, mais seulement des forces de proposition. Dans ces nouvelles structures, toutes les formes permanentes de délégation de pouvoir sans mandat précis ni révocation possible à tout moment, de Parti-guide, de Parlement, de structures étatiques, seront écartées pour laisser la place à l’auto-organisation des prolétaires.
Les modalités d’application du communisme libertaire ne sont pas à déterminer à l’avance : elles dépendront des situations générales et particulières, des formes locales de culture, des possibilités et des désirs. Pour autant, le communisme libertaire n’est pas qu’une vague utopie. L’histoire des révoltes et des tentatives de révolution fourmille d’exemples de l’application concrète de notre projet anarchiste révolutionnaire, adapté aux situations particulières d’une époque ou d’un lieu — la Commune de Paris, les soviets dans la Russie de 1917, l’insurrection makhnoviste en Ukraine de 1918 à 1921, les collectivisations dans l’Espagne de 1936, les conseils ouvriers en Hongrie en 1956, etc.
Notre projet communiste libertaire est aux antipodes du communisme étatique qui dominait les pays de l’Est. Ce dernier s’est effondré, et nous ne pouvons que nous en réjouir ! Cela faisait plus de quatre-vingts ans que le courant libertaire dénonçait ces pays dits communistes comme étant des dictatures sanglantes, qui pratiquaient un capitalisme d’Etat ayant substitué à la forme classique de la propriété privée la domination d’une classe bureaucratique dirigeant la production et les échanges pour son propre compte.
Le modèle social-démocrate, qui entendait parvenir au socialisme par une succession de réformes en s’emparant du pouvoir d’Etat par les élections, s’est heurté à la toute-puissance du modèle capitaliste, qui joue tour à tour de la répression et de l’intégration. Il y a bien longtemps que les « socialistes » ont renoncé à se battre pour une société égalitaire et sans exploitation.

... et L ibertaire

Mais l’oppression que nous voulons supprimer ne se cantonne pas à une sphère strictement économique. Elle touche à tous les rapports de pouvoir. Nous voulons une société politiquement libertaire sans domination d’aucune sorte.
Nous luttons contre toutes les sortes d’uniformisation (des modes de vie, des cultures, de la production et de la consommation) imposées par le développement capitaliste.
Nous luttons pour de nouveaux rapports entre les hommes et les femmes, où la valorisation de la virilité et la soumission n’auront plus lieu d’être. Car une société sans classes ne mène pas forcément à l’éradication du patriarcat (système de domination des hommes sur les femmes) : celui-ci mérite une lutte spécifique, parce qu’il traverse l’ensemble des classes sociales et préexiste au capitalisme. La lutte contre le patriarcat est une lutte pour la déconstruction des genres masculin et féminin modelés et imposés par l’ensemble des sociétés préexistantes. Se réapproprier nos identités personnelles, c’est refuser d’intégrer un statut social lié à notre sexe et c’est refuser que les normes actuelles (hétérosexualité, monogamie...) soient des codes de notre vie. Nous voulons vivre librement notre corps et nos désirs.
Nous ne voulons plus d’une société où le travail n’est pas une activité humaine partagée en fonction de besoins librement décidés, mais un esclavage salarié destiné à produire n’importe quoi, du moment que ça se vend et que les capitalistes peuvent réaliser, par ce biais, des profits.
Il nous faut tordre le cou aux « vieilles croyances » que sont la nécessité de la croissance, du productivisme, de la prépondérance de l’« économie ».
De très nombreux courants socialistes ont lié la possibilité du communisme à une réalisation de l’abondance. Mais I’idéologie de la croissance, économique et démographique, est une course perdue d’avance : elle ne fait que renforcer les inégalités entre les gens et abaisser la qualité de la vie ; notre planète ne peut permettre à toute la population mondiale d’accéder aux modes de consommation des classes supérieures des pays riches.
Les alternatives locales aux modes de consommation et de production qui tentent un peu partout de se mettre en place nous paraissent révélatrices du besoin de réappropriation collective de l’espace de nos vies que restreignent de plus en plus les productivistes. Même si ces alternatives, en l’absence d’une lutte globale contre le système et d’un projet politique, restent limitées quant à leur possibilité de changer réellement la vie.
Dans la mesure où notre projet politique s’est historiquement construit au fil et au coeur des mouvements sociaux, des révoltes et des tentatives d’établir des rapports sociaux égalitaires, c’est dans ces mouvements qu’il faut combattre, y compris en s’élevant contre certains de leurs aspects qui chercheraient à reproduire un ordre ancien (ou à en créer un nouveau) de domination. Ce sont dans les contradictions et les conflits actuels de la société que plongent les racines d’une autre forme d’organisation sociale dont l’ébauche jaillit parfois spontanément, dans certaines situations. Nous pensons que c’est lorsque les gens sont « en mouvement », dans des moments partiels de rupture, qu’ils sont porteurs d’idées et de pratiques correspondant le mieux à nos aspirations.

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27 Messages de forum

  • Qui sommes-nous ?

    22 novembre 2007 20:48, par Vincent

    Bonjour,

    En m’intéressant à votre mouvement et en en lisant la description je trouve passablement de lien entre le communisme libertaire et le mouvement d’écologie sociale de Murray Bookchin (plus particulièrement avec son volet politique appelé "communalisme" et associé au municipalisme libertaire, mais qui se base justement sur un mélange entre anarchisme et communisme, en y ajoutant le volet écologique). Connaissez-vous ce mouvement ? Vous sentez-vous proche de lui ?

    Si vous ne le connaissez pas, ce mouvement devrait vous intéresser. Plusieurs des ouvrages de Bookchin ont été traduit en français (publié par les éditions Ecosociété et l’Atelier de Création libertaire de Lyon).

    Vincent

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  • Qui sommes-nous ?

    16 février 2008 01:50, par un den
    Bonjour, je connaissais pas l’OCL auparavant donc je découvre par ce site internet. Je suis content de voir votre position sur les luttes de liberation nationale, ça change de la paranoia que l’on peut voir ailleurs. J’aurai aimé savoir si il y a un texte ou un compte rendu qui est sorti du débat sur ce genre de luttes lors de votre camping. Sinon connaissez vous la CBIL (coord. bretagne libertaire et indépendante) ? Amicalement.

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    • OCL et Libération nationale 16 février 2008 16:20
      Il n’y a pas eu de compte rendu du débat de cet été. Cependant L’OCL a produit des pages et des pages depuis 25 ans sur les luttes de libération nationale, et le sujet reste régulièrement abordé dans Courant Alternatif. La meilleures synthèse se trouve dans le bouquin "l’Etat des lieux et la politique bordel" dont il doit bien trainer quelques exemplaires à Reims (Egregore BP1213, 51058 Reims cedex ou oclibertaire(a)hotmail.com). Pour ce qui est de la CBLI, le mieux et de prendre contact avec le groupe de Nantes qui à une certaine époque était en lien avec le groupe FULOR, dont tu a peut être entendu parlé. (Clé des champs BP 20912, 44009 Nantes cedex 1 ou par le net ocl-st.nazaire(a)wanadoo.fr) kenavo !

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    • CBIL ? 17 février 2008 11:55

      Salut, libertaire breton participant à la CBIL, je passe quelquefois par ici, car j’apprécie les analyses des camarades de l’OCL, notamment sur les liens entre les luttes sociales, écologiques et de libération nationale ; ces analyses parviennent à une certaine profondeur théorique sans être dogmatiques. C’est plutôt rare !

      Pour plus d’infos sur la CBIL, on a un site internet ( www.cbil.lautre.net ) et une adresse e-mail commune si tu as des questions précises ( cbil@no-log.org ).

      Bonne continuation à toi et à l’OCL.

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      • CBIL ? 18 février 2008 12:31

        bonjour,

        on (le groupe OCL Nantes) a participé à la création de Fulor en 92 , et quelques années plus tard à celle de la CBIL - au moins jusqu’à la rédaction de la plate-forme initiale de celle-ci. Si ça t’intéresse, on peut échanger nos analyses sur la situation actuelle en Bretagne.

        La question de la revendication identitaire rebondit ces jours-ci avec les listes municipales de la LCR qui fait alliance avec les mouvements locaux (au moins en Corse, et en bretagne - Rennes, Nantes où Emgann participe)... J’ai assisté à une réunion nantaise de ce NPAC (nouveau parti anti capitaliste) dans le cadre des élections municipales. N’étant ni électoraliste, ni léniniste, ni nationaliste, je pense que je vais attendre de voir si ce NPAC propose autre chose que de coller des affiches électorales. gérald

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        • revendication identitaire ? 27 octobre 2008 17:02, par momo
          J ai du mal a saisir la difference profonde entre nationalisme et regionalisme et revendication identitaire on a pas a etre fier de l endroit ou on né on l a pas choisi. libertaire et fier d etre breton ou basque ca me fait bien marrer... les frontieres et les traditions culturelles centenaires etablies meme si elle sont absurde sont obstacle a notre emancipation libre . aucune culture n est mieux qu une autre et leurs differences ne doit pas etre un argument de liberation et d emancipation. le libre federalisme ne doit pas etre une question territoriale mais une question de solidarite entre homme et femme ,qu il mange de la galette saucisse ou du cassoulet. momo

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          • revendication identitaire ? 1er novembre 2008 17:14, par Kristine
            La remarque faite sur "Qui sommes-nous ?" montre que son émetteur-trice ne considère pas qu’il peut y avoir oppression au niveau culturel, linguistique..., il ne semble pas reconnaître que la domination des Etats s’exerce aussi sur les langues et les cultures, à savoir des outils essentiels de perception et de représentation du monde ... et de soi. Il ne s’agit pas d’être "fier" d’être de quelque part mais de se libérer d’une domination culturelle, linguistique... qui ampute les individus et cherche à les uniformiser. Cette libération est un objectif essentiel dans la lutte émancipatrice. De plus, la solidarité n’est pas qu’une valeur abstraite ; elle s’exerce dans la proximité (spatiale, idéologique...) et dans la conscience d’une part de subir une oppression et une exploitation semblables à celles que d’autres subissent et d’autre part d’avoir des intérêts et des projets communs à défendre (satisfaire les besoins humains en respectant la nature et en favorisant l’autonomie des individus comme des peuples). Les luttes se mènent toujours sur un territoire donné, dans des villages, des quartiers, des villes ; l’important est que ces luttes rejoignent les luttes similaires que mènent d’autres mouvements sociaux, dans divers endroits du monde. Christine

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            • revendication identitaire ? 8 février 2009 00:46, par jG

              la problématique bretonne est pour moi relativement simple : qu’un certain nombre d’habitants d’un territoire nommé Bretagne revendique leur indépendance ne me gênent pas : ce sont des nationalistes et leur défense d’une nation bretonne n’est que la défense de l’exploitation des travailleurs par des patrons bretons.

              Par contre que des anarchistes trempent dans cette affaire est autre chose : en effet en anarchiste breton que choisiront-ils quand la bise fut venue ? s’arreteront-ils à la construction d’une nation bretonne ou pousseront ils les feux pour la construction d’une société libertaire ( au risque de n’avoir ni l’uen ni l’autre )

              en quoi mettre en avant la bretonitude apporte quelque chose à la lutte pour un monde libertaire ? ( si ce n’est renforcé les nationalistes qui peuvent claironner que toutes les couleurs de l’arc politique sont représentés et que cela montre la pertinence de la lutte nationaliste )

              Pour info lors de la manifestation du 29 janvier à Nantes les UDB étaient présents brandissant fièrement leurs drapeaux ... mais rien sur la lutte sociale ....

              un habitant de la terre né dans une contrée nommé Bretagne

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              • revendication identitaire ? 1er juin 2009 17:28, par MJ

                Plus de 50% des langues dans le monde sont menacés de disparition, on est habillés pareil de Stockholm a Madrid (et je parle que de l’Europe que je connais), des cultures traditionnels sont remplacé par des exploitations a grandes échelles (avec a sa botte les ogms et autres graines privatives) aux mépris d’une connaissances multi centenaires des terres, des économies de proximités, terroirs et équilibres écologiques… Il n’est pas question de fierté mais des richesses du monde, qui disparaissent, des façons d’écrire, de faire de la poésie, de faire et dire l’amour. Ce n’est pas pour rien que bien des états, on pendus et fusillés des gens pour seulement avoir parlé leurs langues… Pour moi être Anarchiste, ce n’est pas de nier les différences de l’autre, mais de lui permettre de les vivres en harmonie avec les miennes !

                Nb : Les cultures évoluent, il n’est pas question des traditions dogmatiques et oppressives…

                « Chaque fois qu’un homme a fait triompher la dignité de l’esprit, Chaque fois qu’un homme a dit non à une tentative d’asservissement de son semblable, Je me suis senti solidaire de son acte. » Frantz Fanon - Peau noire, masques blancs

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              • revendication identitaire ? 1er juin 2009 17:42, par MJ

                Pour continuer avec Frantz Fanon :

                "En réalité les nations qui entreprennent une guerre coloniale ne se préoccupent pas de confronter les cultures. La guerre est une gigantesque affaire commerciale et toute perspective doit être ramenée à cette donnée. L’asservissement, au sens le plus rigoureux, de la population autochtone est la première nécessité.

                Pour cela il faut briser ses systèmes de référence. L’expropriation, le dépouillement, la razzia, le meurtre objectif se doublent d’une mise à sac des schèmes culturels ou du moins conditionnent cette mise à sac. Le panorama social est déstructuré, les valeurs bafouées, écrasées, vidées.

                Les lignes de forces, écroulées, n’ordonnent plus. En face un nouvel ensemble, imposé, non pas proposé mais affirmé, pesant de tout son poids de canons et de sabres.

                La mise en place du régime colonial n’entraîne pas pour autant la mort de la culture autochtone. Il ressort au contraire de l’observation historique que le but recherché est davantage une agonie continuée qu’une disparition totale de la culture pré-existante. Cette culture, autrefois vivante et ouverte sur l’avenir, se ferme, figée dans le statut colonial, prise dans le carcan de l’oppression. A la fois présente et momifiée, elle atteste contre ses membres. Elle les définit en effet sans appel. La momification culturelle entraîne une momification de la pensée individuelle. L’apathie si universellement signalée des peuples coloniaux n’est que la conséquence logique de cette opération. Le reproche de l’inertie constamment adressé à "l’indigène" est le comble de la mauvaise foi. Comme s’il était possible à un homme d’évoluer autrement que dans le cadre d’une culture qui le reconnaît et qu’il décide d’assumer."

                Extrait de "Pour la Révolution Africaine" de Frantz Fanon

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  • QUI SOMMES-NOUS ?

    4 mai 2011 21:22

    Bonjour,

    Je suis un jeune de 16 ans qui s’interesse de près aux mouvements qui vont du communisme à l’anarchisme au sens large ( sans prendre en compte bien sur le système totalitaire de l’URSS ). Je voudrais savoir si vous sentez proche des idées du partie Lutte Ouvrière (LO) ?, parti duquel j’ai du mal a cerner et accepter les idées. Merci d’avance pour votre réponse et votre temps. Julien

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    • QUI SOMMES-NOUS ? 6 mai 2011 21:28, par scribe ocl

      Bonjour Julien,

      L’objectif final est peut-être le même, le communisme, mais c’est le chemin pour y parvenir qui nous sépare.

      Les divergences théoriques avec LO sont les mêmes que celles qui nous opposent à toutes les organisations marxistes-léninistes en général et trotskystes en particulier.

      • Sur le rôle d’un parti d’avant garde destiné à guider le prolétariat, puis à s’emparer de l’Etat et à exercer une « dictature du prolétariat ». Contrairement à eux qui pensent que l’Etat peut dépérir de lui même, nous pensons qu’une dictature étatique du prolétariat ne peut que renforcer l’Etat et consolider une dictature tout court.

      • C’est ainsi que, contrairement aux trotskystes, nous ne pensons pas que le régime totalitaire qui avait pour nom URSS soit le fruit d’une « dégénérescence » ou de « trahisons » de ses dirigeants, mais bien inscrits dès le début de ce nouveau régime basé sur une dictature étatique et qui a combattu les organismes de base (les soviet) pour en faire des instruments de pouvoir au service du parti communiste.

      • Le chemin vers le communisme doit appliquer la devise « l’émancipation des travailleurs sera l’œuvre des travailleurs eux-même » par le biais d’organismes de base, des conseils ou tout autre appellation, qui regrouperont les exploités sur les lieux de travail et de vie.

      • Plus concrètement et à l’heure actuelle : si LO maintient parfois une certaine intransigence salutaire comme le refus de se mêler aux gauches au nom de l’antifascisme (mais ce n’est pas toujours le cas) elle est plutôt fermée à d’autres secteurs de lutte que celles des entreprises et du syndicalisme : par exemple les luttes de libération nationales, l’antinucléaire (LO est plutôt pro-), le féminisme etc.

      A ta disposition pour d’autres précisions.

      le scribe OCL

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      • QUI SOMMES-NOUS ? 8 mai 2011 12:26
        Merci pour cette réponse conçise. Avant j’étais moi mêmê ou plutôt je me disais marxiste par admiration pour cette idéologie mais c’est le mot "dictature" qui m’a toujours géné. De fait en ce moment je lis et j’étudie Bakhounine. Merci pour votre temps

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  • QUI SOMMES-NOUS ?

    7 juillet 2011 00:05

    Bonjours... Votre critique des syndicats s’applique t’elle aux CNTs (vignoble et AIT) ? Quelle est votre approche du syndicalisme révolutionnaire ?

    Merci d’avance..

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    • QUI SOMMES-NOUS ? 9 juillet 2011 14:41

      En guise de réponse, ci-dessous ce qui figure sur le 4 pages de présentation de l’OCL

      Car, le syndicalisme révolutionnaire, ou l’anarcho-syndicalisme, n’échappent pas à cette critique de la fonction d’intégration des syndicats, et il n’est que besoin de regarder l’évolution des syndicats révolutionnaires vers le réformisme et la co-gestion pour s’en convaincre.

      Ajoutons que si le syndicat révolutionnaire peut être un outil de gestion de la production dans une société révolutionnaire, une société ne se réduit pas à une gestion-répartition de la production. En cela le syndicat n’est qu’un outil parmi d’autre...

      Lutte des classes et syndicalisme

      « L’histoire de toute société jusqu’à nos jours n’a été que l’histoire de la lutte des classes », déclarait Marx. Avant lui, la lutte des classes avait été reconnue par des révolutionnaires comme Proudhon ou Babeuf, mais aussi par des économistes bourgeois comme Guizot. L’originalité de Marx réside dans le fait d’affirmer que les classes sont liées à des phases précises du développement des forces productives ; et que la lutte des classes, dans les sociétés industrialisées, déboucherait automatiquement sur une phase transitoire (la dictature du prolétariat) vers une société sans classes. Si nous sommes d’accord avec le premier point, nous ne partageons pas, en revanche, la vision linéaire de l’Histoire contenue dans le second. Pour nous, le communisme n’est pas inéluctable, et le développement du capitalisme, la constitution d’Etats-nations, de démocraties parlementaires ne sont pas des étapes obligées vers une société sans classes. Cette vision « progressiste » de l’Histoire a souvent amené les révolutionnaires à participer à l’accélération du développement capitaliste plutôt qu’à sa destruction : à leur corps défendant, ils ont achevé la révolution bourgeoise, c’est-à-dire éliminé le précapitalisme plus que le capitalisme lui-même.

      C’est dans ce cadre-là qu’il faut aussi comprendre l’histoire et le rôle du syndicalisme — à la fois comme représentatif d’une volonté émancipatrice des exploités, élément d’intégration et intermédiaire entre le capital et le travail.

      Le syndicalisme n’est donc à nos yeux qu’un moyen parmi d’autres, concourant ponctuellement à la lutte des classes, que se choisissent des travailleurs selon les moments et les circonstances. Il n’est jamais question pour nous de soutenir sans conditions tel ou tel syndicat, mais simplement d’être présent-e-s là où des travailleurs se battent, lorsque nous jugeons que s’offrent des possibilités de rupture et d’ouverture. Il n’est pas non plus question pour nous de lutter à l’intérieur des appareils bureaucratiques ni d’occuper des postes de direction et de permanents syndicaux. Si radical que puisse être à un moment le combat mené à l’aide de l’outil syndical, nous ne perdons pas de vue qu’il ne saurait être une fin en soi.

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    • Bonjours... Votre critique des syndicats s’applique t’elle aux CNTs (vignoble et AIT) ? Quelle est votre approche du syndicalisme révolutionnaire ? Merci d’avance..

      La question posée et la situation actuelle m’ont amené à ces quelques réflexions. Je précise d’où je parle : je me sens proche de l’OCL (sans y être formellement) et mon propos n’engage que mon pseudo.

      A la question de savoir si c’est la même critique pour tous les syndicalismes, en tous lieux et en tous temps, la réponse est non, me semble-t-il.

      Il y a en fait plusieurs niveaux de critiques. Il y a celui qui peut être partagé par plein de monde, sans aller chercher des analyses théoriques très poussées et en regardant simplement ce qui se passe : le caractère bureaucratique, vertical, institutionnalisé (comme médiation entre salariés et patrons), subventionné et globalement collaborationniste du syndicalisme “réellement existant”. Une critique qui dit que les structures syndicales (mais c’est la même chose pour toute organisation humaine : associations, partis…) en tant que telles ont une “vie propre”, une logique de fonctionnement et de survie qui les éloignent et les amènent à s’opposer aux intérêts de ceux et celles qu’elles déclarent représenter. Et d’ailleurs, ce type de rapport entre représentants et représentés fait partie du problème puisqu’il assure la reproduction du statu quo social.

      Tout cela dessine un positionnement pas seulement “critique“ mais d’opposition, de combat et de recherche de modes (formes et contenu) autres de s’organiser et de lutter contre l’exploitation et les diverses dominations.

      Après, il y a un autre niveau de critique, qui vise surtout à pointer quelques problèmes ou limitations de ce que certains camarades peuvent mettre dans une sorte de syndicalisme “idéal”, qui serait débarrassé de toutes ses tares, de tous les freins qu’il a placé en travers de l’auto-organisation et de l’émancipation sociale/politique. Là-dessus, les critiques sont plutôt des doutes sur la signification et la possibilité (utilité) de créer des organisations (explicitement syndicalistes révolutionnaires ou anarcho-syndicaliste) simplement sur la base d’une orientation et d’un modèle issus d’une histoire un peu lointaine, de périodes du capitalisme qui n’est pas celle d’aujourd’hui, dans des textes de congrès écrits il y a 100 ans et plus… L’histoire du mouvement ouvrier révolutionnaire est une source d’enseignement et d’inspiration. Mais il faut avoir à l’esprit que lorsqu’il était vivant, dynamique, lorsqu’il avait du poids, une influence, c’est parce qu’il correspondait à une situation historique donnée, qu’il en était une des expression, qu’il était sans doute la forme la plus appropriée dans le contexte de l’antagonisme de ces époques là, et donc ce par quoi il a pu exister véritablement.

      Mais ce qui était vrai ou adapté à une période, ne l’est plus dans une autre. Depuis, il y a eu des guerres (particulièrement en Europe), des crises du capitalisme, des tentatives révolutionnaires et des contre-révolutions, des périodes de reconstruction, de réorganisation et de mise en place d’une sorte de compromis historique entre la classe ouvrière et la bourgeoisie (compromis intégrant des formes de conflictualité) par l’intermédiaire de dispositifs de dialogue social, de concertation, de croissance économique à l’intérieur d’un marché national, etc. Période qui est d’ailleurs terminée.

      Les références anarcho-syndicalistes comme celles du syndicalisme révolutionnaire, sont des éléments, des références qui sont sur la table. Evidement. Avec d‘autres. Avec toutes les références qui en somme ont visé (et visent encore) à prendre en charge les luttes sociales immédiates sans se couler dans les modèles établis de la reproduction sociale, sans doute parce que ces expériences inscrivaient ces luttes immédiates dans une perspective de libération sociale qui ne semblait pas très éloignée.

      Maintenant, faut-il se référer explicitement à tel ou tel courant du mouvement ouvrier historique au point de vouloir en incarner la continuité aujourd’hui ?

      C’est un choix assez ouvert.

      Dans les faits – et c’est là un point de vie contestable comme tous les points de vue – l’affirmation à toute force d’une appartenance à un courant historique bien défini qu’il faudrait faire croître par des mécanismes d’adhésion, de ralliement et/ou la proposition de faire tenir la richesse, le caractère hétérogène, voire les contradictions, parcourant les diverses expériences de la rébellion sociale dans la construction d’une seule organisation qui en ferait la synthèse, contient beaucoup d’éléments qui, me semble-t-il, empêchent de voir les phénomènes émergents, de comprendre ce qui se joue, d’élucider leur dynamique et potentialité. Un courant politico-social délimité et affirmé et une organisation censée l’incarner deviennent souvent des “objets” clos qu’il faut défendre, promouvoir, faire exister… indépendamment des rapports de force, de leur utilité, mais pour eux-mêmes, dans quelque chose de très auto-référencé et qui devient un but en soi. C’est un mouvement de militants, d’activistes, qui peut acquérir une légitimité s’il apparaît comme utile dans les luttes, auprès de ceux et celles qui n’en sont pas membres. Mais ce n’est pas là la somme des formes organisées (comités, collectifs, assemblées, coordinations, moyens d’expression…) que les mouvements de lutte se donnent à eux-mêmes pour exister et mener leurs combats.

      L’histoire ne repasse pas les plats. Et on ne peut pas comprendre à la chute, à la défaite, de ces courants révolutionnaires dans le mouvement ouvrier si on ne relie pas cela à une évolution du capitalisme lui-même dans le premier tiers du XXème siècle, dans l’organisation du travail, dans les rapports sociaux (dans la production et la reproduction sociale), dans l’évolution du cadre politique et juridique dans lequel s’est insérée la lutte de classe (les conventions collectives, le droit social, l’“étatisation” des formes d’entraide mutuelle pour la santé et la retraite…), dans les modifications de la production matérielle, dans ce que certains ont appelé la composition sociale/politique de la classe, dans les formes de consommations, etc. Par exemple, les grandes entreprises tayloriennes, avec des milliers et même des dizaines de milliers d’ouvriers, avec une organisation très hiérarchisée qui se sont accompagnées de l’instauration des conventions collectives (d’entreprises ou de branches) ont favorisé un syndicalisme centralisé, vertical, professionnel, bureaucratique, social-démocrate ou stalinien… ce qui n’a pas toujours empêché d’ailleurs l’éclatement de mouvements de luttes autonomes dans les ateliers, l’apparition de formes d’insubordination et d’organisation de la base (y compris parfois la base syndicale contre ses directions), tout au long des années 1960 et 70 surtout.

      Ce rapport étroit entre l’organisation matérielle de la production et l’organisation syndicale interne à l’entreprise se retrouve à l’échelle de toute la société : l’Etat-providence ou Etat social, a depuis longtemps instauré un cadre réglementaire, juridique et politique donnant un certains nombre de droits au syndicalisme, droit d’exister et de prospérer mais à condition de respecter des limites infranchissables : pas de grève politique, de solidarité, pas d’atteinte à la propriété privée des moyens de production (interdiction des grèves avec occupation). Limites qui ne cessent d’ailleurs de s’étendre et qui donne à ces droits un caractère de plus en plus théorique : pas de grève-bouchon, pas de blocage des flux (de marchandises et de force de travail). Le droit de grève oui, mais à condition de ne gêner personne, ni les consommateurs, ni les clients, ni les fournisseurs, ni l’administration... Signe supplémentaire que l’on change de période. Des syndicats dotés d’une position institutionnelle reconnue, confortée essentiellement par le code du travail et un système de délégations dans les grandes entreprises, mais sans véritable pouvoir de s’opposer (ou faire mine de le faire) aux impératifs du capital auxquels obéit les décisions de l’État, comme on a pu le voir lors des manifestations de l’automne dernier sur les retraites.

      Ceux et celles qui, comme nous, veulent être les héritiers de cette histoire des luttes sociales, “doivent” (c’est pas une obligation) sans cesse réfléchir à son actualité, rechercher, inventer, expérimenter des formes d’organisation, de mobilisation, qui correspondent à l’époque, à ses caractéristiques, aux capacités de résistance et aux types de subjectivités qui traversent aujourd’hui les opprimé-es, les dépossédé-es, les sans pouvoir.

      S’organiser collectivement pour résister et lutter est plus que jamais à l’ordre du jour. Le syndicalisme des années de l’après-guerre est en train d’évoluer vers un système de prestations, de conseil et de service individualisés auquel tout un chacun pourra avoir accès contre une modeste adhésion (qui se fait maintenant via Internet). Il est tout à fait adapté à une période marquée par le reflux des luttes collectives dans les entreprises (sauf quand c’est presque trop tard, quand les boîtes ferment et licencient comme en 2008) et en contrepartie, d’une montée des conflits et contentieux “individuels”, comme en témoigne par exemple la croissance continue des affaires traitées en prud’hommes (+ 12% de plus chaque année, c’est plus que la croissance économique chinoise !), ou encore, sous une autre forme, les arrêts maladies en nombre, les gens qui craquent (et même se foutent en l’air).

      Il y a évidement autre chose à faire que ce syndicalisme là. Mais les réponses toutes faites n’en sont pas, ne fonctionnent pas, cela se saurait. En même temps, plein de gens essaient des choses, tentent des expériences pour dépasser et s’affranchir des carcans existants. On peut faire le pari sans trop risquer de se tromper que la situation actuelle (de crise économique et sociale mais pas seulement : crise de la politique, de la démocratie, crise d’adhésion idéologique dans des croyances comme le productivisme…) est grosse de transformations profondes de l’ensemble des équilibres sociaux, des modes de gouvernement et d’administration, et finalement de la totalité des sociétés elles-mêmes, et va modifier les formes de l’antagonisme, sans que l’on puisse prévoir quoi que ce soit. La situation est très ouverte, très mouvante (et c’est d’ailleurs ce qui la rend passionnante).

      En Espagne, c’est une irruption “citoyenne” mais avec un fort contenu social et des formes d’expression et de manifestation autonomes des partis et syndicats. Contenu social qui se manifeste déjà dans des actions de blocages d’expulsions de logements, dans des mobilisations de voisins contre des rafles visant les immigrés sans papiers (récemment dans le quartier populaire de Lavapiés à Madrid, des habitants ont empêché un raid policier et ont chassé les flics, y compris en tenant tête aux forces anti-émeute habillés et équipés en Robocop), dans des débats et des propositions visant à déverrouiller une situation bloquée par le poids hégémonique des syndicats du système (CCOO et UGT) et ouvrir des espaces de conflictualité jusque dans les lieux de travail, là où, comme partout ailleurs, le terrorisme patronal a rendu les choses beaucoup plus difficiles. Et là l’enjeu n’est pas négligeable : est-ce que la vague de contestation actuelle va aller jusqu’à défoncer les portes des lieux de travail et s’y installer ou s’en détourner, rester sagement sur les trottoirs d’en face et se contenter de s’occuper des éléments périphériques dans la production et la reproduction du capital ou divaguer sur le méchant capital financier qu’il faudrait contrôler et assagir et mettre au service des citoyens ? Ce qui n’est pas négligeable mais loin de suffire dans une perspective rupturiste ou même simplement visant à inverser les rapports de force avec le capital.

      En Grèce, depuis 18 mois et plus, en plus de toutes les journées de grèves de 24h (et même de 48 heures), de manifestations, des affrontements avec les forces répressives, de l’émergence d’un syndicalisme de base dans certains secteurs, il y a eu aussi une vague d’occupation des places publiques et le siège du Parlement à Athènes aux cris de « Qu’ils s’en aillent tous ! », pendant que de nouveaux mouvements ont surgit, directement liés aux effets de la crise, comme le mouvement « den plirino » (« je ne paie pas »), qui met en pratique, dans des actions concrètes (refus des péages autoroutiers, des augmentations des transports publics, des frais médicaux et tout récemment le refus de payer pour accéder à des plages dans la région d’Athènes) et par de nouvelles formes d’organisation liées à cette lutte, le refus de la dette, le refus en acte de payer la crise.

      En Grande-Bretagne, en Italie, il y a un vrai “réveil social” depuis quelques mois, multiforme, encore balbutiant mais qui déjà commence à inquiéter dans les sphères gouvernementales. Dans le Valsusa, toute une population de cette vallée piémontaise s’est de nouveau soulevée devant l’obstination de l’Etat à construire une ligne chemin de fer à grande vitesse, aussi coûteuse qu’inutile et nuisible. Et ces montagnards ne sont pas seuls, des milliers de personnes de toute la péninsule sont venus manifester le 3 juillet. Hier vendredi soir, ils étaient près de 20 000 dans les rues de Turin, du jamais vu depuis des années.

      En France, dans des départements ruraux comme l’Ardèche, l’Aveyron, le Lot, des dizaines de réunions publiques dans les villages ont provoqué une mobilisation importante, et cela indépendamment des “grandes” organisations (qui de toute façon n’existent pratiquement plus), contre l’exploitation des gaz de schistes. Les projets de LGV, notamment entre Poitiers et Limoges, ainsi que dans les zones rurales du grand Sud-ouest (avec des niveaux de mobilisation impressionnants au Pays basque) se heurtent à un refus massif de mégaprojets destructeurs et inutiles et d’une logique productiviste qui ne vise qu’à satisfaire les intérêts de grands groupes capitalistes (Alstom, les boîtes BTP) et des minorités privilégiées (des cadres qui veulent vivre à la campagne ou en région et pouvoir travailler ponctuellement à Paris, Milan, Londres, etc.). Et aussi à justifier le nucléaire (son maintien et son développement). Dans cette même logique, on peut citer aussi le refus déterminé d’un nouvel aéroport de Nantes qui entre dans une phase décisive. Remarquons aussi que tous ces thèmes ne proviennent pas de la tradition ouvriériste, du monde du travail et du syndicalisme, même anarchiste ou révolutionnaire, mais des inquiétudes et des critiques de type politique (les manières de vivre, d’exister dans le monde avec les autres, c’est très politique) que pleins de gens ont formulé par eux-mêmes, sur la base de leur propre intelligence et de leur volonté de ne pas se laisser imposer des décisions aberrantes « d’en haut ».

      Ce sont tous ces mouvements réels qui font l’histoire aujourd’hui, et pas les organisations qui au mieux les accompagnent, mais le plus souvent essaient de les récupérer ou de les saborder. Ce sont des mouvements qui visent à bloquer la machine économique dans sa folie destructrice actuelle visant directement les conditions de vie (au sens large) du plus grand nombre. Ce sont aussi des luttes qui manifestent une volonté collective de reprendre le pouvoir sur sa propre vie, sur les espaces sociaux et géographiques où les gens vivent, de décider ce qui est souhaitable et ce qui ne l’est pas. Ce sont des mouvements, malgré leur limitations (c’est clair, ils n’ont pas pour horizon explicite une rupture révolutionnaire), qui ne se contentent pas d’exprimer une “indignation” ou une opinion contraire à celle du gouvernement, des partis politiques établis et des médias de masse : une partie non négligeable des personnes mobilisées passe à l’action, tire les conclusions pratiques ce qu’elle dit (« ils ne nous représentent pas ») et traduit cela en une volonté et une capacité d’action directe collective, de désobéissance sociale, de solidarité à la base, d’invention de nouvelles formes de protagonisme et de relations sociales et politiques égalitaires.

      Tout cela a bien sûr à voir avec bien des thèmes portés jadis par le syndicalisme révolutionnaire ou l’anarcho-syndicalisme. Leur coller cette étiquette peut sembler par contre très abusif, un peu facile et surtout complètement inutile. Je suis persuadé que les courants (politiques, idéologiques, sociaux) du passé ne reviendront jamais de manière explicite, même en se relookant, parce que tout simplement il n‘y en a pas la nécessité et qu’une nouvelle période avec la création de nouvelles formes de lutte et d’engagement, avec la création d’un nouvel imaginaire social dont on peut deviner de quoi il peut être composé (égalité/horizontalité, démocratie directe, autonomie/autogestion, contre le productivisme et la consommation/production de n’importe quoi, n’importe comment…), ne peut pas signifier la réédition à l’identique du déjà connu, et donc réduire la richesse et l’originalité du présent dans des visions, souvent très schématisées, reconstituées et glorifiées, d’un passé définitivement révolu.

      Anoni Mousse

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    • QUI SOMMES-NOUS ? 4 août 2011 20:48
      oui bien sur (j’ai pas le temps d’argumenter là...)

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  • QUI SOMMES-NOUS ?

    20 janvier 2012 23:30
    En quoi êtes vous différent de l’Offensive Sociale et Libertaire ? Vos organisation qui sont proche me semble t’il n’ont elles pas envisagé une potentielle unification ?

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    • QUI SOMMES-NOUS ? 2 février 2012 19:00
      Le msg précédent attend une réponse svp

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      • QUI SOMMES-NOUS ? 4 février 2012 10:37

        Ce texte écrit à quatre mains - OCL et OLS - répond bien à ta question.

        http://offensive.samizdat.net/spip....

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        • QUI SOMMES-NOUS ? 5 février 2012 02:01
          En fait ce qui m’intéresse c’est de connaitre les position de l’ocl sur les thématique très spécifique abordé par ols... Malgré votre proximité et vos prises de positions communes ,notamment sur les luttes de libérations nationales, l’ocl parle bien peu de "l’impérialisme technologique".. Ou encore je me demande quel est votre avis sur les prise de position "queer" (et pro-SM dans offensive n°4) adoptée par l’ols en guise d’anti-sexisme ?

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          • QUI SOMMES-NOUS ? 6 février 2012 11:11

            Ouf, difficile de résumer ça en 3 lignes, donc

            sur la question des technologies voir entre autre :

            C. A. - Hors Série N°15, L’environnement c’est Kapital ! Spécial écologie L’ENVIRONNEMENT C’EST KAPITAL !

            Le capitalisme n’en finit pas de trouver de nouveaux espaces pour réaliser son besoin de s’étendre toujours davantage, c’est-à-dire pour survivre. L’écologie est l’une de ses dernières conquêtes, au détriment de notre survie à nous !
            Car l’enjeu de l’écologie, ce n’est pas la sauvegarde de la Vie en général, mais bien la réappropriation de notre vie. La Vie considérée en dehors des rapports sociaux reste un formidable espace pour le marché, pour le profit, pour les capitalistes.
            La reprise en main de notre vie, dans tous les domaines, c’est la seule chose qui pourrait les mettre à terre, et c’est la chose qu’ils combattent le plus.
            Dans les différents projets de transformation sociale, qu’ils aient été communistes, socialistes ou anarchistes, la question du rapport de l’Homme avec son environnement avait trop souvent été laissée de côté au profit de la foi dans le progrès technique. La réinjection de cette problématique dans la question sociale fut sans conteste un apport fondamental d’une grande richesse.
            Mais il n’aura pas fallu longtemps pour que l’écologie soit peu à peu vidée de sa substance subversive par les pouvoirs bureaucratiques et politiciens de toutes les espèces. Ne les laissons pas faire !

            http://oclibertaire.free.fr/spip.ph...

            sur l’antisexisme :

            Hors série n° 5 : Libération sexuelle et émancipation sociale
            Si nous avons choisi de traiter ensemble libération sexuelle et émancipation sociale, c’est parce que ce sont deux objectifs indissociables et complémentaires pour qui veut mettre fin au système d’exploitation dominant la planète.
            Le capitalisme s’appuyant sur les structures patriarcales pour imposer, avec la domination masculine, l’exploitation d’une classe par l’autre, les campagnes qui visent au seul aménagement du système — comme celles autour de la parité dans la vie publique ou de la Marche mondiale des femmes — ne sauraient bien évidemment nous suffire. Il sera donc plutôt question ici de dénoncer tant le discours idéologique imposé aux deux sexes (norme de l’hétérosexualité...), ou plus particulièrement aux femmes (norme de la Beauté...), que ses conséquences dans la vie quotidienne (les violences faites aux femmes, leur quasi-absence dans l’Histoire et la vie publique, leur omniprésence dans les « affaires du ménage », les criantes inégalités entre les sexes devant l’emploi...), afin de réfléchir aux moyens d’y remédier radicalement, par une lutte à la fois anticapitaliste et antipatriarcale.

            http://oclibertaire.free.fr/spip.ph...

            pour une critique du tout queer voir également :
            http://oclibertaire.free.fr/spip.ph...

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            • QUI SOMMES-NOUS ? 6 février 2012 19:52

              Merci beaucoup de prendre le temps de répondre a un fouineur comme moi =) J’apprécie beaucoup les positions que vous prenez dans les numéros de CA que j’ai lu alors que j’ai plus de réserve vis a vis de l’ols sur les points que j’ai souligné... Je ne comprenais pas très bien la grande proximité de vos deux organisations dans le sens ou votre approche semble plus "classiste" alors que eux s’embourbe me semble t’il dans des analyses crypto-foucaliennes (bien qu’ils soulignent de réel problèmes la luttes des classes est souvent absente ou constitue une simple inégalité qui se superpose grossièrement sur un problème bioéthique dans une relation de causalité plutôt bancale).

              Je vais donc me pencher sur les documents que vous m’invitez à lire...

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              • QUI SOMMES-NOUS ? 10 février 2012 12:02

                Au delà d’une similarité des points de vues politiques, dans lequel il peut y avoir de réels divergences, C’est surtout une même démarche et une pratique commune qui nous rapproche :

                • concevoir l’organisation non comme une fin en soi mais plutôt comme un lieu de regroupement du mouvement ou bien poser la solidarité non comme quelque chose d’extérieur mais comme un partage réciproque dans lequel il n’y a ni victimes ni sauveurs, mais des acteurs en lutte contre le même ennemi.

                Répondre à ce message


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