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Une ville d’Andalousie se mobilise contre le chômage

samedi 14 février 2009

Les habitants de Lebrija sont descendus dans les rues pour exiger de la mairie la création d’une Bourse du travail supervisée par la municipalité, la CNT et un comité de citoyens de la commune.

Présentation et interview de Victoriano Vela, travailleur de la construction et militant du syndicat local de la CNT

"La municipalité embauche toujours les mêmes", dénoncent les habitants qui ont manifesté 3 jours dans la même semaine pour créer une "bourse de l’emploi transparentes et sans favoritisme", pour que l’argent qu’ils vont obtenir de l’aide anti-crise soit répartie à travers cette Bourse. Les habitants craignent le "favoritisme" du PSOE et de l’UGT. Cette mobilisation a rencontré le soutien de l’Associaton des PME de la commune lors d’une autre réunion. Une première manifestation a réuni plus de 500 personnes qui, après avoir parcouru les principales rues de la ville, s’est terminée devant l’Hôtel de ville où des slogans ont été scandés en direction de la maire, Maria Fernandez, "Mari Fernandez le peuple a la faim", "Mari soit raisonnable ou les gens vont t’abandonner" et "Une répartition équitable du travail."

Lors de la troisième manifestation, les manifestants étaient entre 2500 et 3000, ce qui est plus qu’imposant pour une localité de 26000 habitants. La CNT avait reçu le soutien de tous les groupes politiques représentés au conseil municipal sauf le PSOE.

Lors de cette manifestation, on pouvait entendre des slogans tels que "Nous voulons travailler, pas mendier" ou "contre le chômage, la lutte des travailleurs". La manifestation s’est terminée par un meeting au cours duquel Victoriano Vela, porte-parole de la CNT, a rappelé à la maire Mari Fernández (PSOE), qu’elle ne peut pas "indéfiniment faire la sourde oreille à la voix du peuple" et a exprimé l’intention du syndicat "d’appeler à une grève générale pour le 18 Février si le Conseil municipal ne répond pas favorablement à la juste demande du peuple".

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ALB (Alasbarricadas) s’est rendue vendredi dernier (6 février) à Lebrija, petite ville sevillane de 26.000 habitants, où nous avons assister à la manifestation qui ce jour-là a parcouru les rues du village et avons pu rencontrer le camarade Victoriano Vela, 35 ans, travailleur de la construction et l’un de ceux qui, en tant que militant du syndicat local de la CNT, ont impulsé les manifestations qui ont eu lieu la semaine dernière dans la ville, exigeant une Bourse du travail sous contrôle populaire qui fournisse des emplois aux chômeurs de la localité. 

Voici le contenu de l’entretien que nous avons eu avec lui.



1 - Comment est née cette mobilisation et quelles sont leurs revendications ? 



Eh bien, les choses ont commencé à bouger en octobre dernier, lorsque des camarades se sont présentés au local syndical, en abordant le problème du recrutement dans les services de la Ville, le clientélisme total qui y règne à un point tel que les postes ne sont donnés qu’à des gens proches du PSOE. 

Il est connu que sur les 500 candidats qui se sont soumis aux examens du Conseil municipal seuls 20 ont étét approuvé. Il est absurde que des maçons aient ratés le test pour ouvriers non qualifiés, alors qu’ils sont qualifiés dans leur métier, que c’est ça qui devrait être exigé et non autre chose. Parce que la question est qu’il y avait un examen écrit et que la majorité d’entre eux peuvent difficilement réussir, parce que je peux être le meilleur à manier une pelle, mais ne pas être capable d’écrire un roman. Car, que demande la Ville à un maçon, de construire un bâtiment ou d’écrire le Quichotte ? Ce système n’a aucune logique, il est conçu pour maintenir tout le monde en dehors et permettre de choisir pour les postes de travail uniquement les fidèles à l’administration municipale. Et ça, les gens le savent et c’est pourquoi il y a tant de colère. 

Nous avons créé une commission au sein du Syndicat pour étudier cette question et trouver un moyen de créer une Bourse du Travail juste, transparente, qui évite le favoritisme. Le sujet a été débatu et il a été convenu que la meilleure chose à faire serait de créer deux Bourses du travail, une pour le régime agricole et une autre pour le domaine général, cette dernière devant être divisée par métiers (peintres, soudeurs, maçons ...), sous la surveillance et le contrôle de la municipalité et du Syndicat. Les contrats seraient de 3 mois au lieu de 6 pour que le travail doit être mieux réparti. Par cette Bourse serait évaluées la situation économique dans laquelle se trouve chaque famille afin de créer de nouveaux barêmes. L’idée est que tous les travaux commandés par le conseil municipal doivent passer par la Bourse et que le travail soit bien réparti, qu’il y ait une rotation. 

Le 31 Janvier, nous avons convoqué une réunion pour discuter de cette question à la Maison de la culture de la ville. 250 personnes se sont présentées. Le local s’est retrouvé trop petit et les gens ont décidé aussitôt de sortir en manifestation jusqu’à l’Hôtel de ville. 

Le lendemain, même chose, mais nous ne sommes plus 250 mais 300, et plus de gens s’ajoutent encore. Dans la manifestation précédente à celle d’aujourd’hui (vendredi 6) il y avait 500 personnes. Aujourd’hui, comme vous l’avez vu, nous avons été 2500. Le maire ne peut pas continuer à se boucher les oreilles et à refuser d’écouter la voix du peuple. 


2 - Avez-vous prévu de prendre d’autres mesures, en plus des manifestations et les rassemblements devant la mairie ? 


Oui. Si à la date du 18 février la maire n’a pas répondu aux demandes de la population nous appelleront à une grève générale qui paralysera Lebrija et lui démontrera, si jamais elle ne l’avait pas encore réalisé, ce que veulent les gens. 


3 - Comment pouvons-nous soutenir votre lutte, de l’extérieur ?





Le grand problème que nous avons, c’est de l’argent. Avec les cotisations et quelques contributions extraordinaires nous parvenons à peine à payer le loyer du local syndical et toutes les moyens nécessaires pour soutenir cette lutte : système de sonorisation, chaises, tables, affiches, autocollants, tracts... Toute aide économique nous serait bienvenue. Toute contribution financière peut être faite sur le compte suivant, qui est celui du syndicat : 2100-2615-11-0110294467 

Et bien sûr, nous envoyer des messages de soutien, ce qui signifie un super encouragement pour nous .



4 - Nous sommes dans les prémices d’une grave crise économique qui frappe déjà très fortement les familles ouvrières, que pensez-vous que nous puissions faire pour lutter contre les effets de la crise dans nos maisons ? 



Il n’y a pas de recette universelle, et certainement ce que nous faisons ici, à Lebrija n’est pas très utile pour une ville comme Madrid, où le problème n’est pas le clientelisme. Mais cela peut être un bon exemple pour les autres villages de l’Andalousie qui sont dans la même situation que nous. 

Ce qui est clair c’est que les travailleurs doivent s’organiser, nous avons besoin de nous unir dans des syndicats forts, indépendants, dynamiques, où les décisions nous les prenons toutes nous-mêmes. Nous devons prendre l’initiaive, ne plus avoir peur et agir. Si nous les travailleurs nous nous réunissont pour résoudre nos problèmes, rien ni personne ne pourra nous arrêter et nous pourrons obtenir ce que nous proposons.

Voir en ligne : Plus d’infos et photos et videos : a las barricadas

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