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Une critique du Post-Anarchisme

(paru dans Etrange normalité, fev 2011, du côté de Montpellier etrangenormalite[at]gmail.com.)

mardi 1er mars 2011, par Administrateur OCL Web

Les théories post-modernes doivent être critiquées, pas uniquement pour le plaisir de la joute intellectuelle. Ses idées à la mode exercent une réelle capacité d’influence dans les milieux altermondialistes, autonomes et alternatifs.

Le post-anarchisme repose sur une théorie innovante du pouvoir développée par Michel Foucault. Pour résumer, le pouvoir ne se réduit pas aux institutions qui imposent des règles directement contraignantes mais comprend les rapports sociaux qui diffusent des normes. Une manière de penser, d’agir est modelée par les relations que les individus entretiennent entre eux. Autant directement citer la prose opaque de Michel Foucault : « Le pouvoir n’est pas quelque chose qui s’acquiert, s’arrache ou se partage, quelque chose qu’on garde ou qu’on laisse échapper ; le pouvoir s’exerce à partir de points innombrables, et dans le jeu des relations inégalitaires ou mobiles [...] ». Michel Foucault évoque sa conception du pouvoir notamment dans La Volonté de savoir.

Cette conception du pouvoir permet de s’attaquer à toutes les formes de domination. Contrairement aux idées avancées par les groupuscules anarchistes, la suppression de l’État ne signifie pas le dépassement de toute forme de domination, même s’il s’agit d’un préalable indispensable. La société post-révolutionnaire doit également transformer qualitativement les rapports sociaux.
Je précise que cet article critique de manière virulente les théories post-anarchistes mais aussi que ses idées peuvent être utilisées de manière stimulante. La critique des rapports de pouvoir qui perdurent dans le militantisme révolutionnaire traditionnel peut déboucher vers des réflexions sur de nouvelles pratiques de lutte. Les premiers matériaux pour une Théorie de la Jeune-Fille, esquissés par Tiqqun, permet de réactualiser la critique de la normalisation de la vie quotidienne par la diffusion d’une manière de penser et d’agir propres à la modernité marchande. En revanche, en dehors de quelques réflexions critiques pertinentes, les post-anarchistes ne développent aucune perspective de transformation révolutionnaire de la société.

L’imposture post-anarchiste

Des chaires universitaires au mouvement autonome, qui exalte une radicalité pseudo révolutionnaire, la diffusion des théories postmodernes semble irrésistible. La French Theory compose un assemblage intellectuel qui s’impose comme la dernière subversion radicale à la mode. Gilles Deleuze, Félix Guattari, Jacques Derrida, et l’incontournable Michel Foucault garnissent le panthéon de la théorie critique adoubée par toutes les institutions académiques.

La subversion textuelle, la théorie queer, les évolutions moléculaires, les TAZ, les rhizomes et autres flux enlisent les idées libertaires dans une bouillie imbuvable.
La théorie postmoderne permet à ses thuriféraires de cultiver une posture de rebelle à l’ombre des amphithéâtres. Judith Butler combine parfaitement sa critique queer avec une prestigieuse carrière universitaire. Le discours post moderne se réfugie dans l’étude littéraire pour tenter de modifier les représentations plutôt que la réalité matérielle. Le post anarchisme apparaît comme un anarchisme néo-stalinien. De l’anarchisme, ses théories conservent l’anti-marxisme qui consiste à privilégier l’idéologie et l’idéalisme sur l’observation empirique de la réalité matérielle. Du néo-stalinisme, les postmodernes empruntent la posture de l’avant-garde selon laquelle les intellectuels éclairent une plèbe ignare, notamment par rapport à l’oppression qu’elle subit.

Pourtant, les théories postmodernes jouissent d’un crédit assez exceptionnel auprès de certains milieux radicaux. L’influence de la logorrhée foucaldienne de Tiqqun, ou plus largement la référence incontournable à la queer theory, attestent du triomphe de ce courant intellectuel.

Michel Foucault pape du post-anarchisme

Le théoricien du biopouvoir s’impose comme la figure tutélaire du post-anarchisme. Les théories de Michel Foucault s’institutionnalisent afin de limiter l’influence du marxisme. Malgré le détestable déterminisme historique des communistes dogmatiques, le marxisme critique s’appuie sur l’observation empirique des réalités matérielles. Désormais, la spéculation intellectuelle et les acrobaties conceptuelles priment sur l’étude des structures économiques et sociales. Les concepts de Michel Foucault se répandent d’autant plus facilement que leur opacité exerce un effet d’autorité dans les milieux académiques. Dans les milieux radicaux, les concepts nébuleux permettent une réappropriation facile. Si personne ne comprend des concepts, alors chacun peut les comprendre comme il l’entend.
Ensuite, l’image de l’intellectuel militant au regard lucide et critique sur son époque relève du mythe. Ses engagements successifs reflètent davantage l’opportunisme plutôt que la cohérence intellectuelle. Michel Foucault devient, dans les années 1968, une des cautions intellectuelles des délires maoïstes qui fossilisent le communisme le plus orthodoxe. Ensuite, le philosophe défend les droits de l’Homme avant de devenir l’idiot utile de la contre-révolution islamiste en Iran.

La réaction post-moderne

Le discours des cultural studies et de la queer theory ne se cantonne pas aux sermons des stars de campus américains mais altèrent les mouvements de contestation sociale. Avec le bavardage postmoderne, les micro récits remplacent le projet révolutionnaire d’une émancipation universelle. Les luttes de genres priment sur la lutte des classes. La dénonciation de l’universalisme abstrait prime sur la critique de la marchandise concrète. Les projets de libération universelle sont réduits à la domination du « mâle, européen, blanc, hétéro normé ». En revanche, si des coupables sont désignés aucune perspective libératrice ne se dessine.
La théorie queer s’attache à un post-féminisme radical chic qui occulte la question sociale et la précarisation des femmes. Le combat contre le patriarcat est remplacé par celui contre l’hétéronormalité à travers une valorisation de la culture télévisuelle. « Les post féministes ne se battent pas pour le droit des femmes et des hommes à disposer librement de leur corps, ni pour une sexualité inspirée par l’amour, le désir et les fantasmes, mais pour imposer, autoritairement, une nouvelle normalité sexuelle » observe Jordi Vidal.

A la mode queer

La théorie queer applique les principes postmodernes à l’étude de l’homosexualité et à « l’identité de genre ». Judith Butler estime que « nous sommes constitués par des normes et des conventions qui nous précèdent et nous dépassent ». Elle insiste sur les possibilités de « développer une puissance d’agir, de devenir des genres différents ». La queer theory, avec son jargon et ses effets stylistiques, dénonce les normes et les conventions pour obtenir des postes dans l’université.
L’obsession du genre et le primat des questions culturelles permet d’occulter les enjeux politiques liés à la lutte des classes. La notion de genre dénonce l’idée de nature humaine pour souligner la construction, à travers les rapports de pouvoir, des identités. Le genre s’oppose à la notion de sexe qui naturalise l’identité et s’inspire des idées foucaldiennes. Mais la queer theory n’envisage aucune perspective d’émancipation universelle et se contente d’observer les dispositifs de pouvoir sans apporter de réponse concrète aux questions soulevées. Judith Butler nie l’efficacité de toute action politique puisque, selon elle, toute libération génère d’autres formes de contraintes. Ses analyses qui se veulent radicales débouchent vers le créneau universitaire du « nihilisme de la chaire ».

Aucune perspective révolutionnaire

La subversion du pouvoir et des normes proposée par Judith Butler se contente de réunir la panoplie du parfait subversif avec la parodie, le détournement verbal , le déguisement du drag- queen, la valorisation de pratiques sexuelles « troublées », etc. Le philosophe Richard Rorty ironise sur le « textualisme radical » de Butler. La théorie post féministe survalorise le langage par rapport à la réalité. Ses réflexions universitaires n’émergent même pas des recherches en sciences sociales mais des départements d’études littéraires. Judith Butler ne s’intéresse pas à des problèmes empiriques mais tente de repenser la théorie littéraire féministe. La théorie précède la formulation d’un problème réel.
La théorie queer ne propose aucune solution politique et demeure pessimiste par rapport à l’action collective. Selon Martha Nussbaum, Butler « suggère que les structures institutionnelles qui sont la cause de la marginalité des gays et des lesbiennes dans notre société, et de l’inégalité persistante des femmes, ne seront jamais changées profondément et que, de ce fait, notre plus grand espoir consiste à leur faire un pied de nez et à trouver, en leur sein, des poches de liberté individuelle ».
Avec la théorie queer, la subversion politique demeure enfermée dans les campus universitaires. L’action collective et la transformation radicale de la réalité sociale ne sont jamais envisagées. Il s’agit de s’accommoder de l’ordre social existant en tentant de le subvertir à la marge. Ce type de stratégie rejoint les aspirations de la mouvance des squats qui se contentent d’afficher un mode de vie marginal sans tenter de faire vaciller la société marchande.

La résignation face aux pouvoirs

Le post-anarchisme accompagne le néolibéralisme avec la dissolution du projet universel dans les revendications identitaires particulières. La conception post-anarchiste du pouvoir comprend certaines limites. Pour les postmodernes, le pouvoir repose sur les relations sociales et ne peut pas être détruit. Michel Foucault amalgame le pouvoir comme domination avec la notion de pouvoir comme capacité d’agir. Ainsi, l’oppression liée au pouvoir institutionnel semble niée. Les anarchistes révolutionnaires, qui luttent pour l’abolition de l’État, ne nient pas l’influence que les individus exercent les uns sur les autres mais affirment également la nécessité d’une confrontation avec les institutions. Les théoriciens postmodernes évoquent un sujet assujetti, déterminé par « une passion primaire de la dépendance » selon Judith Butler. Ses théories s’opposent donc à l’anarchie qui suppose un volontarisme révolutionnaire.
La théorie post-anarchiste permet cependant de critiquer les rapports de pouvoir dans la vie quotidienne. Toutefois, la domination et les rapports de pouvoir sont présentés comme inéluctables. Les postmodernes insistent sur l’aliénation qui condamne les individus à la domination. L’idéologie post-anarchiste relègue la perspective d’une rupture révolutionnaire derrière les réseaux de micro résistances.

Repenser l’anarchisme révolutionnaire

Dans un livre qui cuisine les théories postmodernes à la sauce NPA, Razmig Keucheyan souligne que ce courant est lié à un cycles de reflux des luttes révolutionnaires. Pessimisme et défaitisme alimentent ainsi ses théories de la résignation et de l’accommodement avec l’ordre marchand. Dans un contexte d’incertitudes et de doute, le projet révolutionnaire en ressort largement ébréché. Le projet d’un changement global de société est désormais assimilé au totalitarisme. Mais cette période apparaît également comme un cycle d’expérimentation, de résistances et de créations.
Mais Daniel Colson, théoricien anarchiste, s’inspire directement des idées postmodernes pour penser l’émancipation. Il reprend la formule de Gilles Deleuze et Félix Guattari de l’anarchie comme cette « étrange unité qui ne se dit que du multiple ». L’apport des idées postmodernes réside sans doute dans la réflexion sur la pluralité des formes d’oppression, et donc des stratégies d’émancipation. La société marchande et étatique, le système capitaliste, demeurent traversés par de multiples rapports de pouvoirs qui s’imposent au niveau global comme à l’échelle de la vie quotidienne. Ensuite, le post anarchisme s’appuie sur les minorités qui peuvent également porter un projet universel puisque, selon Gilles Deleuze, chacun est minoritaire.
Néanmoins, il est indispensable de conserver une relative distance par rapport aux effets de modes et aux théories fumeuses. L’émancipation des minorités, la pluralité des oppressions et la multitude des luttes ne doivent pas être occultées.
Mais il semble indispensable d’articuler l’affirmation des subjectivités radicales avec la création d’une nouvelle communauté humaine égalitaire et libertaire. Le nouveau projet révolutionnaire peut se construire par la multiplication et l’articulation des luttes qui visent à transformer le monde et à changer la vie ici et maintenant.
La critique théorique du post-anarchisme détermine également des pratiques de lutte et ne se cantonne pas au débat strictement intellectuel. Ses théories queer semblent réellement influentes, notamment dans le mouvement autonome. Des livres publiés par les éditions Amsterdam, La Fabrique ou Zones (propriété de La Découverte, donc de Lagardère), des revues comme Vacarmes, Multitudes, RILI, voire certains articles sur Indymedia Grenoble : ses théories sont loin d’être minoritaires et inoffensives. Mais, surtout, ses idées peuvent influencer de nouvelles pratiques politiques.

Les post-anarchistes valorisent logiquement des stratégies alternativistes. L’anarchisme s’apparente alors à un mode de vie, souvent autour d’un squat, avec une influence culturelle sur la société. Des pratiques marginales (squats, auto réductions, zones de gratuité et autres zones d’autonomie temporaires) doivent se diffuser progressivement à l’ensemble de la société. Cette stratégie me semble réellement efficace si ses expérimentations, sympathiques mais marginales, s’accompagnent d’un projet révolutionnaire. Seules les luttes sociales peuvent permettre de changer la réalité matérielle et, à travers leur multiplication et leurs convergences, une véritable rupture révolutionnaire. Les différentes minorités peuvent se libérer en balayant l’ordre capitaliste pour créer une nouvelle société commune sans exploitation ni domination. Pour cela les minorités et tous les opprimés doivent se fédérer de manière autonome plutôt que de cultiver leur petite spécificité

Sylvain.

4 Messages de forum

  • Une critique du Post-Anarchisme

    16 avril 2011 07:57

    Les vessies d’Onfray ne valent pas la lanterne de l’histoire. Et moins encore la lumière du concept. Le post-anarchisme n’est pas de son cru. Celui-ci apparaît dès lors que l’anarchisme semble pouvoir relever d’un mixte d’idéalisation du travail "complet" de l’artisan (du contact avec la matière première à la mise en circulation du produit de sa transformation) et d’exaltation de la souveraineté individuelle (et donc, dès la première A.I.T). Travail, souveraineté, individu, trois erreurs à partir desquelles, peut-être, avancer... Lorsque c’est la vie qui est mise au travail et objet de gouvernement (plus que d’exercer souverainement le pouvoir, si l’on suit ce que pouvait en dire un Foucault, il s’agit de "conduire des conduites", en prenant appui sur leur liberté) et lorsque la notion universellement admise d’"individu obscurci toute perspective révolutionnaire en niant la sous-jacence du transindividuel, de l’impersonnel où s’originent les créations humaines.

    Donc, surtout ne pas en rester à la merde du caniche Onfray.

    On peut mener une critique "positive" du concept de biopouvoir :

    L’hypothèse du bio-pouvoir : entre polémique et cybernétique ?

    Et trouver chez Foucault, dont la spécificité aura été d’articuler les concepts de vérité, de pouvoir de sujet et de vie, des moyens de ne pas faire verser les expérimentions politiques réelles dans l’idéologisation (alternativisme, insurrectionalisme, révolutionnarisme, etc) la plus pauvrement imaginaire, par exemple

    La parrhèsia : le courage de la révolte et de la vérité

    Le papier ci-dessus évoque la critique du militantisme, deux textes, parmi tant d’autres de Foucault, qui touchent ce sujet : L’Anti-Oedipe : Une introduction à la vie non fasciste, ou devrait le toucher : Le sujet et le pouvoir

    Bien souvent, ce ne sont pas les armes qui manquent, mais les mains pour s’en saisir.

    • Une critique du Post-Anarchisme 16 avril 2011 20:23, par un qui a aimé le texte de critique du post....
      je déteste évidemment Onfray mais quand on lit le blabla philosophico satisfait du post précédent on se prend à prendre plus de plaisir à lire Onfray, qu’au moins on comprend et qu’on peut critiquer, que de tenter de piger les méandres radicaux foucaldiens des éternels critiques de tout et de rien. Marre de s’entendre toujours dire qu’on a rien compris, que notre critique ne remonte pas assez loin, n’est pas assez profonde et que, par la même occasion on fait le jeu de... Marre de ces gens qui n’attendent qu’une chose que tu dises "et toi qu’est ce que tu fais". On résiste à poser cette question parce qu’on sait que ce n’est pas une façon de discuter et qu’en plus on connait la réponse : "rien". Mais qu’est-ce que ça serait bon de leur balancer ça à la figure !
    • Une critique du Post-Anarchisme 20 avril 2011 10:50

      Le problème pour suivre Foucault c’est qu’il faudrait qu’il y ait une politique foucaldienne. Or ce n’est pas le cas. Foucault reste emprisonné dans des problématiques de la domination (dispositifs de pouvoir, discipline, « gouvernementalité »…) où toute tentative d’y résister – la création d’un sujet, le souci de soi, le gouvernement de soi – est aussitôt enserré dans un processus d’assujettissement.

      Comme le pouvoir est partout, il n’est pas possible de s’en arracher, il ne sert à rien d’inventer autre chose. Sur cette impossibilité, sur ce « pessimisme » radical, il n’est pas possible de fonder une politique.

      Pour Foucault, cette gouvernementalité vise une « population », celle-ci étant composée d’un somme d’individus porteurs de la « vie ». D’où le « biopouvoir ». Seulement voilà, qu’il y ait des tentatives et des tendances des institutions, et en particulier de l’État, de s’occuper des individus, de leur santé, de leurs conduites, cela ne fait aucun doute. Qu’avec le libéralisme, s’occuper de la vie des personnes formant une population, c’est piéger les individus dans leur propre revendication d’autonomie, cela ne fait aucun doute non plus. Mais ce qui fait société, ce ne sont pas des individus atomisés, séparés les uns des autres face à une machine de pouvoir. C’est tout un ensemble touffu de relations sociales, en partie contraintes, en partie choisies, du moins relativement.

      Ce qui fait société, ce sont ces moments où les « sujets assujettis » se constituent en collectifs humains, en force collective capable d’exiger ou bien d’être gouverné différemment (avec moins de brutalité et d’injustice), ou encore de s’autogouverner, c’est-à-dire de redéfinir des formes instituées du pouvoir politique de sorte que la politique devienne l’exercice en commun d’un pouvoir-capacité, qui est l’autre nom de la liberté. Bien sûr le pouvoir-domination ne disparaît pas. Simplement il n’est pas concentré dans des institutions centralisées et hétéronomes qui se légitiment non seulement par le « pouvoir » qu’elles exercent (et notre "servitude volontaire") mais aussi par la place et le rôle que le corps social leur a laissé (la prise en charge du commun, de l’universel, de la solidarité). Le pouvoir-commandement, le pouvoir-autorité, se dissémine, se disperse, peut être questionné.

      C’est là l’enjeu d’une capacité pour une société donnée, ou du moins une partie significative d’entre elle, de se libérer de la domination (politique, économique…). C’est dans cette problématique que se situe la raison d’être ou de recherche, d’un projet révolutionnaire qui aille au-delà des mécanismes et formes de la « résistance » aux pouvoirs. C’est aussi là qu’il faut se séparer de la seule inquiétude pour le devenir de l’individu aux prises avec la discipline, la norme, les dispositifs d’assujettissement : en échappant au face-à-face un peu vain de l’individu-sujet avec l’institution, c’est-à-dire finalement avec lui-même puisque la relation se reconduit sans cesse. En tous cas, on touche là – dans la pensée comme dans la société réellement existante – aux limites d’une démarche centrée sur soi.

      Au caractère social de la domination sociale, il faut penser et lui opposer une libération sociale. Et en ce sens, l’émancipation sociale et politique peut être pensée comme un moyen et une fin, comme un présent et un futur, indissociablement. Comme un processus de conflit, de ruptures et de construction. Où le « souci de soi » perdure, s’articule, produit du sens et des effets, mais n’est pas posé comme un gros nombril en face de soi et entre soi et les autres car c’est là surtout, dans les espaces relationnels, qu’est la vie, non ?

      J.F. (qui pense aussi le plus grand bien du texte sur le Post-Anarchisme)

  • Une critique du Post-Anarchisme

    20 février 2014 21:51, par bof

    citer tiqqun...

    oui, surement, revenons aussi aux fondamentaux...

    http://refractions.plusloin.org/IMG...


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