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Argentine : encore une usine récupérée par ses ouvriers !

dimanche 15 mars 2009, par OCL St Nazaire

Le redémarrage de la production par le collectif des travaillleurs n’est jamais une panacée mais c’est bien souvent la seule solution qui se présente quand les patrons mettent la clé sous la porte. Et au delà des postes de travail conservés, il y a toujours quelque chose de positif dès lors que le fatalisme et la résignation recule, dès lors qu’il y a de la résistance, de l’auto-organisation, de la solidarité, du collectif.

Voici quelques informations recueillies sur une des luttes qui se déroulent en ce moment en Argentine, dans la région de Buenos Aires. Depuis des années, les entreprises récupérées et autogérées font partie du paysage social. En Argentine, c’est devenu une sorte de tradition mais encore largement méconnue car à chaque fois, pour les travailleurs concernés, c’est une découverte

Le redémarrage de la production par le collectif des travaillleurs n’est jamais une panacée mais c’est bien souvent la seule solution qui se présente quand les patrons mettent la clé sous la porte. Et au delà des postes de travail conservés, il y a toujours quelque chose de positif dès lors que le fatalisme et la résignation recule, dès lors qu’il y a de la résistance, de l’auto-organisation, de la solidarité, du collectif.

La France ne connaît pas (ou plus) ce type de lutte dont le symbole le plus fort restera pour beaucoup celui des Lip de Besançon qui a longtemps agit comme l’un des marqueurs politiques d’une époque. Peut-être qu’avec les vagues de fermetures qui s’annoncent, l’expropriation des entreprises et leur redémarrage par les salariés, sur des bases égalitaires et autogestionnaires redeviendrait à l’ordre du jour. En tous cas, c’est une des options que nous défendons le plus, car ce type de lutte maintient des emplois ce qui n’est pas rien, mais également créé de nouvelles formes de sociabilité, et font payer quelque part un certain prix aux tenants d’un système qui a failli. Elles démontrent enfin que l’on peut se passer de patron, de hiérarchie. A partir de là, tout le discours sur la compétence, sur la supposée supériorité intellectuelle des dirigeants justifiant pouvoir et richesse s’écroule et déplace les termes du débat. Et ce qui semblait hors de portée ou inimaginable devient possible.

En priorité, parole aux protagonistes.

Deux interviews, avec d’inévitables redites. Et puis un petit texte réalisé par les travailleurs en direction de leurs voisins.

Un texte un peu synthétique (un rapport) écrit par des camarades anarcho-syndicalistes argentins qui se sont particulièrement investis dans la solidarité avec cette lutte. Et qui fournissent les références d’un compte de soutien

Une autre usine récupérée par ses ouvriers Interview réalisée le 12 février par la Agencia Rodolfo Walsh (AW)

(AW), Dans la ville de San Andrés, les travailleurs et travailleuses de Disco de Oro ont récupéré l’usine il y a une semaine et ont empêché les patrons de vider les lieux, laissant 15 personnes, avec plus de 40 ans d’ancienneté dans la rue et 5 mois salaires dus plus la prime de fin d’année, le paiement des vacances, vieilles conquêtes ouvrières que les patrons ont décidé de ne pas respecter.

Cela fait plus d’une semaine que les travailleurs de Disco de Oro se sont emparés de l’usine.

Les travailleurs ont pris l’entreprise Disco de Oro depuis plus d’une semaine.Dénonçant le vidage de l’entreprise par son propriétaire, Sergio Godoy del Castillo, ils exigeant en outre le paiement de cinq à six mois de salaires dus, de vacances et de bonus de fin d’année. Disco de Oro est situé dans la localité de San Andrés. Les travailleurs ont commencé à avoir des doutes quand le patron leur a donné leurs vacances à tous en même temps.C’est à ce moment précis, lorsque aucun des travailleurs de l’usine n’était présent, grâce à l’alerte d’un voisin, qu’ils ont découvert le pot aux roses. Le propriétaire était en train de virer les machines. Immédiatement les travailleurs se regroupèrent à l’usine et bloquèrent le déménagement ; la tentative fut déjouée. Maintenant, ils surveillent le précieux matériel et évaluent la situation. Ils ont eu diverses réunions avec des autorités et ont déposé plainte au ministère du Travail. Les travailleurs de Disco de Oro ne cherchent que la sauvegarde de leur poste de travail et pour cela se proposent de poursuivre le fonctionnement normal de l’entreprise. Ils demandent de pouvoir poursuivre la production et pour cela de prendre en charge l’ensemble de sa gestion. Plusieurs organisations et les entreprises récupérés, également de la zone de San Martin se sont approchés d’eux en solidarité et les ont aidé en leur fournissant informations et expérience.

Interview de deux travailleurs de Disco de Oro

- Je suis Jorge Aquino , je suis un chômeur de plus et nous sommes en lutte pour récupérer nos postes de travail. Je suis depuis 16 ans dans l’entreprise.

- Je suis Jorge Arroyo , également un travailleur escroqué par ces gens et maintenant je suis pratiquement à la rue. J’ai aussi une ancienneté de 16 ans, ici, dans l’entreprise.

Walsh : Comment en est-on arrivé à ce conflit, l’occupation de l’usine ?

Aquino : Ceux-ci ont fait une "vidange" totale de l’entreprise. Ils venaient de le réaliser depuis peu de temps. Ce qui s’est passé c’est que nous les travailleurs on a été très patients. Il y avait toujours des promesses que les choses iraient en s’améliorant, et en voyant la situation du pays, on se satisfaisait de peu, avec toujours l’espoir qu’un jour la situation de l’entreprise, pourrait changer. Ils nous dépréciaient toujours, nous disaient que nous ne parvenions jamais à atteindre les objectifs de productrion. Et on en est arrivé à cette situation. Evidemment tout était prévu. Ils nous ont donné congé à tous les travailleurs en même temps, chose qui ne s’est jamais produit dans l’entreprise. Par une circonstance fortuite nous avons découvert qu’ils étaient sur le point d’enlever les machines. Alors on s’est réunis ici et à partir de là notre lutte a démarré. Nous avons eu une audience de conciliation au ministère mais le patron Sergio Godoy del Castillo refuse catégoriquement de continuer avec cette entreprise, il dit qu’elle n’est pas rentable, qu’il ne peut pas payer. Il était à l’audience du ministère et a dit que son idée était de convoquer les créanciers. C’est la solution qu’il nous offre. Nous avons cinq ou six mois d’arriérés de salaires, et les vacances qu’il nous a donné n’ont pas été payées.

Arroyo : (qui vient de revenir d’une réunion au conseil délibératif) La réunion au Conseil a été positive, il y avait également d’autres camarades, d’une autre entreprise récupérée. Il y a un point à clarifier. C’est une entreprise récupérée par les travailleurs, cela permet de démontrer que les travailleurs peuvent faire des choses qui, jusqu’à récemment, ne nous motivaient pas et que nous pouvons aller de l’avant. Nous avons rencontré le président du conseil, ils nous ont dit que, juridiquement il vont nous aider, vont nous obtenir l’ordre d’appropriation pour commencer à travailler. Egalement, ils vont nous aider avec les matières premières et d’autres éléments en plus. Nous avons fait un grand pas en avant car il ya deux jours nous avions les mains et les pieds liés et ne savions pas quoi faire, et maintenant, nous avons défini ce que nous voulons faire et où nous voulons aller. Et nous avons toujours mis en avant que la première chose que nous voulons, c’est de travailler, pas autre chose afin de sortir de cette situation.

Walsh : Où en est la création de la coopérative ?

Aquino : Tout est déjà bien défini. Cet après-midi, nous allons présenter à l’IPAC (Institut Provincial de l’Action Cooperative) le formulaire dans lequel nous nous constituons en tant que coopérative.

Walsh : Comment allez-vous l’appeler ?

Aquino : Nous devons maintenant délibérer. Nous allons faire une assemblée et choisir le nom.

Walsh : Avez-vous une idée du moment où vous allez commencer à produire ?

Aquino : Nous devrions produire depuis hier. Le problème est que nous attendons car on est avec cette promesse qu’ils vont nous aider avec les matières premières. Nous sommes très anxieux de commencer à produire.

Walsh : Avez-vous reçu le soutien d’organisations ?

Aquino : Réellement ; les organisations sociales, de quartier ont eu des attitudes merveilleuses avec nous. Ils nous ont fourni des idées, nous ont soutenu moralement et financièrement, ils nous aident. Les démarches juridiques à suivre, ont été très bien expliquées par les coopératives récupérées et tout ces postes de travail récupérés ici, dans la région de San Martin, c’est très bien. Auparavant, nous n’avions pas d’informations ou de connaissances de ce que ces choses existent. C’est vraiment très encourageant et très bien surtout pour ceux qui comme nous sont dans la même situation. Il faut se mettre en relation avec ces personnes qui nous ont apporté leur soutien. Nous venons du conseil de délibération et il est bon que le Conseil connaisse la situation des travailleurs de San Martín qui est en train de perdre des emplois et cela ne devrait pas se produire.

Arroyo : Nous venons d’arriver du conseil de délibération on a reçu un appel où semble qu’on nous fasse don d’une paire de sacs de farine. C’est très bien. Je tiens à dire une dernière chose, Sergio Godoy del Castillo et Guillermo Ferron ils sont deux ceux qui nous ont escroqué et ont voulu nous ruiner la vie, mais ils sont des milliers ceux qui veulent nous aider et qui veulent que ce que nous faisons soit une réussite.

AGENCIA DE COMUNICACION RODOLFO WALSH

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Travailleurs de Disco de Oro : premier pas vers l’autogestion

Interview publiée le 9 mars par Prense de Frente

En dépit de la stratégie de vidage, les propriétaires de l’usine de pâte pour empanadas et tartelettes n’ont pu embarquer les machines. Les travailleurs les en ont empêché et depuis janvier ils sont à la tête de l’entreprise. Nous avons interrogé Jorge Aquino, l’un des travailleurs de celle qui s’appelle maintenant "Coopérative Disco de Oro".

Comment et dans quel contexte a commencé la prise de contrôle de Disco de Oro ?

  • En janvier de cette année, ils nous avons donné congé à l’ensemble des travailleurs, en même temps, quelque chose qui ne s’est jamais produit. C’est pendant cette période où nous étions absents que les propriétaires ont essayé de retirer les machines de l’entreprise. Par hasard quelqu’un l’a su et nous les avons vus. Nous nous sommes prévenus entre tous les collègues et on s’est tous retrouvé à la porte de l’usine. C’était le 2 février et depuis ce jour nous sommes installés dans l’entreprise. Depuis que nous avons pris l’entreprise, les propriétaires, Guillermo Ferrón et son directeur Sergio Godoy del Castillo, n’ont jamais essayé de nous sortir. On ne sais pas pourquoi, mais ils sont partis. En fait, tout était prévu à l’avance, ils ont vidé l’entreprise, la seule chose qu’il leur restait à enlever étaient les machines. Chose que par chance nous avons pu éviter.

- Quelle était la situation auparavant dans l’usine ?

  • Aujourd’hui, pour nous qui sommes plus jeunes, il est incroyable qu’une personne ait une ancienneté de 38 ans ou 40 ans dans une entreprise. A Disco de Oro des travailleurs ont entre 30 et 40 ans de présence. La plupart ont commencé à travailler à 12 ou 15 ans et y sont resté toute leur vie. C’est le seul travail qu’ils ont eu. La vérité, c’est que ces compagnons ont été beaucoup affecté moralement au-delà de l’aspect économique par l’attitude de l’employeur. Cela faisait longtemps que nous subissions l’angoisse de ne pas recevoir un plein salaire, de ne pas avoir de primes de fin d’année ou d’indemnités de vacances complètes. Absence de versement aux oeuvres sociales, les victimes sont d’abord nos familles, qui vont chez le médecin qui ne veut pas les soigner.

- Que prévoyez vous pour sortir de la crise en l’absence des propriétaires ?

  • Nous essayons de former une coopérative. Nous savons que nous ne pouvons pas rester sans rien faire, nous sommes sur la défensive, à faire toutes les démarches légales pour que les machines passent aux mains des travailleurs. En interne, nous avons déjà choisi l’administration. Ce que nous voulons, c’est garder le poste de travail. Nous ne voulons pas dépendre d’une indemnité à 150 ou 200 pesos, nous ne voulons pas vivre éternellement de la caisse du chômage. Dès le début de notre lutte, nous avons établi des relations avec les gens du Mouvement National des Entreprises Récupérées, et nous nous sommes remis à croire. À croire en nous, que nous avons la capacité d’inverser cette situation et aller de l’avant. Nous avons le savoir-faire, et cela personne ne peut nous l’enlever. Peut-être que nous n’aurons pas les moyens financiers, nous avons des machines qui est une ressource très importante, mais nous n’avons pas de matières premières et nous subissons le fait que depuis le vidage de l’entreprise nous n’ayons rien. Dans ce sens, nous avons un peu les mains liées, mais nous avons la force, la volonté et nous savons qu’en luttant unis tous ensemble vraiment c’est faisable. Prensa de Frente

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Communiqué de presse des travailleurs et des travailleuses de la fabrique de tapas d’empanadas « Disco de oro » située à San Andrés, (Gral. San Martín).

AU VOISINAGE, DE LA PART DES TRAVAILLEURS DE LA "DISCO DE ORO"

Chers voisins : nous vous présentons nos excuses si nous provoquons des gênes [dans le voisinage]. Mais lamentablement, nous traversons une situation difficile. Les travailleurs de « Disco de oro » nous nous trouvons sans travail, du fait que le propriétaire S.G. Castillo a vidé progressivement l’entreprise, organisant la fraude économique et laissant 15 familles à la rue. Nous avons 5 mois d’arriérés de salaires, sans compter les accomptes provisionnels qui n’ont pas eu lieu, mais qui nous ont été décomptés.

Les travailleurs nous souhaitons préserver notre source de travail, et c’est pour cela que nous avons décidé de former une coopérative. Nous avons les connaissances et l’enthousiasme pour faire face à cette tentative. Nous avons travaillé dans la fabrique pendant plus de 30 ans.Ce qui nous arrive n’a rien à voir avec la crise économique. Ici il y a une crise juridique. Pourquoi est ce qu’on ne fait pas d’enquêtes sur ces groupes économiques dédiés à la fraude et au vidage des entreprises ?

Chers voisins, nous faisons appel à votre solidarité. Nous avons besoin de votre appui, maintenant que nous allons rouvrir la fabrique. Vous pouvez nous aider en achetant nos produits.

Nous avons des projets : la fabrique a la capacité pour 70 postes de travail que nous pourrions générer, nous pouvons assister les cantines scolaires et les centres communautaires. Nous sommes en train de présenter nos projets à la municipalité, et nous nous battons pour qu’une entreprise d’alimentation ne ferme pas, ce qui serait impensable alors qu’il y a ici des gens qui ont faim.

Nous pouvons y arriver et pour cela nous avons besoin de votre aide.

TRAVAILLEURS DE "DISCO DE ORO" (Córdoba Esq. Int. Alvear)

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RAPPORT SUR LA SITUATION A DISCO DE ORO

FORA (section argentine de l’AIT)

Depuis plus d’un mois à Disco de Oro (production de pâte pour empanadas et tapas) les ouvriers et ouvrières se sont organisés pour ne pas perdre leur travail qui fait vivre onze familles. Depuis le mardi 3 février, quand par surprise et alors qu’ils étaint en vacances, ils ont découvert que le patron étaient en train de déménager les machines avec des camions dans la rue, les travailleurs ont décidé d’occuper les lieux jour et nuit pour résister. Le propriétaire de l’entreprise "DISCORO-SA" est Guillermo Ferron et le directeur de l’usine, Sergio Godoy del Castillo, un duo d’entrepreneurs qui ont décidé d’en finir en douceur avec l’entreprise et les ouvriers. Cela faisait cinq ou six mois qu’ils devaient les salaires, cotisations de retraite, les congés des employés, depuis plus d’un an qu’ils n’ont pas payé le loyer de l’immeuble (le propriétaire est l’ancien patron) et des mois de dettes accumulées auprès de divers services publics que les travailleurs trainent encore jusqu’à maintenant. Le principal escroc est Ferron, qui a utilisé l’entreprise pour gérer d’autres sociétés (comme le fameux magazine automobile Campeones) et, plus encore, qui continue de produire avec cette marque dans une autre usine. Aucune de ces deux truands n’est réapparu.

Del Castillo a présenté trois demandes de liquidation au tribunal de San Martin, et s’est dégagé de tout lien avec les employés qui lui ont adressé des télégrammes se considérant comme licenciés Jusqu’à aujourd’hui, les travailleurs sont légalement dans une relation de dépendance avec l’employeur. Le syndicat ces derniers jours a appellé à une audience de conciliation, qui vise à servir de médiation entre les employeurs qui veulent offrir les machines en paiement de tout ce qu’ils doivent, et les travailleurs qui veulent les conserver pour continuer la production. La bagarre se livre surtout sur la question de la marque, car elle permet au patron de continuer de facturer dans d’autres sociétés et sur ce point il ne cédera en aucun cas.

Quant aux travailleurs qui résistent depuis le premier jour ils se sont organisé de manière horizontale avec une assemblée par semaine, qui aborde les questions les plus importantes. Il y a des travailleurs qui sont entrés récemment dans l’entreprise et d’autres qui ont plus de 45 ans d’ancienneté. Dans les premiers jours ils ne savaient pas bien comment se gérer, ils savaient seulement et très clairement que l’entreprise était la leur, et qu’ils doivent lutter pour la conserver. Aujourd’hui ils ont décidé de former une coopérative de travail et ont déjà commencé à faire les démarches nécessaires. Avec le président d’une coopérative bien connue de Buenos Aires ils ont commencé les procédures de création.

En premier lieu, ils se sont inscrits à l’IPAC pour demander l’expropriation des biens et ainsi la marque passera aux mains des travailleurs. En ce qui concerne la structure de la coopérative, la loi prévoit qu’un comité directeur soit mis en place avec tous ses postes (président, vice, etc.) et que le montant des salaires corresponde aux tâches effectuées par chacun. Mais il ne s’agit là que d’un écran juridique car à Disco de Oro, ils se considèrent en égalité de conditions quant aux postes de travail et ont décidé de toucher tous le même salaire.

Quant au conseil juridique il n’ont rien signé avec un quelconque avocat ni engagé la moindre action en justice contre leurs employeurs car ils ne sont pas décidés. Il n’y a qu’un seul dossier au ministère du Travail disant qu’ils occupent l’usine pour non-paiement des salaires et cela pourrait garantir une certaine sécurité, sans qu’elle soit totalement fiable. Les progrès économiques qu’ils ont obtenu en termes de production, il s’agit de prêts accordés par des fournisseurs de matières premières afin qu’ils puissent commencer à produire. Ils ont contacté 3 distributeurs qui ont passé de petites commandes car la production est insuffisante. Ils vendent également leurs produits à des personnes du quartier qui prennent connaissance de la situation et les aident car c’est une marque reconnue depuis longtemps, grâce à la force de travail des ouvriers (depuis 50 ans).

Les travailleurs sont inquiets parce qu’ils n’ont pas reçu de nouvelles des patrons et ont peur de devoir faire face à des complications. Sur l’aspect politique de ce conflit, se sont présentés des gens du PTS (Parti des Travailleurs Socialistes), PO (Parti Ouvrier) comme de gros appareils bureaucratiques autoritaires et d’autres organisations plus petites qui ont démontré une vraie solidarité. Aucun de ces partis n’a réussi à capter l’assemblée des travailleurs qui se réalisent à huis clos ni à mettre en avant leur appareil afin de détruire l’autogestion comme ils le font habituellement dans ces conflits, en particulier s’ils peuvent en retirer un profit politique ou économique. Dès les premiers jours les compagnons de la FORA ont été présents en offrant une solidarité de travailleurs à travailleurs. Nous avons aidé financièrement la caisse de grève en récoltant des fonds, nous collaborons avec la propagande qui a été faite pour la fête de solidarité du 1er mars, nous sommes présent jour et nuit pour soutenir les travailleurs. Nous allons diffuser le plus possible d’informations sur cette situation par différents moyens , sur plusieurs médias afin d’obtenir différentes formes de solidarité.

Les travailleurs se rendent compte de la différence entre la solidarité désintéressée des membres de la FORA et l’AIT et l’opportunisme politique de la part des partis qui tentent de les utiliser à tout moment. Les actions urgentes à réaliser sont : Recueillir de l’argent pour payer la dette avec les services publics (la compagnie d’électricité les oblige à payer 1000 $ par semaine, faute de quoi ils interrompront le service). Egalement aussi disposer d’un certain capital pour démarrer une production qui leur permette de vivre car tout l’argent qu’ils recueillent va en priorité à la production ou pour régler les dettes laissées par le patron.

Solidarité avec les travailleurs de Disco de Oro ! L’autodétermination des travailleurs sera la tombe des patrons ! L’émancipation des travailleurs sera l’œuvre des travailleurs eux-mêmes ! Vive la FORA ! Contre l’Etat et le Capital ! Pour le communisme anarchiste !

Sociedad de Resistencia de Oficios Varios de San Martín-FORA-AIT PS : Pour le transfert de fonds, le compte est le suivant : N ° 5004098 Banco Provincia de Buenos Aires, au nom de Juan Marcelo Pereña.

Toute réponse à la consultation sous peu. Pour plus d’informations sur le conflit au Disco de Oro on peut visiter le blog SROV-SM SROV-SM :

Enfin, il est possible d’écrire directement aux travailleurs (en castillan) à :

obrerosdiscodeoro[arobase]gmail.com

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Festival solidaire du 1er mars

La fête de solidarité prévue le 22 février eu finalement lieu le dimanche 1er mars à cause des pluies diluviennes qui se sont abatues à la date prévue. D’après les militant de la FORA très actifs dans la solidarité, cette fête a été un succès.

Repas, boissons vendues au profit des travailleurs et de leur familles, présence de beaucoup de personnes du quartier, venues en solidarité et aussi pour profiter de la fête, écouter de la bonne musique…Danses folkloriques argentines, cumbia, groupe de Ska-Reggae, pièce de théâtre sur le 1er mai, puis des blagues, et encore de la musique avec un groupe de rock latino aux accents politiques très clairs, encore du théâtre (une pièce critiquant la télévision). Pendant ce temps, à proximité, les gens de "ContraImagen" réalisaient en "live" une gigantesque fresque murale. Le soir tombé, furent projetés sur un mur des cours-métrages. Sur d’autres situations de lutte et de résistance : artisans victimes de la police lorsqu’ils vendent leurs produits dans la rue, cartoneros, ces travailleurs qui collectent les cartons (et aussi d’autre produits recyclables) sur la voie publique.

Une fête qui a permis de recueillir des fonds pour les travailleurs, mais encore largement insuffisants pour faire face à toutes les dettes accumulées par l’ancien patron et qu’ils doivent régler. C’est complètement injuste mais apparemment ils n’ont pas le choix. Le soutien financier est donc le bienvenu.

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