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20 janvier 2010

[Haïti] Batay Ouvriye : APPEL À LA SOLIDARITÉ

samedi 23 janvier 2010, par OCLibertaire

Pour faire face au malheur qui nous est tombé dessus ce 12 janvier 2010, nos moyens ne nous permettent en aucune façon de proposer une réaction autonome, encore moins de la réaliser.
C’est pourquoi, aujourd’hui, nous lançons cet APPEL DE SOLIDARITÉ aux ouvriers, travailleurs, progressistes du monde entier afin de pouvoir faire face à nos responsabilités de manière autonome.

Le site de Batay Ouvriye n’est pas actualisé compte tenu de la situation locale. Le réseau Miami Autonomie et solidarité qui collecte également les fond à mis en place un nouveau site de versement, suite aux problèmes du précédent.


Voir en ligne : Batay Ouvriye

BATAY OUVRIYE :
APPEL À LA SOLIDARITÉ
SUITE AU TREMBLEMENT DE TERRE
DU 12 JANVIER 2010 À PORT-AU-PRINCE

Le tremblement de terre du 12 janvier 2010 à Port-au-Prince, Haïti, nous a lourdement frappé au niveau des masses populaires.
En effet, aux côtés des bâtiments publics effondrés en grand nombre, ce sont nos quartiers populaires qui ont été les plus détruits. Ceci n’est pas surprenant, ce sont les plus fragiles, les plus instables : c’est là que l’Etat n’a jamais su répartir les services minima, allez voir chercher à consolider nos maisons, allez voir s’en occuper sérieusement. Au contraire, nous avons toujours été menacé d’expulsion, de « déplacement », de sorte que nous-mêmes n’avons jamais su non plus, encore moins pu nous concentrer sur l’amélioration de notre propre habitat.
Pendant que certains capitalistes cherchent à forcer les ouvriers à retourner travailler dans des usines fissurées ;
pendant que les propriétaires des grands magasins se refusent à distribuer gratuitement leurs marchandises et exigent même que leurs prix augmentent ;
pendant que tout le monde peut constater l’absence flagrante et honteuse de l’État, son incapacité, son incompétence (lui qui, certainement, ne sait que voler, « magouyer », en ne défendant que les grands propriétaires fonciers, les bourgeois et autres multinationales) ;
pendant que la police nationale, soi-disant là pour « protéger et servir », brille également par son absence devant la catastrophe d’une part, et, d’autre part, face aux gangs qui sévissent (certainement, elle ne sait que réprimer le peuple) ;
pendant que les forces impérialistes profitent de l’aide qu’ils administrent pour, de manière éhontée, approfondir leur domination et transformer les relations en une véritable tutelle sans partage… les ouvriers, travailleurs de tous genres, masses populaires en général subissent cette situation catastrophique où elles se retrouvent les bras cassés.
Une certaine presse a favorisé le développement d’aspects franchement progressistes, permettant un minimum de coordination à partir du terrain même, des comités populaires conséquents travaillent sans relâche à porter aide et secours. Seulement, partout, les moyens font énormément défaut. En vérité, en plus de nous avoir frappé violemment, le tremblement de terre nous laisse sans recours autonome et nous dépasse complètement. À Batay Ouvriye , même si la plupart de nos cadres et membres ont pu sauver leur vie, plusieurs d’entre nous ont perdu des membres de leur famille, leur maison, leurs rares biens… plusieurs sont blessés, estropiés et, en plus d’avoir à enterrer nos morts, la survie nous devient de plus en plus difficile.

Dans la mesure du possible, nous essayons d’éviter de passer par les circuits officiels dominants mais il est tout aussi vrai que la situation devient intenable ! C’est ce qui nous amène aujourd’hui à lancer cet APPEL À LA SOLIDARITÉ en direction de tous les ouvriers, travailleurs et progressistes conséquents du monde entier pour tâcher de nous aider à sortir de cette terrible passe.

Selon un inventaire provisoire rapidement réalisé, nos besoins les plus immédiats sont les suivant et s’élèvent à :
Maisons à réparer US $ 50,000.00
Pertes de biens 20,000.00
Soins aux blessés et aux estropiés 10,000.00
Survie immédiate 30,000.00
S’occuper des morts 10,000.00

Total provisoire US $ 120,000.00

A cela, il nous faut ajouter 40% d’inflation, étant donné que les prix ne cessent d’augmenter et que nous ne savons pas où cela nous mènera. Pour un TOTAL plus certain, d’alors : US $ 170,000.00
Maintenant, divers contacts que nous avons commencé à développer suite à la dernière grande mobilisation autour du salaire minimum sont eux aussi dans des conditions similaires. Nous devons les aider également. Ceci demande une somme additionnelle. D’un autre côté, dans les zones où vivent nos principaux militants, des mouvements de solidarité populaire ont été mis sur pied.
Nous devons les intégrer résolument, tout en y apportant l’orientation que nous pensons nécessaire en ce moment. Immédiatement également, dans le cadre de la reconstruction que les classes dominantes commencent déjà à planifier, nous devons prendre l’initiative organisée de mettre sur pied nos propres orientations afin de faire face à la prochaine catastrophe qu’elles nous préparent. Ceci également exigera des dépenses.

En tout et pour tout, nos calculs s’élèvent alors à un GRAND TOTAL de US $ 300,000.00. C’est ce qui permettra à nos membres de survivre, d’aider nos divers contacts de tout genre et, enfin, de commencer déjà à construire et propager une orientation politique ample, forte et collective, aujourd’hui dedans la lutte de survie même mais déjà apte à prévoir et faire face de manière structurée à l’autre genre de catastrophe qui nous attend : la future domination impérialiste qui, conjointement avec les classes dominantes locales et leur Etat réactionnaire, prend déjà des formes extrêmes.

Nous remercions à l’avance tous ceux qui comptent contribuer. Le moment d’une telle débâcle demande non seulement une SOLIDARITE renforcée mais encore un rapprochement conscient, initial ou en approfondissement, pour une lutte commune internationale.
Pour ceux qui comptent nous faire parvenir de la nourriture, de l’eau ou encore des vêtements, des médicaments, des petits mobiliers… l’adresse de notre local principal à Port-au-Prince est : Batay Ouvriye, Delmas 16, # 13 bis.

Pour ceux qui comptent envoyer du cash, notre compte bancaire est le :
Bank Name : City National Bank of New Jersey
Bank Address : 900 Broad Street, Newark, NJ 07102
ABA Number : 0212-0163-9 City of NJ Newark
For further credit to :
Account Number : 01 000 9845
Account Name : Batay Ouvriye
Account Address : FONKOZE, Ave. Jean Paul II, # 7, Port-au-Prince, HAITI
Naturellement, nous rendrons public toutes les sommes reçues et nous informerons de nos activités au fur et à mesure de leur déroulement.

BATAY OUVRIYE
Port-au-Prince, ce 20 janvier 2010

à lire également : Haïti : Une catastrophe pas naturelle !

Portfolio

P.-S.

Initiative lyonnaise

L’Organisation Communiste Libertaire-Lyon appelle à la création d’un collectif « Solidarité avec le Peuple Haïtien » (SPH) ayant pour but de mener des actions concrètes de solidarité. Nous nous adressons en priorité aux groupes et aux individu(e)s parties prenantes des mouvements libertaire et alternatif, mais aussi à toutes celles et ceux qui se reconnaissent dans la démarche décrite ci-dessous.

Nous pensons que le temps presse, aussi pour ne pas trop attendre nous proposons une réunion le

mercredi 27 janvier 2010 à 19 h à la librairie la Gryffe

Haïti : une catastrophe pas naturelle !

Si le séisme est un phénomène naturel, le désastre qui l’a suivi ne l’est pas.

Il y a des causes sociales, économiques et politiques à l’effondrement des maisons et des bâtiments : l’effondrement de l’économie haïtienne consécutive à des décennies de dépendance, de dictatures sanglantes soutenues par les grandes puissances, de mesures du FMI qui ont accéléré la destruction de l’agriculture et la bidonvillisation des principale villes, à commencer par sa capitale Port-au-Prince aujourd’hui pratiquement rasée.

L’aide qui va arriver se fera dans un cadre capitaliste. Des « opportunités » de business, d’enrichissement, de profits vont pulluler, seront saisies par tous les requins disponibles (en matière de BTP, en France, on connaît, mais la rapacité capitaliste est sans frontière) et laisseront le pays et ses habitants dans une situation aussi exsangue que maintenant.

Sans rejeter les ONG globalement, le minimum est d’avoir un regard critique sur la manière dont les fonds et les aides sont et seront distribuées. Avec aussi cette idée que la critique n’est jamais plus efficace que quand elle se transforme en action et fait de ceux qui la portent les protagonistes de la solidarité.

Alors que les médias d’Amérique du Nord et d’Europe (ceux des pays « développés ») mettent en scène les corps souffrants des Haïtiens, les destructions des bâtiments officiels (ONU, ambassades, palais présidentiel, grands hôtels pour occidentaux…) et insistent bien sur l’action humanitaire de ces mêmes pays « développés » et de leurs chefs d’Etat (Sarkozy, Obama…), il semble tout à fait justifié et logique que des gestes et des propositions de solidarité se fassent jour de manière indépendante, pour allier l’efficacité d’une aide directe à ceux qui en ont besoin et la dénonciation de l’hypocrisie des grandes puissances de la planète au sujet d’Haïti.

Il nous semble même décisif que des démarches multiples, organisée par des gens eux-mêmes, par des mouvements de base, par des structures syndicales, associatives, groupes politiques locaux ou par des regroupements créés pour l’occasion, essaient de donner un caractère politique et social à une aide directe. Aide de personnes à personnes, de mouvements à mouvements, dans le cadre de mobilisations collectives de sensibilisation (organiser des évènements – fêtes, concerts, collectes et prises de paroles,… – pour recueillir des fonds, par exemple), d’une solidarité internationaliste, en envoyant des fonds (et toutes autres choses utiles) à des collectifs, à des mouvements, à des organisations haïtiennes se battant depuis des années pour la défense des intérêts de la classe ouvrière et de la paysannerie, pour l’émancipation sociale et politique.

Ces mouvements, déjà en grandes difficultés avant la catastrophe, sont à aider dans leurs tâches de reconstruction en même temps que doit se reconstruire les projets et les possibilités d’un Haïti différent, solidaire, où les Haïtiens pourront, enfin, reprendre leur destin en mains et décider eux-mêmes du type de société qu’ils souhaitent construire.

Dans ce cadre général, beaucoup de forces, organisées ou non, peuvent confluer, s’additionner, acquérir rapidement une visibilité, une utilité et une efficacité.

Documents joints

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